Julien

Olivier Ezratty : la révolution numérique

L’accélération du progrès technologique est peut-être ce qui caractérise le mieux notre époque. Nous avons développé des outils d’une sophistication encore inimaginable il y a quelques décennies qui nous donnent un pouvoir immense.
La révolution numérique en particulier a eu pour conséquence une accélération du rythme de l’innovation, permettant notamment à l’information de circuler tout le temps et partout, au point que nous sommes tous plus ou moins dépassés par la profondeur et vitesse du changement de notre environnement. 
 
Olivier Ezratty est un veilleur technologique qui passe son temps à tenter de comprendre ce que le développement et la diffusion des technologies numériques impliquent pour la société, les entreprises et les individus. 

Nous parlons ensemble entre autres de l’histoire récente de la tech, d’intelligence artificielle, d’informatique quantique et de ce qu’il faut en retenir pour mieux appréhender la complexité du monde actuel et imaginer ce qui vient. 

De quoi parle-t-on ?

2″ – Intro
  • « J’aime me faire une idée des choses par moi-même. »
  • Les 3 ondes qui construisent le futur
 
6″ – La révolution numérique
  • « J’ai vécu toutes les révolutions numériques qui se sont succédées : micro-informatique, internet, mobilité… »
  • « On vit la transformation numérique depuis 40 ans. »
  • Ce qu’a changé le numérique pour les particuliers et les entreprises…
  • D’où vient la sensation d’accélération du temps ?
    • La saturation de nos cerveaux 
    • L’accélération des ruptures technologiques dans tous les secteurs 
  • « On est sans arrêt en train de rattraper son retard sur la compréhension des concepts de base. »
 
17″ – De l’importance d’avoir une culture technologique
  • « La méconnaissance des outils fait que les gens sont sous-productifs dans leur usage. »
  • « L’innovation a toujours été au croisement entre la capacité à analyser les problèmes existants et la compréhension des nouvelles technologies. »
  • La défragmentation des marchés, ou la remise à plat des vieux équilibres de l’offre et de la demande.
  • Le glissement du travail du fournisseur chez le client : on fait plus de choses soi-même plutôt que passer par des intermédiaires et on gagne donc du temps.
 
28″ – Les enjeux politiques et géo-politiques autour du numérique
  • La concentration des usages sur quelques outils seulement
  • « On a toujours eu peur des grandes entreprises mondiales, surtout quand elles sont étrangères… »
  • « Dans le contexte du numérique, l’Europe est fragile en raison de sa fragmentation culturelle et économique. »
 
37″ – L’intelligence artificielle (IA)
  • « L’intelligence artificielle est un sujet presque aussi ancien que l’informatique. »
  • Le « Deep Learning« , l’apprentissage profond, est la raison pour laquelle l’IA est revenue à la mode. 
  • « Une IA d’aujourd’hui ne raisonne quasiment pas plus qu’une IA d’il y a 20 ans alors qu’elle sait reconnaître un chat dans une image »
  • « Le champ scientifique de l’IA n’est pas à 100% le deep learning »
  • « Il y a beaucoup de fantasme sur ce qu’est l’IA »
  • « L’IA c’est une manière de penser le futur en regardant dans le retroviseur »
  • « On ne sait pas faire du raisonnement avec du deep learning »
 
48″ – Les fantasmes et grandes questions autour de l’IA
  • La disparition des emplois ? On n’en sait rien. Cela dépend de beaucoup de paramètre autres que technologiques.
  • L’exemple du « Big Brother » chinois
  • « Le risque c’est la dataisation de la société. »
  • « On peut devenir l’esclave de ses propres outils. »
  • « Le smartphone nous permet de vérifier que nous sommes toujours en contact avec les autres… c’est un besoin physiologique »
  • La singularité : Mythe ou réalité ?
  • « L’intelligence ne sera pas être indépendante, la décision est humaine »
 
1’00 »- Se projeter…
  • « On peut avoir le meilleur et le pire avec n’importe quelle technologie. »
  • « Le solutionnisme technologique est plus fréquent chez les entrepreneurs que chez les chercheurs. »
  • Informatique quantique, IA, et le champ de la simulation au niveau moléculaire
  • « On va arriver à simuler de plus en plus de choses… 
  • Compréhension du vivant et pouvoir sur la vie.

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Anne-Sophie Novel : les Media, le monde et nous

Notre rapport au monde est conditionné par l’information que nous captons. Nos croyances, nos idées, nos choix, notre compréhension de la réalité, viennent de ce que nous percevons et comprenons de ce qui nous entoure et de l’interprétation que nous en faisons au travers de nos différents prismes personnels et culturels. 
A l’heure de la post-réalité, des « fakes news », des théories du complot qui se banalisent, à l’ère d’internet, des réseaux sociaux, de la manipulation des images accessible à tous et des bulles d’information, comment est-il encore possible de construire un récit commun, une vision du monde partagée qui puisse nous permettre de faire société ? Comment le journalisme doit-il évoluer ? Quel est notre rapport à l’information et comment est-il amené à changer ? 
Anne-Sophie Novel est économiste de formation, blogueuse, journaliste, et passe son temps à enquêter sur la complexité du monde en partant d’une sensibilité écologique forte. 
Je l’interroge sur sa grille de lecture du présent et de l’avenir et nous nous attardons ensemble sur son sujet du moment : notre rapport aux Media et à l’information.

De quoi parle-t-on ?

2″ – La grille de lecture
  • Economiste de formation
  • Comprendre pourquoi le monde ne tourne pas rond et quelles sont les solutions
  • Injustice sociale, pauvreté, écologie
  • « Le jour où l’on prend conscience de l’état du monde on ne peut plus revenir en arrière. » 
  • « L’écologie n’est pas un terme aimé aujourd’hui, pourtant il veut bien dire ce qu’il veut dire.»
8″ – Le sujet des media et de l’information
  • Nous sommes maitres de ce que l’on se met dans le cerveau
  • L’évolution du journalisme avec internet et les réseaux sociaux
  • La défiance envers les journalistes
  • Une information déformée a 6 fois plus de vitalité qu’une information vraie
  • Les bulles d’information
  • « Tout le monde doit être éduqué sur la manière de s’informer. » 
  • « Une société qui a des croyances établies sur des choses qui sont fausses, c’est dangereux. » 
  • « Nous sommes malades et nous en prenons tout juste conscience. » 
  • Les « fake news » et la réalité alternative
  • « La rumeur a existé de tout temps. » 
  • « Le journalisme d’antidote. » 
  • « Je n’avais pas mesure a quel point on peut être manipule. » 
  • « On ne croit plus les faits, on croit notre propre perception des faits. » 
  • « Je crois en la puissance de la fiction. » 
35″ – Le monde à venir ?
  • « L’effondrement on y déjà… Maintenant qu’est-ce qu’on fait ? »
  • « Il n’y a pas de réponse toute faite. »  
  • « Comment être écolo sans devenir dépressif… ? » 
  • Un signal faible : l’effondrement du vivant.
  • Que faire en tant que mère et en tant que femme ?
  • La collapsologie ?

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Xavier Pavie : L’innovation à l’épreuve de la philosophie

Se projeter dans le futur c’est essayer de deviner ce qui sera différent d’aujourd’hui, puisque finalement rien n’est vraiment stable et que le temps fait inexorablement évoluer les choses. Le principe d’entropie (« transformation » en grecque) nous explique qu’à mesure que le temps avance un système, quel qu’il soit, devient forcément de plus en plus désorganisé, de plus en plus complexe; pas étonnant donc que nous ayons le sentiment que demain sera forcément différent d’aujourd’hui. 

Le nouveau mot très à la mode depuis quelque temps maintenant pour penser demain, c’est l’innovation. On ne parle plus tellement de progrès, on parle d’innovation… Il faudrait à tout prix innover, c’est à dire faire différemment, inventer des choses, pour rester compétitif, pour aller de l’avant, pour espérer résoudre les problèmes actuels. 

Depuis cinquante ans, les innovations ont pris une nouvelle dimension : Internet, séquençage de l’ADN, manipulations génomiques, avancées du transhumanisme, nanotechnologies… Ces innovations récentes ne sont pas sans soulever des problématiques nouvelles dont les conséquences sont aussi importantes qu’irréversibles. 

L’innovateur, dont Steve Jobs, Mark Zuckerberg ou Elon Musk sont des figures contemporaines emblématiques, apparaît comme une personnalité aussi géniale que destructrice, qui ambitionne de changer le monde quelle que soit la violence qui découlera de son innovation. Se dessine alors la nécessité d’établir une innovation-responsable, dans laquelle l’innovateur devrait rendre compte de ses actes et revoir sa position de héros. 

Pour établir cette nouvelle éthique, la philosophie est un recours nécessaire, puisqu’avec les stoïciens, Aristote, Kant, Nietzsche et Foucault, entre autres, elle interroge la maîtrise de soi, la prudence, le respect, la volonté de puissance et le pouvoir, toutes notions à rapprocher de la figure de l’innovateur.

Xavier Pavie met l’innovation à l’épreuve de la philosophie.

Xavie est professeur à l’ESSEC Business School, directeur académique du programme Grande École à Singapour et directeur du centre iMagination. Il est également chercheur associé à l’Institut de recherches philosophiques (IREPH) à l’université Paris-Nanterre.

De quoi parle-t-on ?

4″ – L’époque actuelle
  • «  Il y a toujours eu des bouleversements ».

  • L’époque actuelle est dans la continuité des autres, mais pour la première fois nous nous apercevons des effets.

  • Nous n’avons eu de cesse d’essayer de bouleverser nos écosystèmes. Il y a toujours eu des injonctions à prendre possession de la nature.

  • Il n’y a plus de phase de digestion de l’innovation. «  Il y a une accélération de la diffusion de l’innovation. » 

  • «  L’innovation met et maintient en mouvement la machine capitaliste. » 

 
10″ – Les différents types d’innovation
  • Les 4 catégories aujourd’hui admises: produits, process, commercialisation, organisation.

  • Les 3 degrés d’innovation : incrémentale, radicale (ou disruptive), paradigmatique.

  • «  Le e-commerce n’est pas un bouleversement en tant que tel, c’est internet le bouleversement » 

  • L’innovation paradigmatique est très rare.

 
16″ – Le progrès 
  • «  La notion de progrès est une notion désintéressée, ce que n’est pas l’innovation.  » 

  • «  Nous ne sommes plus dans une dimension de progrès,  mais nous sommes tournés vers des innovations dont le but est d’être profitable. » 

  • «  On est tombé dans de la recherche à l’américaine : public-académique-privé. » 

  • «  Darwin n’a pas été sponsorisé. »  

  • Beaucoup de grands problèmes du monde sont très simples à résoudre, simplement quel est le retour sur investissement ?

 
23″ – Les innovateurs
  • «  Les innovateurs ont souvent des problèmes à résoudre avec eux-mêmes. » 

  • «  Les innovateurs ne sont pas contre les choses mais ils construisent en dehors des choses existantes. » 

  • «  Ils ne sont pas contre les règles, ils sont en dehors des règles » 

 
26″ – Innover à tout prix ?
  • L’injonction « si je n’innove pas je meurs » est liée à l’incapacité à prendre de la distance par rapport a ce que l’on fait. Nous ne sommes plus éduqués à la philosophie… 

  • « Pourquoi nous faisons ce que nous faisons est la question qui devrait toujours nous habiter. Aujourd’hui nous ne savons pas pourquoi nous faisons les choses. » 

  • «  Les innovateurs sont responsables du monde qui est en train d’être construit. » 

  • «  Nous n’avons plus qu’une seule façon de penser, c’est la pensée capitaliste ». Ce modèle de penser pose problème dans un monde fini. 

  • Opposition entre nécessite court-terme et besoin long-terme.

  • « Se mettre à penser c’est s’arrêter. » 

 
35″ – Une innovation éthique ?
  • Une entreprise qui se comporte bien génère plus de rentabilité. 

  • Il faut enseigner une autre manière d’innover.

  • La première responsabilité est toujours celle de l’innovateur.

  • De la responsabilité du consommateur.

 
46″- Ecologie et innovation ?
  • « La première question est : quel monde voulons-nous? » 

  • «  Protéger la planète comme une fin en soi ou comme un moyen de faire quelque chose? » 

  • Se redéfinir soi-même. Définir une esthétique de l’existence. 

  • «  La situation actuelle est une bonne nouvelle pour se reposer des questions pour soi et en soi. » 

  • La volonté de puissance et la destruction créatrice. 

  • «  L’innovateur veut montrer cette volonté de puissance » 

  • «  La volonté de puissance collective est toujours portée par un individu, on a besoin d’une voix. » 

 
55″ – La vision de l’avenir de Xavier
  • «  L’avenir est plutôt optimiste dès lors que l’on apprend à penser. » 

  • «  Si nous ne changeons pas alors que le monde change, nous régressons » 


Les personnes et références citées

Les livres recommandés par Xavier :

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Alexandre Boisson : rendre la société résiliente

Qu’est-ce qu’on ne voit pas venir ? 
Qu’est-ce qu’on ne comprend pas bien quand on se contente de regarder les informations qui viennent à nous, les images et discours médiatiques convenus, quand on n’essaie pas de diversifier ses sources ? 
A quoi n’a-t-on pas accès si on ne va pas sur le terrain, si on ne se frotte pas à la réalité physique, sensorielle des choses ? 
 
Nous vivons tous dans nos bulles, qu’on le veuille ou non. Bulles d’information, bulles de classe sociale, bulles géographiques, bulles culturelles et linguistiques… Il faut juste en avoir conscience pour pouvoir relativiser ce qui vient à nous et nuancer les opinions que l’on se forge. 
En faisant ce podcast, je cherche à aller chercher ce à quoi je n’ai pas accès seul, je modifie ma vision du monde et de l’avenir au contact d’autres qui ont une expérience différente de la mienne. Plus cette expérience est différentes plus elle m’enrichie, car elle me bouge dans mes schémas et mes convictions. Alexandre Boisson fait partie de ces gens au parcours atypique (et donc passionnant), aux idées ancrées dans le vécu et à la recherche d’une forme de cohérence, qui me fascinent.
 
Alexandre a été policier, puis garde du corps de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy avant de claquer la porte de l’Elysée suite, comme il le dit lui-même, à un « accident de conscience » durant la crise libyenne. 
Il a complété ses expériences du terrain et du monde politique par une enquête personnelle sur l’état du monde et s’est spécialisé dans l’étude des risques systémiques et la manière de les prévenir. 
Il a ensuite cocréé l’association SOS Maires et travaille aujourd’hui au plus près des citoyens et des élus pour les aider à penser et à préparer la résilience sur un territoire qui, selon lui, est amené à connaitre des chocs économiques, énergétiques, alimentaires et sécuritaires importants. 
 
Nous parlons ensemble de sa grille de lecture du présent et de l’avenir, d’enjeux énergétiques et géo-politiques, de citoyenneté, des gilets jaunes, et de comment devenir plus résilient dans un monde incertain.

Sujets abordés dans l'épisode

 Résilience, risques d’effondrement, politique, gilets jaunes, énergie, le rôle des maires, zone de confort.

Pour s'y retrouver...

La parcours professionnel d’Alexandre
  • Police de proximité
  • Garde rapproché du président de la République durant 9 ans (Chirac, Sarkozy)
  • Groupe mondial protection
  • « Je n’ai aucun problème avec l’autorité intelligente. »
  • Un « accident de conscience » provoqué par la guerre en Libye
Une grille de lecture du monde
  • « Ce que nous vivons au niveau civilisationnel est fascinant : on est face à nous-même. »
  • « J’ai cherché le grande méchant monde, je n’ai trouvé que mon propre impact dans le système. »
  • « Mon départ de l’Elysée m’a valu quelques petits soucis, dans le pays des droits de l’homme… »
  • Recherche de ce qui ne fonctionne pas bien dans les comportements humains : psychologie, géopolitique, énergie…
  • Cerveau reptilien et zone de confort : « toujours plus de progrès, toujours plus de confort ». Ça pose problème dans un monde fini… 
  • Soit on tombe dans l’explosion des névroses, soit on arrive à faire société autrement.
  • « Le futur c’est les low-tech, c’est se reconnecter à la nature, c’est inventer un autre récit. »
  • « Notre société est une chaîne, si on tire sur un maillot on entraîne tout. »
L’énergie est à la base de tout
  • La géopolitique de l’énergie et les missiles S400 russes qui changent le rapport de force et défie notre capacité à sécuriser notre approvisionnement énergétique.
  • La route de la soie, projet chinois d’infrastructure et le besoin énorme de matières premières et d’énergie pour le réaliser.
  • « Nous n’avons pas d’autre choix que de devenir sobre, c’est un choc traumatique pour nos sociétés. »
  • L’énergie est clé pour notre défense nationale. Nous sommes vulnérables car nous dépendons du pétrole. 
  • « Nous ne sommes pas prêts à nous sevrer du pétrole de gré à ou de force ». Le Document Intercommunal des Risques Majeurs (DICRIM) à demander aux maires.
Une analyse de la crise des gilets jaunes
  • « Tout Etat a besoin de secret pour fonctionner ». Internet a changé la donne: les gens se confrontent à ce qui se passe, et les croyances s’effondrent. 
  • « Plus on se rapproche de la vérité, plus on voit l’horreur de notre système »
  • « Les gens ont maintenant une conscience politique, c’est ce que redoutait l’hyper-classe »
  • « Vous combattez une oligarchie qui n’a pas besoin de la France pour être riche ». Renverser l’Etat, c’est à moyen-terme le risque de donner encore plus de pouvoir à cette oligarchie.
  • « Ne pas faire une révolution: tourner sur soi-même; mais une ré-évolution: à nouveau évoluer. » 
  • « Il n’y a pas de grand méchant monde, il y a juste des fatalités qui s’additionnent. »
  • « Les lobbies naissent de notre consommation. »
  • « Ce que je veux, c’est que moi j ‘aille bien, on est content d’être confortable à ne pas se poser de questions… c’est ça le grand méchant monde. »
  • « La démocratie, ce n’est pas une urne et des pantoufles, c’est tous mettre la main à la pâte. »
Comment les choses peuvent évoluer ?
  • « Quand on est candidat à la présidentielle, on  est dans un zodiac, quand est élu, on conduit une péniche; la manière de manœuvrer n’est pas la même… »
  • « Les risques sécuritaires sont majeurs. »
  • La révolution ? « En 1789, on a coupé la tête d’un roi, 15 ans après, on a remis un empereur soutenu par des banquiers suisses… Une vraie révolution, un retour à la case départ. » Il faut faire société différemment. 
Comment changer les consciences? 
  • « Il faut nous reconnecter de manière inter-générationnel ». Nos enfants vont avoir une technologie moins évoluée que celle que nos parents avaient. Les anciens peuvent nous conseiller: comment faisiez-vous avant, avec moins de technologie, et comment vous n’étiez pas malheureux? »
  • Ce sont nos enfants qui nous conscientisent. 
  • « Il faut apprendre à devenir sobre. »
  • « Je ne supporte plus l’idée que nos enfants nous détestent parce qu’on aura bousillé la planète. »
  • « Je suis fasciné par les 20-30 ans, ils ont déjà tout compris. »
  • « Qu’est ce qu’on va aller foutre sur Mars ? » 
  • « Il faut faire vivre aux gens des situations, ce qui est en train de se passer est formidable, les gens commencent à se réveiller. »
  • Les élections en Libye et les risques à venir sur les approvisionnements énergétiques: on ne sait pas faire avec un prix cher. 
  • Monnaies locales et revenue universel : s’orienter vers une dépense qui serve la planète
  • « Il n’y a rien de plus dangereux que des gens qui n’ont plus rien à perdre. »
  • Donner des importunités pour sortir des économies parallèles. Exemple : la culture du chanvre.
  • « Quand on reconnecte les gens à la nature, ce ne sont plus les mêmes. »
  • « Le problème c’est que les gens ne rêvent plus » – Latifa Ibn Ziaten
  • L’art au service de la société. L’exemple de l’invention du jazz par Harlem renaissance. « En France, on a besoin d’un récit réconciliatoire. »
SOS Maires et le travail sur la résilience
  • Des exemples de Maires qui réactivent la démocratie
  • Résilience : capacité à traverser des crises
Le cas spécial de la France ? 
  • « La France est observée. »
  • « Ça ne peut marcher que si on remet la femme à sa juste place. La femme est très précieuse. »
  • « La mère de famille a bien plus de puissance que l’élite ». Les gardes du corps des élites choisiront de protéger d’abord leur maman…
Réformer le système ?
  • « On doit arriver à un modèle plus anarchique. On confond anomie et anarchie […] le mot a été dévoyé. »
  • « La seule autorité qui vaille dans l’anarchie c’est l’exemplarité et la compétence. »
  • « L’anarchie, ce n’est pas l’absence de police. »
Que dire aux enfants ?
  • « Leur parler de leurs rêves et les aider à les réaliser. »
  • « Quand l’homme se mettra à hauteur des enfants, on va refaire société »

Les personnes et références citées

Les livres recommandés par Alexandre :

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Julien Vidal : Incarner le changement

On a déjà beaucoup parlé des enjeux environnementaux sur Sismique, du climat, des ressources, des paradoxes de la croissance… et ces sujets sont en train de prendre le devant la scène médiatique, et c’est bien !
 
Julien Vidal fait partie de ceux qui pensent et qui font, puisque pendant un an il a décidé de voir concrètement ce qui se passait quand quelqu’un voulait réduire au maximum son empreinte écologique; et ce quelqu’un c’est lui. 
 
Il a documenté cette experience de changement de mode de vie, vers plus de sobriété, et en a fait un site internet et un livre titré « Ca commence par moi ». C’est de ce passage à l’action que l’on parle dans cet épisode. 

Sujets abordés dans l'épisode

Sobriété, environnement, transformation personnelle, bonheur, consommation, solutions.

De quoi parle-t-on ?

Le parcours de Julien dans l’humanitaire (7 ans), en Colombie et aux Philippines, et le retour en France
  • Constat des inégalités sociales et des conséquences dudérèglement climatique
  • « Nous, occidentaux, sommes les principaux responsables »
  • Volonté de revenir en France pour travailler sur aux sources des problèmes
  • Le besoin d’agir, de sentir, pour comprendre
 
Le pourquoi du projet  » Ça commence par moi »
  • Expérimenter 365 gestes à mettre en place
  • Raconter uneexpérience personnelle pour peut-être en inspirer d’autres
  • « Le pessimisme et le fatalisme français m’ont désespéré, où est l’idée de bonheur ? » 
  • « En France, il y a moins cette urgence au bonheur, ça m’a saisi [en rentrant] »
  • Le soucis de cohérence : cesser de parler desproblèmes à ses proches, d’être un empêcheur de tourner en rond, et essayer plutôt de montrer l’exemple.
 
Le projet concrètement, des exemples d’action pour limiter son empreinte écologique, et quoi en retenir
  • « J’étais un peu dans le piège du « il faut sauver la planète » »
  • Un objectifécologique au départ, un véritable développement personnel à l’arrivée.
  • Il ne s’agit pas simplement de faire ça part, le problème est bien plus compliqué que ça.
  • Une approche qui consiste à prendre chaque problème du quotidien au fur et à mesure qu’ils arrivent et de réfléchir à comment réduire son impact carbone.
  • Des exemples concrets d’initiatives citoyennes : ressourceries, eco-quartiers, …
  • L’impact d’internet. L’exemple du streaming vidéo
  • Travailler à être solide et résilient pour bien vivre les chocs à venir
 
L’état des lieux de la prise de conscience des enjeux écologiques en France
  • Progrès rapide de la médiatisation des sujets et surtout approche plus positive des sujets
  • « On se bat contre une montagne ». 
  • « Depuis quelques mois il est en train de se passer quelque chose… mais j’ai peur que tout se referme »
 
Changer individuellement ?
  • « Notre mode de consommation nous rend malheureux. »
  • « Notre manière de vivre est conditionnée par des intérêts qui nous dépassent ». Il est urgent d’agir à tous les niveaux.
  • Le PFH : Putain de Facteur Humain
  • L’important c’est avant tout d’apprendre à redevenir citoyen.
  • « Cette démarche individuelle vient développer une capacité à servir desintérêts collectifs. »
  • « Je me sens moins instable. »
 
La collapsologie ?
  • « La frugalité, cela faisait 5 ans que jeexpérimentais déjà… »
  • « Une préparation à l’effondrement ? Je ne sais pas, je sais juste que c’est ce [mode de vie] qui me rend le plus heureux »
  • « Est-ce qu’on a vraiment besoin de ça pour que les gens agissent ? »
 
L’avenir ?
  • « Je suis un jour dans ledésespoir le plus total et un jour dans un optimisme absolu. »
  • La permaculture des théories et des avenirs: toutes le pensées sont nécessaires.
  • La questions des enfants.  « Je regrette que beaucoup de nos dirigeants politiques n’aient pas d’enfant. » 

Les personnes et références citées

Les livres recommandés par Julien :

  • Fraternité Radicale, de Samuel Grzybowski
  • La horde du contrevent, d’Alain Damasio

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Guy-Philippe Goldstein : le risque cyber

Ce que l’on appelle le cyber-risque est aujourd’hui considéré comme une des principales menaces de notre monde ultra-connecté. 

Alors que notre dépendance aux technologies numériques augmente chaque jour, alors que nous passons notre temps, sans forcément nous en rendre compte, à produire et consommer des données et de l’information en quantité gigantesque, alors que nos objets, nos infrastructures, nos organisations sont toujours plus mis en réseau, le risque de manipulation ou plus généralement de déstabilisation de nos systèmes augmente proportionnellement. 

C’est un sujet difficile à comprendre et donc dont on parle peu mais qui est devenu central car il impacte silencieusement la manière dont le monde dans son ensemble fonctionne et évolue. 

Pour y voir plus clair, j’interroge dans cet épisode Guy-Philippe Goldstein, spécialiste notamment des questions de cyber-sécurité  de cyber-défense.

Sujets abordés dans l'épisode

Cyber-défense, cyber-sécurité, cyber-crime, protection des données, manipulation de l’information, darknet, géopolitique, Brexit, robots, transformation digitale, simulation

Pour s'y retrouver...

La nouveau monde centré sur le numérique et le contrôle de l’information

  • Toutes les plus grandes entreprises mondiales ont un modèle basé sur le numérique et en particulier sur l’aide à la prise de décision.
  • “ Le coeur de la bataille est dans les systèmes de décision”
  • “ En cas de choc, le premier coup de feu serait tiré dans le cyber-espace”
  • Electron et pierre (numérique et immobilier)
  • La nouvelle lutte des classes entre les « gagnants du numérique » et les autres.

Les nouveaux risques

  • L’explosion de la complexité rend difficile la gestion du risque
  • 20 milliards d’objets connectés dans les années à venir
  • Attaque inter-pays sur des systèmes industriels
  • « Ransomware » ou rançongiciel
  • Vol de données personnelles

Les enjeux géopolitiques

  • Les nouvelles règles de dissuasion militaire: savoir ce qui se passe vraiment est la clé.
  • « On peut aller casser les systèmes stratégiques de l’adversaire »
  • « Avec le cyber, il faut réinventer le jeu stratégique »
  • « Etablir la vérité c’est établir la justice »
  • L’importance d’être crédible auprès de ses alliés

La question de la souveraineté nationale

  • Cyber-défense et cyber-puissance
  • Le cas des élections américaines en 2016 et de l’attaque russe du système médiatique
  • Facebook est devenu une des principales sources d’information, sans aucune régulation
  • « Facebook fait de l’éditorialisation via ses choix algorithmiques. »
  • « On est passé d’un jeu de puissance nucléaire dans lequel un pays peut s’isoler, à une logique de réseau : on est puissant quand on est utile aux autres. »
  • «  Le cœur de la souveraineté pour un pays c’est sa capacité à défendre ses intérêts premiers »

Les forces en présence

  • Les états gardent un rôle prédominant sur les questions de cyber-défense
  • Trois blocs : une alliance occidentale autour de l’OTAN et des « five eyes », la Chine, la Russie.
  • L’Europe est en retard sur ses capacités d’investissement.

Les enjeux de demain

  • « L’enjeu majeur est de maintenir l’état de droit »
  • Cyber criminalité estimée demain à 2000 milliards de dollars
  • L’exemple du « crédit social » mis en place en Chine pour contrôler les citoyens.
  • « Le risque que représente la délégation d’une prise de décision à une intelligence artificielle est tel qu’il sera stoppé. »
  • Le risqué systémique existe-t-il ?
  • Faut-il devenir moins dépendant à la technologie ? Le cas de la voiture autonome.
  • « On ne peut plus échapper au risque cyber, il faut passer à une stratégie de résilience. »
  • Comment se protéger individuellement des risques cyber ?

Les personnes et références citées

Les livres recommandés par Guy-Philippe :

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Vincent Liegey : décroissance

La croissance économique est un concept avec lequel nous sommes à peu près tous familiers tant il est présent dans notre imaginaire collectif. Pas une semaine sans que l’on entende parler d’objectif de croissance du PIB, de révision des previsions de croissance, de promesse de croissance, comme si cet indicateur était l’Alpha et l’Omega de toute politique publique, en conditionnait le jugement de valeur. 
C’est que, semble-t-il, la croissance est devenue synonyme de richesse, de progrès, et qu’elle conditionnerait la bonne santé des nations. Il faut de la croissance, car il faut toujours plus de création de valeur, pour améliorer le système ou simplement le maintenir, pour rester compétitif, pour payer les retraites de demain… 
Certains, comme Vincent Liegey, pensent qu’il y a un problème fondamentale avec cette idée, ou plutôt avec la relation que nous entretenons avec elle. Nous serions « accrocs » à la croissance, l’aurions érigé en dogme, voire en religion, et serions ainsi incapables d’accorder de la crédibilité à d’autres indicateurs de « progrès ». 
Apparemment nous n’en verrions pas non plus les dysfonctionnements (par exemple la répartition inégale des richesses crées) et les externalités (la destruction de l’environnement, l’épuisement des ressources…). 
 
Puisque la croissance ne serait pas forcément bonne, j’ai voulu rencontrer Vincent pour mieux comprendre ce qui se cache derrière le terme provocateur de « décroissance » que je ne comprenais pas bien. 
A-t-on vraiment un problème avec la croissance ? Qu’est-ce que la décroissance ? Comment ça marche concrètement, et est-ce vraiment une solution aux différentes ondes de chocs que l’on voit pointer à l’horizon ? 
 
Vincent Liegey est ingénieur, chercheur interdisciplinaire, essayiste, et conférencier. 
Il est « objecteur de croissance » et prône une transition démocratique et sereine vers de nouveaux modèles de société basés sur la décroissance, la convivialité et l’autonomie

Sujets abordés dans l'épisode

Décroissance, effondrement, environnement, croissance verte, Revenu Maximum Acceptable, Revenu de Base, communs

Pour s'y retrouver...

Une dépendance à la croissance qui pose problème ?
  • La croissance est-elle une mauvaise idée ? «  Nous sommes toxico-dépendants à la croissance. »
  • La notion de seuil de contre-productivité
.
  • « Ce qui est une mauvaise idée c’est la religion de la croissance: la croissance pour la croissance. »

  • Notre époque est-elle particulière? La convergence des crises. 

  • « On est face à l’effondrement d’un modèle civilisationnel qui est ce que j’appelle la société thermo-industrielle »

  • La décroissance comme pensée parapluie, une matrice de reflexion, faisant le lien entre différentes disciplines et approches pour tenter de résoudre des problèmes complexes.

  • « La croissance verte? Une imposture intellectuelle. »
  • Le mot décroissance : un mot provocateur à dessin. 

  • Le mythe de la croissance : « Une croissance infinie dans un monde finie n’est pas possible, c’est une absurdité. »

  • « On atteint des niveaux d’inégalités qui sont insoutenables. »

  • « Sortir des visions quantitatives de la société pour aller vers des visions plus qualitatives. » 

 
La décroissance c’est quoi ?
  • 3 grandes définitions:
    • un outil sémantique, un slogan provocateur pour rendre compte de notre dépendance à la croissance
    • une pensée multi dimensionnelle permettant de faire le lien entre les différentes crises
    • un réseau ouvert pour discuter et penser le politique, la citoyenneté,  la culture…
  • “Décroire plutôt que décroître”. Décoloniser les imaginaires et penser un autre modèle de société.
 
Comment « vendre » la décroissance ?
  • « Le terme décroissance nous protège de ce risque de récupération […] et il est une invitation à faire un effort intellectuel. »
  • De la difficulté de faire comprendre et accepter les idées liées à la décroissance…
  • « On continue d’être engagés dans ce consumérisme mais on se rend compte que ça ne nous rend pas nécessairement heureux. »
  • Des nouvelles dynamiques sociétales font qu’il est de plus en plus facile d’en parler et de se faire comprendre.
 
Les critiques de la décroissance
  • L’argument du besoin de développement des pays pauvres… Le problème de la religion de la croissance est partout bien compris, y compris chez les plus pauvres.
  • Le développemment oui, mais il y a un niveau optimal à ne pas dépasser. Métaphore de la coquille d’escargot.
 
L’aspect politique des choses
  • La décroissance est-elle forcément de gauche ?
  • Maintenir une société sans croissance ?
  • « La première des décroissances doit être celle des inégalités »
  • Revenu Maximum Acceptable
  • Revenu inconditionnel d’existence (revenu de base)
  • Réflexion sur les communs
 
Comment mettre ces idées en place ?
  • Ce qui se passe concrètement avec les expériences sur le Revenu de Base et de Revenu Maximum acceptable.
  • Fiscalité américaine sous Roosevelt. Article de T.Piketty
  • « Il n’y a pas de baisse de l’empreinte écologique sans baisse du PIB. »
  • Le mythe du découplage
  • « Remettre l’économie à sa place »
  • A chaque échelle il y a des opportunités d’action.
  • « Tout le monde est d’accord pour dire que les dettes publiques ne seront jamais remboursées.»
  • « Le système bancaire est aujourd’hui totalement hors de contrôle ».
  • La décroissance ne va-t-elle pas venir d’elle même ?
  • « On est déjà dans une logique d’effondrement. »
 
Ce qui peut se passer dans les années à venir
  • Opposition entre un vieux système qui va dans le mur et un monde qui bouge.
  • « J’essaie de rendre visible l’invisible. »
  • L’enjeu c’est comment s’appuyer sur les transformations silencieuses pour créer un mouvement politique.
  • « Les jeunes sont la force vive de la transformation de la société, le blocage vient des vieux cons. » 

Les personnes et références citées

Les livres recommandés par Vincent :

  • Les confessions d’un bourgeois, Sandor Marai
  • Memoires de Hongrie, Sandor Marai
  • Ce que j’ai voulu taire , Sandor Marai
  • La grande transformation, Karl Polanyi

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Jean-Joseph Boillot : Chine, Inde, Afrique, le grand basculement

Jean-Joseph Boillot est agrégé de sciences économiques et sociales et docteur en économie, et il a notamment enseigné à l’Ecole Normale Supérieure. 
Grand voyageur, il s’est intéressé de près aux grands pays émergents, en particulier l’Inde et la Chine dès les années 80, et à ce titre a travaillé pour le gouvernent français dans différents pays. 
Je parle avec Jean-Joseph du grand basculement économique, géopolitique et culturel en cours pour mieux comprendre l’impact que ces grandes puissances nouvelles peuvent avoir sur la marche du monde qui vient.  

Sujets abordés dans l'épisode

Chine, Inde, Afrique, Europe, économie, géopolitique, pays émergents, écologie, climat et sagesse.

Pour s'y retrouver...

2″ – Le parcours de Jean-Joseph
  • Globe trotteur, enseignant chercheur, économiste, sociologue, géographe mathématicien, ambassades et finalement expert indépendant.
 
5″ – Vivons-nous un basculement géopolitique du monde ? 
  • Les transformations silencieuses : la renaissance des monde chinois, indien et africains, avec comme point de départ la transition démographique.
  • La 3e/4e révolution industrielle 
  • La crise de 2008 est celle des pays développés.
  • Crise du modèle de développement occidental.
 
13″ – Le miracle chinois
  • Tout a commencé avec Mao : « le miracle chinois s’explique par la politique Maoiste » (transition démographique, travail des femmes, éducation).
  • Malgré ses extrêmes, « les 30 années de maoisme réunissent les conditions de l’entrée de la Chine sur la scène internationale avec tous les atouts d’une réussite économique »
  • Confucianisme, taoisme, boudhisme : les piliers de l’écosystème idéologique chinois.
  • « Nous allons vers un très rapide vieillissement de la Chine », 
  • « Le modèle indien est beaucoup plus autocentré »
  • Afrotopia , livre de Felwine Sarr
 
19″ – Qu’est-ce qu’un pays émergent ? Les BRIC et nouvelles organisations alternatives.
  • La métaphore de l’iceberg qui apparaît à l’horizon et qui devient un continent à mesure que l’on s’approche.
  • « Un pays a émergé lorsque dans les affaires mondiales il est à parité avec les autres pays développés »
  • BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du sud)
  • « Les sommets des BRIC sont devenus les grands sommets internationaux »
  • La Russie après avoir été « trahie » par les occidentaux a rejoint le camp des alternatifs.
  • « Chaque sommet exprime une vision totalement alternative de la conduite des affaires mondiale dans les 20 prochaines années »
 
25″ – Pourquoi notre point de vue d’occidentaux est-il si biaisé ? 
  • Crise asiatique de 1997 : c’est celle des petits pays asiatiques qui ne supportent plus le choc de productivité du modèle chinois, cela marque donc le début de l’émergence de la Chine.
  • Arrivée à Hong Kong en 1997, Jean-Joseph « découvre » le 21e siècle.
  • La politique de l’autruche des occidentaux, plus facile que de remettre à plat un vieux modèle.
  • « China bashing » : rejet de la Chine.
  • « Nos élites ne parlent pas anglais ». La méconnaissance du monde commence là. 
  • « Les grands groupes français qui sont des champions mondiaux ne sont pas entendus dans les media. »
  • « L’Inde ne reproduira jamais le modèle occidental ». Les pays emergents utilisent la modernité sans avoir à passer par les étapes de développement que nous avons connu en occident.
  • « Le rattrapage est déjà dépassement. »
  • « Un homme ne court par après un PIB, il court après la vie. »
  • « Il n’y a pas d’occidentalisation du monde, contrairement à ce que l’on pensait. »
 
38″ – Quelles seront les puissances de demain ? 
  • « La chine n’est pas destinée à devenir la nouvelle puissance du monde ». La Chine n’a pas l’ambition de voir son modèle devenir un modèle pour les autres. 
  • « Je ne vois pas les Etats-unis décliner ». Ils disposent de ressorts importants et attirent les élites du monde en entier. 
  • « Peu de chinois faisant leurs études eux Etats-unis reviennent ». NB : cette affirmation est inexacte, aujourd’hui plus de 80% des chinois faisant leurs études aux USA reviennent travailler en Chine ensuite.
  • Le nombre de jeunes indiens a dépassé celui de la Chine depuis 10 ans. »
  • 3 milliards d’habitants en Afrique dans 30 ans ?
  • « Pensez-vous que les africains vont se laisser marcher sur les pieds par les chinois? »
  • Nous allons vers une multipolarité du monde. « La France n’est déjà plus une grande puissance ».
  • « Je prévois un éclatement de la construction européenne. »
  • « L’Afrique va peser très lourd dans l’évolution du monde »
 
45″ – Chine, Inde, Afrique
  • Le rôle stratégique du moyen-orient au coeur du triangle Chine-Inde-Afrique
  • Peut-on parler d’une Afrique monolithique ? Non, mais la Chine et l’Inde ne sont pas non plus monolithiques. 
  • Xi Jinping et la tradition d’un pouvoir central fort en Chine pour gérer une Chine « multiple. »
  • « Les africains ont le sentiment d’avoir une communauté de destin. »
  • En Europe nous n’arrivons pas à casser l’idée d’état-nation. »
  • Il y a des synergies positives entre les 3 blocs.
  • Nouvelle route de la soie : une excuse pour vendre du matériel chinois ? 
 
57″ – La place de l’Europe dans ces évolutions du monde
  • Opportunité pour l’Europe d’être partie prenante de ces nouvelles synergies
  • « Il y a une inculture complète vis à vis de ces mondes. »
  • « On ne voit qu’en antagonisme, et c’est ce qui est train de fissurer l’Europe. »
  • « Où entend-on parler de la jeunesse de l’Europe? C’est un projet de vieux et il consiste à se protéger. »
 
1’01 » – La question écologique et ses conséquences géopolitiques
  • « Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regardes d’où tu viens. » – proverbe africain
  • « Lorsque les lions auront leurs historiens, les récits de chasse ne tourneront plus à l’avantage des chasseurs. » – proverbe africain
  • « Je crois à la théorie de la catastrophe. »
  • « Derrière ce scénario de stabilité, arrive la catastrophe climatique. »
  • « On va justifier des régimes dictatoriaux un peu partout. »
  • « Arrêtons de dire que les pays riches seront moins touchés par le réchauffement climatique. »
  • « Il y a une plus grande résilience dans les pays pauvres. »
  • « Où va être l’humain dans un monde menacé par la crise climatique ? »
 
1’10 » – Se préparer à demain ?
  • Apprendre 10 langues…
  • « Vis comme si tu devais mourir demain, apprends comme si tu devais vivre toujours. » – Gandhi
  • « Il est important d’accorder ses actes à ce que l’on pense. »
  • « La démarche individuelle est importante, il faut se préparer. »
  • Travailler sur la notion de sagesse.
  • « Les démocraties européennes vont vaciller dans les prochaines années »

Les livres recommandés par Jean-Joseph :

 
Et pour compléter le tout, découvrez le récent débat entre Pierre Rabhi et Jean-Joseph Boillot sur le changement climatique : ici 

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Arthur Keller : déconstruire les faux espoirs pour en construire de nouveaux

Comment déconstruire ce qui, selon Arthur Keller, sont de « faux espoirs », pour mieux travailler à en construire de nouveaux, plus proches de la réalité de ce qui peut effectivement se passer dans les prochaines années ?
C’est la question qu’Arthur se pose, alors que justement le dernier rapport du GIEC vient de paraître et nous fait comprendre gentiment que nous sommes très mal partis pour parvenir à limiter l’augmentation de la  température de la planète, et que les conséquences pourraient en être désastreuses.
 
J’ai voulu enfoncer le clou sur cette question écologique  qui conditionne tous les scénarios d’avenir, pour mieux comprendre cette possibilité d’effondrement systémique dont on entend de plus en plus parler et qui me questionne au point de me faire passer des nuits blanches.

Arthur Keller est un spécialiste du sujet, et je discute avec lui de son diagnostic sans concessions, de pourquoi il faudrait vite abandonner des croyances qui lui semblent contre-productives pour mieux appréhender les défis de l’époque, et de ce qu’il faudrait faire concrètement pour préparer l’avenir de manière sereine, lucide et si possible positive.

Sujets abordés dans l'épisode

Climat, écologie, effondrement, croissance, politique, nouveaux récits.

Pour s'y retrouver...

2″  – L’état du monde

  • Les 6 sphères naturelles, toutes se dégradent gravement
  • « Depuis 40 ans plus de 50% des animaux sauvages ont disparu. »
  • Notre dépendance au pétrole et le risque de pénurie à venir
  • Un système humain fragile
  • « Le monde est en état de pré-effondrement »

10″ – Les élites savent-elles?

13″ – On va pouvoir trouver des solutions?

  • Notre croyance aveugle en l’avenir est un élément commun à toutes les civilisations passées…
  • « Les ingénieurs n’ont pas les solutions »

17″ – La sociologie des catastrophes 

  • La croissance est finie.
  • Gael Giraud, économiste
  • Indice de Gini sur les inégalités
  • « L’ennemi est en chacun de nous »
  • « La notion de nature humaine n’a pas grand sens, l’homme est opportuniste »
  • Social mood, état d’esprit social : il est important de lutter contre toute forme de repli

24″ – Pourquoi ne serait-on pas capable de réagir

  • On ne voit pour le moment aucune inflexion de courbe.
  • « On n’est pas câblé pour traiter une problématique systémique »
  • Dennis Meadows, «  Les limites à la croissance »
  • « On sous-estime toujours le problème et on surestime nos capacités. »
  • Retard pris par l’Allemagne sur son plan de déploiement d’énergie renouvelable (article Bloomberg)
  • « Dans l’ADN même des institutions on a le problème. »
  • CCNUCC, article 3, alinéa 5 : on ne doit pas gêner la croissance et le commerce international, quoi qu’il arrive.

29″ – L’allégorie du Titanic

  • Le syndrome du Titanic, livre et film de Nicolas Hulot
  • « Globalement nous ne pouvons pas éviter une simplification. »
  • « La plausibilité [d’un effondrement] suffit pour s’y préparer, c’est la voie humble. »

37″ – Ne faut-il pas d’abord se battre pour sauver le système ?

  • Le timing pour réagir est passé : «  C’est trop tard depuis au moins 30 ans »
  • Le véritable optimisme c’est de se dire que l’on peut fabriquer quelque chose de neuf »
  • « Aujourd’hui, ne pas savoir est un choix. »
  • L’importance de montrer le contraste entre un monde de transition et en monde où on n’aurait rien fait.

43″ – Qu’est qu’il faudrait faire ?

  • Engagez vous : « Nous changeons le monde à chaque fois que nous montrons l’exemple. »
  • Transition towns
  • Adrastia
  • Les colibris
  • S’engager, faire, apprendre de nouvelles compétences, partager l’information de manière argumentée.
  • « Les enfants ne sont pas préparés au monde, ils sont préparés à un marché du travail qui n’existera plus demain. »
  • Préparer un plan B progressivement pour aller contribuer à la régénération de la nature et du tissu social.
  • L’importance des entrepreneurs pour inventer le monde de demain.
  • « Sortir du déni, arrêter de dire qu’on est sûr que ça ne s’effondrera pas. »
  • « Je vois beaucoup de gens qui sont un peu égoïstes dans leur idée de la transition. »
  • Il faut faire sa transition personnelle et communiquer dessus pour montrer concrètement comment ça marche.
  • Phases du deuil de Kübler- Ross : déni, colère, marchandage, dépression, acceptation

55″ – L’innovation

  • « L’innovation aujourd’hui est complètement à côté de la plaque ». Il faut trouver un compromis entre la performance et la prise en compte des limites et contraintes de ce siècle.
  • « La technologie n’est qu’un outil, ce n’est pas une finalité »
  • Philippe Bihouix

58″ – Les nouveaux récits 

1’05″ – Un programme politique de transition

  • Le programme de « transition sociétale » élaboré pour Charlotte Marchandise, c’est ici : https://charlotte-marchandise.fr/4-piliers-programme/ et le focus sur la transition écologique est consultable ici : https://www.calameo.com/books/005026737476e6a4c2757
  • Arthur a aussi travaillé sur un train de propositions dont il a piloté la conception en matière de prise en compte politique de la question de la condition animale (ici) et son rapport de 2013 qui répond à la question « Peut-on concilier politique de croissance économique et impératif de soutenabilité ? » ().

1’10″ – Un conseil ?

  • Se mobiliser chacun à son niveau pour travailler à la transition. « On a besoin du meilleur de l’homme. »
  • « La solution ne viendra pas d’en haut. »

Les livres recommandés par Arthur :

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Jérôme Cazes : réformons la finance !

Il y a 10 ans ce mois-ci (15 septembre 2008), la banque Lehman Brothers faisait faillite, provoquant une panique sur les marchés financiers du monde entier. Ce que l’on a baptisé la crise des « subprimes », ces crédits immobiliers hautement risqués, a failli entraîner l’économie mondiale vers le chaos, et le pire n’a pu être évité qu’au prix d’une politique d’endettement des états, au profit au final des intérêts privés. 

Qu’est-ce qui a vraiment changé depuis ? Quel est le rôle de la finance de marché aujourd’hui et quelle place occupe-t-elle dans le fonctionnement de l’économie ? Qu’est-ce qui pourrait déclencher une nouvelle crise et quelles en seraient les conséquences ? Que faudrait-il faire pour limiter les risques systémiques ?

Je discute de ces questions avec Jérôme Cazes spécialiste de la finance, président de la start-up MyCercle, anciennement consultant en grands risques financiers, directeur général de la Coface, puis membre du comité de direction générale de Natixis. 
 

Sujets abordés dans l'épisode

Finance, risques systémiques, séparation des banques, crise financière, écologie et économie

Pour s'y retrouver...

2″ – La difficulté de comprendre l’économie et la finance

  • Effets directs et indirects : aujourd’hui la complexité est telle que plus personne ne comprend les effets indirects, l’économie n’est pas une science.
  • Il faut faire confiance aux effets directs et se méfier des effets indirects, autrement dit il faut se méfier des grands discours
  • Métaphore du trampolino : quand les grenouilles et les éléphants sautent…
  • Théorie du ruissellement : on ne connait que l’effet direct: « si je donne aux riches, les riches sont plus riches ». On ne sait rien des effets indirects, on ne peut que spéculer…

18″ – Comment fonctionne la finance aujourd’hui ?

  • On mélange trop souvent les 3 fonctions de la finance : la monnaie, le crédit, les marchés financiers
  • « Le crédit c’est comme un médicament, ça peut être un remède ou ça peut être un poison. »
  • Il ne faudrait surtout pas mélanger les 3 fonctions, hors aujourd’hui elles sont mélangées.
  • Depuis 30 ans on a dérégulé, le crédit et les marchés sont devenus sans contrôle et sur-dimensionnés.
  •  » Il n’y a plus de lien entre économie réelle et économie financière »
  • « Vous ne gagnez de l’argent que si le prix bouge, à la hausse ou à la baisse. »
  • Depuis 30 ans deux secteurs ont explosé : le numérique et la banque. Le service bancaire s’est-il amélioré ?…
  • « L’essentiel de l’argent ne va pas dans l’économie réelle. »

35″ – Ce qui a changé ou non depuis la crise de 2008

  • « Le coût a été énorme, mais le système a été sauvé. »
  • « Nous ne sommes pas du tout mieux armés aujourd’hui qu’à l’époque […] On est toujours dans la même situation qu’il y a 10 ans »
  • La régulation a simplement rendu le système plus gros et plus complexe.
  • Il n’y a pas de véritable contrepouvoir, « le pouvoir politique est un nain face à la finance »
  • Les puissants sont plus puissants que jamais
  • « Les patrons de grandes banques ne comprennent plus ce qu’ils font »
  • « Big is dangerous, on ne sait pas gérer l’énormité. »

44″ – Une crise à venir ?

  • Il y a encore plus de crédit qu’en 2008 et ça continue à augmenter… tôt ou tard ça pétera.
  • « L’humanité en prendra plein la figure mais elle s’en tirera »
  • « Comment peut-on maintenir un système aussi pervers pour le bénéfice de si peu de gens? »

52″ – Réformer la finance ?

  • Il faut revenir à la règle de séparation des banques
  • « Contrôlons les produits financiers comme on contrôle les nouveaux médicaments »
  • Le politique ne se réforme pas car son élection ne se joue pas là-dessus…
  • La finance est agnostique, elle peut tout à fait se « verdir ». 
  • « Les instruments dont l’écologie a besoin ne sont pas du crédit et du marché, ce sont des règlementations. »
  • « Le problème c’est la liberté de circulation des capitaux. »

1″02′ – La conclusion personnelle 

  • L’histoire du déclic de l’expérience de la salle des marchés
  •  » Ils ne comprennent rien à ce qu’ils font… le système n’est pas maîtrisable »
  •  » Il y a d’autres fenêtres de tir pour réformer la finance, c’est à ce que je veux travailler « 
  • « Cette finance est en train de détruire un certain nombre de valeurs collectives, là est le danger »

Les livres recommandés par Jérôme :

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