Anne-Sophie Novel : les Media, le monde et nous

Notre rapport au monde est conditionné par l’information que nous captons. Nos croyances, nos idées, nos choix, notre compréhension de la réalité, viennent de ce que nous percevons et comprenons de ce qui nous entoure et de l’interprétation que nous en faisons au travers de nos différents prismes personnels et culturels. 
A l’heure de la post-réalité, des « fakes news », des théories du complot qui se banalisent, à l’ère d’internet, des réseaux sociaux, de la manipulation des images accessible à tous et des bulles d’information, comment est-il encore possible de construire un récit commun, une vision du monde partagée qui puisse nous permettre de faire société ? Comment le journalisme doit-il évoluer ? Quel est notre rapport à l’information et comment est-il amené à changer ? 
Anne-Sophie Novel est économiste de formation, blogueuse, journaliste, et passe son temps à enquêter sur la complexité du monde en partant d’une sensibilité écologique forte. 
Je l’interroge sur sa grille de lecture du présent et de l’avenir et nous nous attardons ensemble sur son sujet du moment : notre rapport aux Media et à l’information.

De quoi parle-t-on ?

2″ – La grille de lecture
  • Economiste de formation
  • Comprendre pourquoi le monde ne tourne pas rond et quelles sont les solutions
  • Injustice sociale, pauvreté, écologie
  • « Le jour où l’on prend conscience de l’état du monde on ne peut plus revenir en arrière. » 
  • « L’écologie n’est pas un terme aimé aujourd’hui, pourtant il veut bien dire ce qu’il veut dire.»
8″ – Le sujet des media et de l’information
  • Nous sommes maitres de ce que l’on se met dans le cerveau
  • L’évolution du journalisme avec internet et les réseaux sociaux
  • La défiance envers les journalistes
  • Une information déformée a 6 fois plus de vitalité qu’une information vraie
  • Les bulles d’information
  • « Tout le monde doit être éduqué sur la manière de s’informer. » 
  • « Une société qui a des croyances établies sur des choses qui sont fausses, c’est dangereux. » 
  • « Nous sommes malades et nous en prenons tout juste conscience. » 
  • Les « fake news » et la réalité alternative
  • « La rumeur a existé de tout temps. » 
  • « Le journalisme d’antidote. » 
  • « Je n’avais pas mesure a quel point on peut être manipule. » 
  • « On ne croit plus les faits, on croit notre propre perception des faits. » 
  • « Je crois en la puissance de la fiction. » 
35″ – Le monde à venir ?
  • « L’effondrement on y déjà… Maintenant qu’est-ce qu’on fait ? »
  • « Il n’y a pas de réponse toute faite. »  
  • « Comment être écolo sans devenir dépressif… ? » 
  • Un signal faible : l’effondrement du vivant.
  • Que faire en tant que mère et en tant que femme ?
  • La collapsologie ?

Les personnes et références citées

Les livres recommandés par Anne-Sophie :

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3 comments on Anne-Sophie Novel : les Media, le monde et nous

  1. Marilyne dit :

    C’est le seul podcast que je ne peux pas écouter car d’habitude c’est une pensée lente et digérable. Cela part dans tous les sens, l’hygiène de la bouche ou de la parole n’y est pas. Zéro fait.

  2. Georges Morel dit :

    J’aurais tendance à penser, personnellement, que nous allons droit dans le mur, pour des raisons simples : si on ne change pas les causes, on ne peut changer les effets. Or, les causes sont profondément enfoncées, implantées. J’en cite trois, génériques, mais après, on peut décliner à l’infini les variations que ça peut prendre, sur le terrain, dans les faits :

    1) Le capitalisme, notre mode de société, de production. Ce système se fiche éperdument de la préservation du vivant. Sa seule visée, c’est le profit, et elle est basée sur l’idée de croissance à l’infini, conquête de nouveaux marchés, etc. Et qu’importe si, pour obtenir ce profit, il faut déloger des autochtones dans telle région, noyer la forêt sous des tonnes d’eau pour construire un barrage, ou défricher pour planter des palmiers, pour revendre leur huile. Les grands patrons se fichent royalement de tout ça, ils n’ont qu’une obsession : faire plus de profit que le concurrent, le dépasser, à n’importe quel prix, et sans considération aucune pour les effets collatéraux. Le capitalisme ne connait pas la morale, il est capable de tout, surtout poussé dans ses dernières extrémités. Et on a vu que, depuis plusieurs décennies, il est totalement débridé, à présent. Ceci est un premier élément, redoutable, et je ne vois pas comment on pourrait changer de façon de fonctionner, si déjà, ce système se maintient. Autre élément, tout aussi pernicieux, qui se combine avec le premier :

    2) La surpopulation. Plus on est nombreux, plus on détruit, pollue, etc. Plus on a besoin de nourriture, eau potable, énergie, soins, etc. Or, le sujet est totalement tabou, et qui l’aborde est vu comme un dictateur en puissance, un misanthrope, que sais-je. Les individus, les ménages, ont tendance à penser que leur façon de voir leur progéniture, ne concerne qu’eux, et leur appartient. Depuis quelque temps, il y a des mouvements « child free », mais ils restent encore largement minoritaires et les gens qui pensent ainsi sont vu comme des allumés, des bizarres, des déviants, des écolos un peu farfelus. La pression sociale est là, si on n’a pas un enfant passé un certain âge, on n’est pas normal. Donc ça aussi, étant donné la résistance énorme que ça soulève et le tabou qui entoure cette question, je ne vois pas comment ça pourrait changer. Il le faudra bien, pourtant, si on veut ne pas foncer dans le mur. Autre paramètre d’une importance énorme :

    3) L’antagonisme entre nations. En effet, comment Homo « Sapiens » pourrait-il avoir une action concertée, au niveau de son rapport à l’environnement, à sa propre planète, quand on voit que déjà, il ne raisonne que pour son propre camp ? Si on reprend la question de la natalité, si un pays décidait de réduire peu à peu sa population, les pays autour deviendraient « plus puissants », en termes stratégiques, en termes de potentiels de personnel affecté à la guerre. Et justement, les guerres, on y va : pour l’eau potable, pour l’énergie, pour les terres cultivables… A force de considérer la terre comme du mètre carré à exploiter, et non pas quelque chose de vivant, à force de ne pas respecter son prochain… Comment voulez-vous que l’homme respecte son monde, quand déjà il ne respecte même pas son prochain, et tue ?

    Si on combine ces trois facteurs… On peut par exemple prendre le cas des marchands d’armes, qui font tout pour provoquer, entretenir, envenimer les conflits. Ou encore, le cas des lobbys du pétrole, qui font tout pour retarder le progrès des énergies propres. Ou encore, les questions de rentabilité, qui font que les pétroliers dégazent en haute mer, plutôt que de faire nettoyer leurs cuves. Et si on soulève le problème de l’énergie, c’est bien beau de dire que l’électrique est la réponse à tout, mais d’où vient l’électricité ? Du nucléaire, qui est quelque chose de dangereux, mortel, et qui n’a jamais résolu la question de ses déchets.

    Je ne vois pas comment on pourrait éviter la catastrophe, quelle que soit la ou les formes qu’elle prendra, si Homo « Sapiens » ne change pas d’attitude. Or, le capitalisme est basé sur la notion de profit, et si tel ou tel groupe, tel ou tel individu, avait des scrupules pour commettre telle ou telle destruction, il y en aurait toujours un autre pour décider, lui, de le faire. Si Homo « Sapiens » ne considère son monde que de façon utilitaire, en termes de profits… Et ce sont bien ces gens, qui sont au pouvoir, qui décident, non ? Les lobbys, les groupes bancaires et financiers, les Etats… Avec ce que ça implique en termes de pouvoir : ils ont la loi, donc la police et l’armée, pour eux. Et dans le pire des cas, les services secrets, pour avoir le dernier mot, pour avoir raison même quand ils ont tort. Voyez le Rainbow Warrior : non seulement ils l’ont coulé, mais ils ont nié avec aplomb, ont menti de façon éhontée. Voyez Tchnernobyl : le fameux « Professeur Pellegrin » est venu nous raconter que le nuage avait « contourné la France », simplement parce qu’à cette époque, c’était la cohabitation Mitterrand – Chirac et qu’il ne fallait pas faire de vagues, politiquement, ne rien ajouter aux problèmes déjà en place.

    C’est un système qui ment à tous, qui est cynique, qui ne prend en compte déjà pas l’humain, alors la préservation de l’environnement, l’avenir de l’humanité, à long terme…

    La seule idée qui prédomine, à l’heure actuelle, ça n’est ni de remettre en question notre mode de vie, ni de restreindre les naissances, ni d’instituer une instance mondiale qui imposerait la paix, le partage des ressources, l’entraide, non, rien de ce genre. Non, la seule idée, c’est d’aller toujours coloniser plus loin. Sur les océans, ou dessous. Ou d’autres planètes. Bref, on ne changerait pas d’un iota, on se contenterait d’aller polluer encore plus loin, toujours plus loin. C’est bien dans la logique du capital, ça. On se rend compte, en examinant les réponses posées par ceux qui sont censés penser l’avenir, qu’ils ne remettent rien en question, et se contentent de trouver des solutions hyper coûteuses et complexes techniquement, alors que d’autres réponses seraient à notre portée, mais impliqueraient de tout repenser.

    Alors soit je suis pessimiste, soit j’ai simplement pris les choses à la base, de façon pragmatique. Pour moi, avec le capitalisme débridé, la croissance démographique non régulée, et l’état de guerre larvée permanent, je ne vois vraiment pas comment on pourrait s’en sortir.

    Comment les hommes pourraient-ils s’unir et s’en sortir, quand on voit que depuis 1945, Palestiniens et Israéliens n’en ont toujours pas fini de s’entretuer ? Et ça n’est qu’un exemple parmi tant d’autres… Vous imaginez les hommes cesser de se haïr et unir leurs efforts, vous ?

    Bon, maintenant, si je me trompe sur toute la ligne, ou s’il faut démonter mon discours point par point, me dire que je mélange tout… A vous, moi, je ne demande qu’à être détrompé. Mais jusqu’à présent, personne n’a jamais réussi à me prouver que j’avais tort.

    Je dois dire que je refuse de prendre en compte, notamment, les arguments « économiques ». Pour moi, lesdits arguments ne sont que la voix par laquelle s’exprime le capital. Si on reste dans cette logique, alors on ne peut que voter la reconduction de ce système. Pour moi, le changement passe par l’abandon pur et simple de ces concepts, et en instaurer de tout autres à la place. Prendre en compte les arguments « économiques », c’est se condamner à ne trouver aucune issue, c’est rester dans la logique du capital, et on voit où elle mène, à terme, quand on le pousse jusqu’à l’absurde.

    A vous…

  3. Florian dit :

    Anne-Sophie très sympathique, mais trop bobo…

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