Julien

#13 – Arthur Keller : déconstruire les faux espoirs pour en construire de nouveaux

Comment déconstruire ce qui, selon Arthur Keller, sont de « faux espoirs », pour mieux travailler à en construire de nouveaux, plus proches de la réalité de ce qui peut effectivement se passer dans les prochaines années ?
C’est la question qu’Arthur se pose, alors que justement le dernier rapport du GIEC vient de paraître et nous fait comprendre gentiment que nous sommes très mal partis pour parvenir à limiter l’augmentation de la  température de la planète, et que les conséquences pourraient en être désastreuses.
 
J’ai voulu enfoncer le clou sur cette question écologique  qui conditionne tous les scénarios d’avenir, pour mieux comprendre cette possibilité d’effondrement systémique dont on entend de plus en plus parler et qui me questionne au point de me faire passer des nuits blanches.

Arthur Keller est un spécialiste du sujet, et je discute avec lui de son diagnostic sans concessions, de pourquoi il faudrait vite abandonner des croyances qui lui semblent contre-productives pour mieux appréhender les défis de l’époque, et de ce qu’il faudrait faire concrètement pour préparer l’avenir de manière sereine, lucide et si possible positive.

Sujets abordés dans l'épisode

Climat, écologie, effondrement, croissance, politique, nouveaux récits.

Pour s'y retrouver...

2 »  – L’état du monde

  • Les 6 sphères naturelles, toutes se dégradent gravement
  • « Depuis 40 ans plus de 50% des animaux sauvages ont disparu. »
  • Notre dépendance au pétrole et le risque de pénurie à venir
  • Un système humain fragile
  • « Le monde est en état de pré-effondrement »

10 » – Les élites savent-elles?

13 » – On va pouvoir trouver des solutions?

  • Notre croyance aveugle en l’avenir est un élément commun à toutes les civilisations passées…
  • « Les ingénieurs n’ont pas les solutions »

17 » – La sociologie des catastrophes 

  • La croissance est finie.
  • Gael Giraud, économiste
  • Indice de Gini sur les inégalités
  • « L’ennemi est en chacun de nous »
  • « La notion de nature humaine n’a pas grand sens, l’homme est opportuniste »
  • Social mood, état d’esprit social : il est important de lutter contre toute forme de repli

24 » – Pourquoi ne serait-on pas capable de réagir

  • On ne voit pour le moment aucune inflexion de courbe.
  • « On n’est pas câblé pour traiter une problématique systémique »
  • Dennis Meadows, «  Les limites à la croissance »
  • « On sous-estime toujours le problème et on surestime nos capacités. »
  • Retard pris par l’Allemagne sur son plan de déploiement d’énergie renouvelable (article Bloomberg)
  • « Dans l’ADN même des institutions on a le problème. »
  • CCNUCC, article 3, alinéa 5 : on ne doit pas gêner la croissance et le commerce international, quoi qu’il arrive.

29 » – L’allégorie du Titanic

  • Le syndrome du Titanic, livre et film de Nicolas Hulot
  • « Globalement nous ne pouvons pas éviter une simplification. »
  • « La plausibilité [d’un effondrement] suffit pour s’y préparer, c’est la voie humble. »

37 » – Ne faut-il pas d’abord se battre pour sauver le système ?

  • Le timing pour réagir est passé : «  C’est trop tard depuis au moins 30 ans »
  • Le véritable optimisme c’est de se dire que l’on peut fabriquer quelque chose de neuf »
  • « Aujourd’hui, ne pas savoir est un choix. »
  • L’importance de montrer le contraste entre un monde de transition et en monde où on n’aurait rien fait.

43 » – Qu’est qu’il faudrait faire ?

  • Engagez vous : « Nous changeons le monde à chaque fois que nous montrons l’exemple. »
  • Transition towns
  • Adrastia
  • Les colibris
  • S’engager, faire, apprendre de nouvelles compétences, partager l’information de manière argumentée.
  • « Les enfants ne sont pas préparés au monde, ils sont préparés à un marché du travail qui n’existera plus demain. »
  • Préparer un plan B progressivement pour aller contribuer à la régénération de la nature et du tissu social.
  • L’importance des entrepreneurs pour inventer le monde de demain.
  • « Sortir du déni, arrêter de dire qu’on est sûr que ça ne s’effondrera pas. »
  • « Je vois beaucoup de gens qui sont un peu égoïstes dans leur idée de la transition. »
  • Il faut faire sa transition personnelle et communiquer dessus pour montrer concrètement comment ça marche.
  • Phases du deuil de Kübler- Ross : déni, colère, marchandage, dépression, acceptation

55 » – L’innovation

  • « L’innovation aujourd’hui est complètement à côté de la plaque ». Il faut trouver un compromis entre la performance et la prise en compte des limites et contraintes de ce siècle.
  • « La technologie n’est qu’un outil, ce n’est pas une finalité »
  • Philippe Bihouix

58 » – Les nouveaux récits 

1’05 » – Un programme politique de transition

  • Le programme de « transition sociétale » élaboré pour Charlotte Marchandise, c’est ici : https://charlotte-marchandise.fr/4-piliers-programme/ et le focus sur la transition écologique est consultable ici : https://www.calameo.com/books/005026737476e6a4c2757
  • Arthur a aussi travaillé sur un train de propositions dont il a piloté la conception en matière de prise en compte politique de la question de la condition animale (ici) et son rapport de 2013 qui répond à la question « Peut-on concilier politique de croissance économique et impératif de soutenabilité ? » ().

1’10 » – Un conseil ?

  • Se mobiliser chacun à son niveau pour travailler à la transition. « On a besoin du meilleur de l’homme. »
  • « La solution ne viendra pas d’en haut. »

Les livres recommandés par Arthur :

Pour continuer d'explorer ces sujets :

Si vous avez aimé, abonnez-vous.

Si vous avez aimé, abonnez-vous à la newsletter sur le site et au podcast sur votre plateforme préférée et laissez un avis et une note (sur Apple podcast), ça m’aide beaucoup :

#12 – Jérôme Cazes : réformons la finance !

Il y a 10 ans ce mois-ci (15 septembre 2008), la banque Lehman Brothers faisait faillite, provoquant une panique sur les marchés financiers du monde entier. Ce que l’on a baptisé la crise des « subprimes », ces crédits immobiliers hautement risqués, a failli entraîner l’économie mondiale vers le chaos, et le pire n’a pu être évité qu’au prix d’une politique d’endettement des états, au profit au final des intérêts privés. 

Qu’est-ce qui a vraiment changé depuis ? Quel est le rôle de la finance de marché aujourd’hui et quelle place occupe-t-elle dans le fonctionnement de l’économie ? Qu’est-ce qui pourrait déclencher une nouvelle crise et quelles en seraient les conséquences ? Que faudrait-il faire pour limiter les risques systémiques ?

Je discute de ces questions avec Jérôme Cazes spécialiste de la finance, président de la start-up MyCercle, anciennement consultant en grands risques financiers, directeur général de la Coface, puis membre du comité de direction générale de Natixis. 
 

Sujets abordés dans l'épisode

Finance, risques systémiques, séparation des banques, crise financière, écologie et économie

Pour s'y retrouver...

2″ – La difficulté de comprendre l’économie et la finance

  • Effets directs et indirects : aujourd’hui la complexité est telle que plus personne ne comprend les effets indirects, l’économie n’est pas une science.
  • Il faut faire confiance aux effets directs et se méfier des effets indirects, autrement dit il faut se méfier des grands discours
  • Métaphore du trampolino : quand les grenouilles et les éléphants sautent…
  • Théorie du ruissellement : on ne connait que l’effet direct: « si je donne aux riches, les riches sont plus riches ». On ne sait rien des effets indirects, on ne peut que spéculer…

18″ – Comment fonctionne la finance aujourd’hui ?

  • On mélange trop souvent les 3 fonctions de la finance : la monnaie, le crédit, les marchés financiers
  • « Le crédit c’est comme un médicament, ça peut être un remède ou ça peut être un poison. »
  • Il ne faudrait surtout pas mélanger les 3 fonctions, hors aujourd’hui elles sont mélangées.
  • Depuis 30 ans on a dérégulé, le crédit et les marchés sont devenus sans contrôle et sur-dimensionnés.
  •  » Il n’y a plus de lien entre économie réelle et économie financière »
  • « Vous ne gagnez de l’argent que si le prix bouge, à la hausse ou à la baisse. »
  • Depuis 30 ans deux secteurs ont explosé : le numérique et la banque. Le service bancaire s’est-il amélioré ?…
  • « L’essentiel de l’argent ne va pas dans l’économie réelle. »

35″ – Ce qui a changé ou non depuis la crise de 2008

  • « Le coût a été énorme, mais le système a été sauvé. »
  • « Nous ne sommes pas du tout mieux armés aujourd’hui qu’à l’époque […] On est toujours dans la même situation qu’il y a 10 ans »
  • La régulation a simplement rendu le système plus gros et plus complexe.
  • Il n’y a pas de véritable contrepouvoir, « le pouvoir politique est un nain face à la finance »
  • Les puissants sont plus puissants que jamais
  • « Les patrons de grandes banques ne comprennent plus ce qu’ils font »
  • « Big is dangerous, on ne sait pas gérer l’énormité. »

44″ – Une crise à venir ?

  • Il y a encore plus de crédit qu’en 2008 et ça continue à augmenter… tôt ou tard ça pétera.
  • « L’humanité en prendra plein la figure mais elle s’en tirera »
  • « Comment peut-on maintenir un système aussi pervers pour le bénéfice de si peu de gens? »

52″ – Réformer la finance ?

  • Il faut revenir à la règle de séparation des banques
  • « Contrôlons les produits financiers comme on contrôle les nouveaux médicaments »
  • Le politique ne se réforme pas car son élection ne se joue pas là-dessus…
  • La finance est agnostique, elle peut tout à fait se « verdir ». 
  • « Les instruments dont l’écologie a besoin ne sont pas du crédit et du marché, ce sont des règlementations. »
  • « Le problème c’est la liberté de circulation des capitaux. »

1″02′ – La conclusion personnelle 

  • L’histoire du déclic de l’expérience de la salle des marchés
  •  » Ils ne comprennent rien à ce qu’ils font… le système n’est pas maîtrisable »
  •  » Il y a d’autres fenêtres de tir pour réformer la finance, c’est à ce que je veux travailler « 
  • « Cette finance est en train de détruire un certain nombre de valeurs collectives, là est le danger »

Les livres recommandés par Jérôme :

Pour continuer d'explorer ces sujets :

Si vous avez aimé, abonnez-vous à la newsletter sur le site et au podcast sur votre plateforme préférée et laissez un avis et une note (sur Apple podcast), ça m’aide beaucoup :

#11 – Laurent Levy : nanomédecine

Laurent Levy fait partie de ces entrepreneurs et chefs d’entreprises que je souhaite rencontrer car en plus de réfléchir à la marche du monde, ils contribuent à créer le futur en se confrontant à la réalité du terrain et aux difficultés inhérentes à la concrétisation de ce qui au départ n’est toujours qu’une simple idée. 
Laurent s’est mis en tête il y a des années d’essayer de révolutionner le traitement contre le cancer grâce à la nanotechnologie. Il est aujourd’hui à la tête de Nanobiotix, un des pionniers mondiaux d’une nouvelle discipline que l’on nomme nanomédecine. 
On parle de nanotech donc, du futur de la santé, d’homme augmenté et des promesses de la science en général.

Laurent Levy est Président du directoire de Nanobiotix, Président du conseil de surveillance de Valbiotis et Vice-Président de l’ETPN, plateforme technologique européenne de Nanomédecine.

Sujets abordés dans l'épisode

Nanotechnologie, nanomédecine, transhumanisme, trandisciplinarité, génétique.

Pour s'y retrouver...

 2″ – Qu’est-ce que la nanomédecine ?

  • Exemples d’utilisation des nanotech
  • Nanorobots ?

8″ – Ce que fait Nanobiotix

  • « La particule elle même devient le principe actif »
  • « On amène un mode d’action qui est universel dans le traitement du cancer »
  • « On a montré une supériorité de l’utilisation de notre produit par rapport au standard de soin »

12″ – Une nouvelle ère de la médecine ?

  • « Aujourd’hui la connaissance de la médecine est tellement large que çà ne peut plus être contenu dans une seule tête »
  • Deux grands courants sont en train de se créer : la génétique et la technologie informatique. Culture biologique et culture ingénieur.
  • « Pour moi le transhumanisme existe depuis l’âge des cavernes »

16″ – Transhumanisme

  • « A partir du moment où on commencé à soigner les gens on est dans le transhumanisme » 
  • « Où est la limite entre augmenter l’homme et réparer l’homme ? »
  • « De base l’innovation fait peur »
  • Comment sont gérées les questions éthiques ?
  • « Quand on pense, quand on crée, il faut éliminer la questions de l’éthique, il faut être libre »

23″ – Priorités de la recherches, risque et défis de l’innovation

  •  » S’il n’y a pas de marché c’est compliqué de développer un produit »
  • « Toute innovation a une part de risque »
  • Scenario « grey goo »

30″ – Une vision positive de l’avenir

  •  Informatique quantique
  • « C’est la nature humaine de pouvoir survivre, on trouvera des solutions »
  • « J’ai une vision super positive du futur »
  • La réponse aux problèmes de la limite des ressources?
  • La conquête de l’univers?
  • « On voit de plus en plus d’approches trandisciplinaires » 
  • « Collectivement, il faut apprendre a être flexible et à absorber le changement plutôt que d’essayer de prévoir l’avenir »
 
Le livre recommandé par Laurent :

 

Pour continuer d’explorer ces sujets : 

Si vous avez aimé, abonnez-vous à la newsletter sur le site et au podcast sur votre plateforme préférée et laissez un avis et une note (sur Apple podcast), ça m’aide beaucoup :

Apple Podcasts

Overcast

Deezer

Spotify

Anchor

#10 – Yacine Ait Kaci : l’avenir se dessine

Yacine Ait Kaci, aussi connu sous son pseudonyme d’artiste YAK, est un artiste, notamment connu pour être le créateur d’Elyx, un personnage dessiné dont le compte Instagram est suivi par plus de 110 000 personnes. 

Au travers de son personnage, Yacine travaille sur le rapport entre la fiction et la réalité et s’inscrit parfaitement dans notre époque où l’image est devenu un vecteur d’information omniprésent et ou chacun possède une identité virtuelle qui en complément d’une identité physique. 

J’ai voulu rencontrer Yacine pour parler de la manière dont il voit évoluer ce jeu de l’identité et de l’influence mais aussi pour l’interroger sur son engagement aux côtés de l’ONU dont ELYX est devenu le premier ambassadeur virtuel notamment pour soutenir la communication sur les Objectifs de Développement Durables. 

Sujets abordés dans l'épisode

Artiste engagé, fiction vs. réalité, Objectifs de Développement Durable de l’ONU, Elyx le personnage dessiné créé par Yacine (YAK), la guerre de l’attention et de l’influence, comment expliquer l’avenir aux enfants, intelligence artificielle.

Pour s'y retrouver...

 2″ – Le parcours de Yacine, un travail sur le rapport entre fiction et réalité. 

  • Electronic Shadow, réflection sur le rapport entre la fiction et la réalité au travers d’installations et de jeux sur les perceptions
  • Invention du mapping video 3d sur des installations physique
  • L’invention de morel, roman de Bioy Casares
  • Ombres électroniques, identité numérique et présence virtuelle

6″30 – L’histoire d’Elyx, le personnage dessiné inventé par Yacine

  • Elyx est né du besoin d’un retour à l’essentiel
  • « Elyx : comment avec le minimum de traits produire le maximum d’expressions ou d’émotions ? » 
  • « Il y a deux façons de voir le monde soit rien n’est magique, soit tout est magique » – Einstein
  • Elyx est basé sur 3 caractéristiques que tous les hommes ont en commun : le dessin, l’enfance, le sourire.
  • « L’artiste c’est celui qui montre quelque chose qui est là mais que l’on ne voit pas. »
  • Low tech
  • Elyx est le premier ambassadeur digital des nations unies 
  • « Tout le monde comprend Elyx, je n’ai pas besoin de le traduire » 
  • Livre  « Elyx, Ambassadeur du sourire »
  • Travail sur le sommet de New-York en 2014 pour communiquer de manière originale sur les messages de l’ONU
  • « Elyx est une porte d’entrée simple sur des sujets complexes »
19″ – Les Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’ONU
  • Les 17 objectifs de développement durable (objectifs de l’ONU pour 2030) : «  Les Objectifs de développement durable , également nommés Objectifs mondiaux, sont un appel mondial à agir pour mettre fin à la pauvreté, protéger la Planète et faire en sorte que tous les êtres humains vivent égaux dans la paix et la prospérité, en veillant à ne laisser personne de côté. »
  • De la difficulté de faire la promotion des ODD. 
  • Plateforme du gouvernement français sur les ODD : www.agenda-2030.fr

23″30 – Le livre de prospective publié par Yacine destiné aux enfants, « Bienvenue dans ton monde »

  • Jean-Pierre Goux : épisode 6
  • « Il n’y avait pas de livre destiné aux enfants sur le futur »
  • Un livre de synthèse sur ce qui fera le monde de demain pour pousser à la conversation entre les parents et les enfants. 

31″ – Quelle vision du futur et comment arbitrer entre le positif et le négatif ?

  • Les deux existent : le positif comme le négatif , on est l’ère du « et », du « en même temps ».
  • Les problèmes existent aujourd’hui, le sens de l’histoire c’est de les résoudre..
  • Comment trouver l’équilibre entre la prise de conscience déprimante et l’optimisme nécessaire au passage à l’action ?
  • Paul Watson – fondateur Sea Sheperd
  • « Etre optimiste c’est une attitude face à une situation donnée… c’est une question de récit, une façon de se mettre en mouvement »
  • « Je ne peux pas me résoudre à dire à ma fille que c’est fichu. »

36″ – Comment toucher les gens?

  • Il n’y a pas de réponse unique, chacun est différent
  • « Sur l’attention, on est compétition avec des hauts-parleurs qui nous disent tout va bien »
  • Al Gore – Une vérité qui dérange
  • Qu’est ce qui a mis Yacine en marche ? Comment est-il devenu un artiste engagé ?
  • « Je suis un optimiste offensif »
  • IFS – Institut des Futurs Souhaitables
  • Club de Rome
  • « Ce qui veulent changer les choses sont de plus en plus nombreux et de plus en plus puissants. »
  • Loi de Moore
  • Thomas Piketty sur les inégalités
  • « J’ai une fascination pour le génie humain »
  • « Je ne sais pas du tout où on va, je sais la façon dont je veux générer de l’enthousiasme » 
  •  » On a besoin d’énergie, d’avoir envie. »
  • Qui a inspiré Yacine ?

47″30 – Conclusions sur l’avenir, l’éducation et comment convaincre

  • « Je ne parle pas d’avenir avec ma fille, je m’ancre dans le présent »
  • « Il y a deux  journées inutiles dans la vie d’un homme, c’est hier et demain » – Dalai Lama
  • « Comment touchers les gens? C’est la question que tout le monde se pose… »
  • La société du spectacle, livre de Guy Debord
  • « Cette question de l’influence dans la guerre de l’information qui est menée, c’est aujourd’hui la seule qui compte »
  • « Ce qui m’intéresse c’est ce qui se passe à la fin du film, ça se termine bien, et après…»
Le livre recommandé par Yacine :
 
Si vous avez aimé, abonnez-vous à la newsletter sur le site et au podcast sur votre plateforme préférée et laissez un avis et une note (sur Apple podcast), ça m’aide beaucoup :

#9 – Nathalie Bastianelli : la Chine côté clair

Les chinois sont-ils les gens les plus optimistes du monde ?

Apparemment oui, ou pas loin de l’être, selon l’étude que l’on regarde. Les chinois (avec les indiens) sont ceux qui voient le plus l’avenir en rose.

Vu de France cela peut surprendre : la Chine n’est-elle pas ce pays surpeuplé, pollué au point que certains endroits deviennent tout simplement invivables, dirigé par une classe corrompue qui prive le peuple de ses droits et les brime ?

Pourtant d’après une étude récente (baromètre de confiance Edelman) 84% des chinois interrogés affirment avoir confiance en leur gouvernement, plus que dans tout autre pays étudié.

On peut arguer que les dés sont pipés et que l’information, peut-être davantage filtrée qu’ailleurs, ne permet pas au chinois moyen d’y voir clair. C’est certainement vrai. Mais le fait est aussi que le miracle de la croissance chinoise des 30 dernières années est une réalité : au total ce sont 850 million de personnes qui ont été sorties de la misère ; on est passé de 88% de la population vivant sous le seuil de pauvreté en 1981 à moins de 2% aujourd’hui, avec en prime la mise en place de services sociaux de bases (sécurité sociale, éducation publique) plus rapidement que dans n’importe quel autre pays de l’OCDE et la structuration d’un état moderne et performant.

Et les plans de développement pour les années à venir (One Belt One Road, ou Made in China 2025 pour n’en citer que deux) sont d’une ambition à peine croyable, pour faire de la Chine LE pays phare de ce siècle.

Tout n’est pas parfait bien-sûr, loin de là, mais là où nous avons souvent tendance à ne voir que du gris, les chinois y voient du rose, ou du bleu, ou du rouge (de plus en plus tout de même), bref, des nuances.

C’est de ce paysage nuancé dont j’ai voulu parler et Nathalie Bastianelli m’a semblé être la personne parfaite pour cela.

Nathalie est la fondatrice du forum WeBelong qui se déroule chaque année à Shanghai et Pékin, rassemblant des acteurs chinois et internationaux pour échanger des solutions et promouvoir un style de vie et des modes de consommation durables. 

Car oui c’est aussi en Chine que les nouveaux modes de consommation passent à l’échelle plus vite qu’ailleurs, que la transition énergétique se met en place à marche forcée – et aussi que l’on ouvre le plus de centrales à charbon et de réacteurs nucléaires, croissance folle oblige -, que la grande majorité des panneaux solaires, éoliennes et autres joujoux « propres » modernes sont produits, que l’on extrait les terres rares indispensables aux nouvelles technologies (voire l’épisode avec Philippe Bihouix sur le sujet) et que l’on invente la ville du futur…

Un tableau que nous dépeint Nathalie dans cet épisode de Sismique, avec un optimisme de volonté.

Sujets abordés dans l'épisode

Pollution en Chine, transition énergétique, économie verte, nouveaux indicateurs, bonheur national brut, crédit social, modèle de développement, économie du partage, ouverture de conscience, changement de vie

 

Pour s'y retrouver...

4″ – Ce que fait le gouvernement en Chine contre la pollution
  • « Les défis écologiques en Chine ont pris une telle ampleur que c’est devenu un enjeu de survie »
  • « La lutte contre la pollution est devenue un enjeu majeur, c’est un enjeu de stabilité sociale »
  • Programme « vers une civilisation écologique »
  • Bonheur national brut
  • « De mi-octobre à mi-mars, la gouvernement a fermé 18000 usines autour de Pékin »
  • « SI tous les pays étaient sur la même dynamique que la Chine nous n’aurions aucun soucis à nous faire »
  • Made in China 2025: passer de la quantité a la qualité
  • « Les critères écologiques pour implanter une nouvelle usine sont plus sévères qu’en Europe¨ » 
 
10″30 – We Belong, des exemples d’initiatives positives
 
12″30 – Les clichés sur la Chine; le chinois se mobilisent contre la pollution
  • « On ne dit pas assez a quel point les gens se mobilisent pour développer des solutions et les mettre en œuvre »
  • « Je suis très interpellée par la jeunesse chinoise »
  • Veg Planet – promotion de la nourriture Vegan
  • « L’objectif du gouvernement est de diminuer de 50% la consommation de viande en Chine »
  • ZeroWaste pékin
 
16″ – Le modèle de développement écologique pour les chinois ?
 
24″ – Redonner du sens
  • « Je ne crois pas au changement dès lors où il n’y a pas changement à l’intérieur de soi »
  • « La créative et la beauté font aussi partie du changement » 
  • « Les gens ont besoin de redonner du sens »
 
26″ – Le parcours de Nathalie
  • De l’événementiel sportif au développement durable
  • Le déclic : « ouvrez-vous au renouveau »
  • Rio+20
 
30″ – La vision de l’avenir de Nathalie et des chinois qu’elle connait
  • « J’ai appris à ne plus vivre avec la peur »
  • « J’ai envie d’être optimiste car je vois les nouvelles générations se mobiliser »
  • « C’est la seule génération depuis le début de l’histoire de l’humanité qui vit avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, et ça, ça change tout. » 
  • « Reconnecter les gens au cœur est une forme d’innovation » 
  • Pierre Rabhi : chacun doit faire sa part
  • « Les chinois voient du progrès dans leur quotidien » 
  • Crédit Social mise en place en Chine en ce moment
  • « On pouvait s’attendre à un relâchement politique et en fait c’est l’inverse qui se passe »
 
38″ – Signaux faibles ? 
  • « Un signal faible très important est que les gens commencent à développer une conscience différente »
  • « Les marques non durables ne seront plus présentes sur le marché d’ici avant 25 ans »
  • Le véganisme devient cool en Chine
  • Une onde de choc : la surprise du succès de l’événement WeBelong
 
46″ – On raconte quoi aux enfants ?  Prochain projet pro?
  • « Ma priorité  est de leur apprendre à vivre en conscience »
  • Un livre à venir sur les éco-gestes universels pour apprendre à prendre soin…
  • Prochain We Belong : 12/13 oct 2018 
  • Jean-Pierre Goux
  • « Il n’y a pas de limite à la créativité, tout est possible »
  • « Je veux croire au réveil »
  • « C’est impossible, dit la fierté. C’est risqué, dit l’expérience. C’est sans issue, dit la raison. Essayons, murmure le cœur… et je suis convaincu que nous allons tous essayer », poème de William Arthur Ward
 
Les livres recommandés par Nathalie :
 
Si vous avez aimé, abonnez-vous à la newsletter sur le site et au podcast sur votre plateforme préférée et laissez un avis et une note (sur Apple podcast), ça m’aide beaucoup :

#8 – Judith Grumbach : changer l’école, une idée folle?

Changer l’école, une idée folle?

« Sismique parce que ça bouge et parce que demain ne ressemblera pas à aujourd’hui »… J’essaie de garder en tête ce qui pourrait être une sorte de ligne éditoriale et qui me guide dans le choix des sujets et des invités.

Au travers de ce podcast je veux explorer les sujets qui me semblent essentiels pour bien anticiper les années à venir en essayant de mettre en lumière ce dont on ne parle pas assez, ou pas assez longtemps.

Qu’est-ce qui va avoir le plus d’impact sur nos vies et nos sociétés ? Qu’est-ce qu’on ne voit pas venir ? Comment on se prépare ? 

Dans les premiers épisodes j’ai voulu me concentrer sur la problématique écologique, sur le « système terre » comme certains l’appellent, et poser les bases d’une réflexion sur les limites de nos ressources, sur le climat et sur les grands enjeux à l’échelle planétaire. 

Ces enjeux sont selon moi les plus importants de notre siècle et aucun exercice de prospective ne peut se faire sans en tenir compte tant cette grande dérive systémique aura un impact sur tout ce qui est fondamental (alimentation, biodiversité, climat, flux migratoires, géopolitique, énergie, transport…). 

Je vais bien-sûr continuer d’explorer avec d’autres invités ces questions mais je vais aussi ouvrir d’autres sujets qui ne sont pas directement liés à ces problématiques « environnementales ». Je pense à la technologie en particulier mais aussi aux problèmes de sociétés au sens large, à l’économie, la finance, le développement personnel…

Mon idée est d’essayer de faire le lien entre tous ces sujets, de voir ce qui se recoupe, quelles sont les interactions, les causes et les conséquences. 

Pour cet épisode 8 j’ai voulu revenir aux fondamentaux, à la base du monde de demain, là où finalement il prend sa source et se construit déjà jour après jour, à l’école. 

Judith Grumbach n’est ni une enseignante, ni une spécialiste de l’éducation et c’est peut-être justement ça qui est intéressant, ce regard extérieur.

Elle a pris sa caméra et pour aller à la rencontre de ceux qui tentent de réinventer l’école française et en a fait un documentaire, « Une idée folle », qui l’a ensuite amené sur les routes de France à la rencontre d’enseignants, d’experts, de parents et d’enfants qui se posent la question du rôle de l’école au 21e siècle.

Tous font un rêve fou, celui de former une future génération de citoyens épanouis et responsables qui auront à cœur de transformer positivement la société qui les entoure. 

Sujets abordés dans l'épisode

Déclic citoyen, le rôle de l’école, confiance, bienveillance, rapport adulte-enfant, classements internationaux, fondamentaux, considération des enseignants…

Pour s'y retrouver...

1:30 –  Qui est Judith et pourquoi elle s’intéresse à l’éducation ?

  • Le déclic : les attentats de janvier 2015
  • Ashoka
  • L’histoire du documentaire de Judith
  • « Tout le monde peut être un acteur de changement, tout le monde peut faire quelque chose là où il est »
  • « Essayer de faire comprendre aux enfants qu’ils ont déjà un impact quand ils sont tout petit »

6 – Diagnostic de l’école et défis pour ce début siècle

  • « Je ne suis pas une experte, je suis juste une citoyenne qui s’intéresse à cette question-là et qui pense qu’on a vraiment besoin d’un débat sur la question… je raconte juste ce que j’ai vu »
  • « Beaucoup d’enseignants se sentent extrêmement seuls »
  • L’enjeu auxquels on va devoir faire face
  • « On ne sait rien du futur… on est juste sûr que le futur est incertain et on ne fait qu’entrevoir les défis auxquels ils vont devoir faire face »
  • « Apprendre à apprendre « 

10 – Les fondamentaux ? 

  • « Il n’y a aucune opposition entre connaissance et compétence » 
  • « Si on ne sait pas écrire et compter on n’est pas vraiment libre »

12:30 – Quelle définition pour l’école ? 

  • « On passe très peu de temps à avoir un débat sociétal sur ce qu’on attend de l’école… tant qu’on ne se met d’accord là-dessus on a du mal à avancer dans une même direction
  • Ken Robinson
  • Jérôme Saltet
  • De l’importance de se fixer un cap sur le long terme. L’exemple de l’école finlandaise. 
  • « Le temps de l’éducation ne peut pas être celui du politique »

15:30 – Qu’est-ce qu’il faudrait faire pour améliorer l’école française

  • « La première chose à faire c’est de valoriser les enseignants… et les encourager à chercher par eux-mêmes »
  • Expérimenter et apprendre aux enfants à être des « chercheurs »
  • L’enjeu de la formation des enseignants
  • « Il faut permettre aux enseignants de s’ouvrir à plusieurs façons de faire » 
  • La question du passage à l’échelle
  • « Il y a un projet d’établissement derrière toute l’équipe est engagée… ça c’est la spécificité des établissements qui fonctionnent bien »
  • « Aujourd’hui les enseignants ne sont pas formés à travailler les uns avec les autres »

22 – Un problème de méthode ?

  • « La question ce n’est pas tellement combien on investit mais comment et où »
  • Méthode Montessori
  • Confiance, bienveillance, rapport adulte-enfant, respect
  • « C’est une honte la façon dont on considère les enseignants en France… c’est un métier extrêmement exigeant »
  • Le mythe de l’enseignant fainéant…
  • On ne pas demander toujours plus à des gens à qui ne dit jamais merci

27 – La compétition internationale et les critères d’évaluation ?

  • « L’enjeu de l’école n’est pas d’arriver en tête du classement PISA »
  • Classement Pisa
  • « D’abord on apprend à se connaitre, à gérer ses émotions, ça c’est la base »
  • « Au lieu de parler de compétition, on ferait mieux de parler de coopération… vu la complexité des problèmes à venir on va être obligés de coopérer « 

32 – Prochains projets et retour d’une tournée de projection en France ?

  • Valoriser les enseignants
  • « Faire des films qui sont des outils de conversation »
  • « Il y a un mélange de gens qui une volonté de faire des choses et de gens qui n’en peuvent plus »

35 – Quelques exemples concrets vus sur le terrain et une anecdote personnelle

  • Matali Crasset 
  • « On se prend à imaginer a quoi ressemblerait la société sur tous les enfants passaient par la (ces écoles qui fonctionnent idéalement)
  • Une histoire de retrouvaille entre Judith et sa maîtresse de CP… 

40 – Message du futur

  • « Arrêtez de tergiverser, allez-y ! »
  • « Ce qui m’inquiète c’est de me dire que cette urgence de changer les choses n’est pas suffisamment prise en compte. »

Le livre recommandé par Judith : Sapiens, pour changer de perspective sur le monde…

Merci d’écouter cet épisode et si vous avez aimé, abonnez-vous à SISMIQUE sur votre plateforme préférée et laissez un avis et une note (sur Apple podcast), ça m’aide beaucoup :

#7 – Philippe Bihouix : l’âge des low tech

L’âge des Low tech est aujourd’hui une des références les plus citées par ceux qui essaient de comprendre les enjeux de demain et c’est donc naturellement que j’ai voulu dialoguer avec son auteur Philippe Bihouix.

J’ai fini le livre quelques minutes seulement avant notre interview et je lui pose des questions toutes fraiches pour m’éclairer sur certains points et le faire parler sur ce qu’il me semble interessant de faire connaitre aux auditeurs de Sismique. J’ai parfois été surpris par ses réponses plus nuancées qu’attendu et suis ressorti de là avec le sentiment que tout était possible.

Le sujet est passionnant et mérite d’être approfondi davantage tant nous connaissons mal la manière dont sont fabriqués tous les produits que l’on consomme et la quantité de ressources nécessaires à notre mode de vie.

 

De quoi parle-t-on?

2.00 – Pourquoi Philippe s’est mis a écrire des livres

 

5.45 – On fait le point sur les métaux, les réserves, les terres rares… 

  • « Il n’y pas forcement de gros problème de réserve à court terme. »
  • « Il y aura pénurie à un moment, la question c’est quand. »
  • « On n’a pas une énergie infinie, on n’a pas de métaux infinies, et donc on est pris dans un cercle vicieux : les métaux réclament plus d’énergie et l’énergie réclame plus de métaux. »
 

14 – Les énergies renouvelables sont gourmandes en métaux

  • «  On ne peut pas monter à 100% de taux de recyclage. »
  • «  Plus on va vers des hautes technologies plus il est difficile de recycler. »
 

18 – Un futur high tech ? 

  • Lewis Mumford : la religion de la technologie
  • La nouvelle Atlantide, livre de Francis Bacon
  • Loi de Moore
  • «  On ne vit pas dans une société post-industrielle on vit dans une société hyper industrielle. Les économistes qui écrivent le contraire ne sont pas dans les campagnes chinoises… »
  • «  On a déporté la pollution à l’extérieure de la ville »
  • «  On a une impression de dématérialisation qui est complètement fausse »
  • «  Les objets connectés vont provoquer des besoins effrayants en terme d’énergie… et ça ne sera pas pour sauver la planète »
  • Estimation de la consommation énergétique du « cloud »
 

25 – Les enjeux géopolitiques autour des ressources minières ? 

  • La guerre des métaux rares, livre de Guillaume Pitron
  • «  J’ai du mal a accrocher avec l’idée de relance minière en France »
  • «  Notre indépendance envers la Chine n’est pas juste sur les terres rares… »
  • «  Si la Chine décide d’arrêter de nous envoyer des smartphones on va tous pleurer très fort, mais le problème est bien plus large »
  • «  Une mine n’est jamais propre, je n’aime pas ces arguments de relance minière »
  • «  Moins de 10 % de l’or mondial est utilisé dans l’industrie, le reste sert à faire des lingots… »
  • «  Pour faire monter le recyclage il faut faire monter le prix des ressources »
  • «  Dans un smartphone il y a moins de 2 euros de matière première »
 

32 – Décroissance et low tech comme solution ? 

  • Low tech
  • Shumacher
  • Paradoxe de Jevons (effet rebond)
  • «  Si on ne va pas vers ça, on ne sera pas vraiment soutenable parce qu’on continuera d’être dépendant des ressources. »
 

38 – Arrêter de gâcher. Des exemples simples.

  • «  On mise tout sur l’innovation techno alors qu’il y a une foultitude d’autres types d’innovation… »
  • «  Les low tech c’est un appel à ça, attention il n’y a pas que des innovation techno »
 

41 –  Les raisons souvent avancées pour ne pas changer sont elles bonnes?

  • Théorie du déversement d’Alfred Sauvy
  • Schumpeter
  • «  La croissance ne doit pas revenir parce qu’on n’arrive pas à découpler la croissance et la consommation de ressources et d’énergie. »
  • “Il faut refaire des exploitations agricoles à taille humaine”
 

45 – Le dilemme du prisonnier : le premier qui bouge est perdant.

  • Parallèle avec l’abolition de l’esclavage par l’Angleterre. Il faut que que quelqu’un bouge en premier.
  • “Un pays peut-il entrer tellement en transition sans que tous les autres le fasse? Oui mais il faut se protéger.”
  • L’importance du combat normatif.
 

51 – Qu’est-ce qu’il faut faire concrètement?

  • 4 niveaux d’action : personnel, territorial et local, étatique (fiscalité, financement de l’innovation, école), diplomatique
  • Tony Seba
  • Oppenheimer
 

59 – Quel futur?

Et la recommandation de lecture de Philippe :

Merci d’écouter cet épisode et si vous avez aimé, abonnez-vous à SISMIQUE sur votre plateforme préférée et laissez un avis et une note (sur Apple podcast), ça m’aide beaucoup :

#6 – Jean-Pierre Goux : éveiller les consciences

J’ai lu Siècle Bleu, le roman en deux tomes de Jean-Pierre Goux il y a maintenant deux ans, j’ai vu ses interventions à la télé et son TED talk, et je me suis dit dès le début de mes réflexions sur le concept de Sismique qu’il devrait faire partie des premiers invités. 
 
Jean-Pierre pense le monde de demain depuis des années et s’est dit très tôt que notre avenir collectif dépend en grande partie de notre capacité à préserver le « vaisseau Terre ». 
 
 Qu’est-ce qui peut déclencher la prise de conscience que l’on vit dans un monde fini et fragile et qu’il faut changer nos comportements individuels si l’on veut le préserver ?
 Voici la question qui le passionne, celle du déclic, de l’éveil individuel et collectif qui seul peut permettre un changement profond et durable. 
Jean-Pierre cherche des pistes de réponses dans notre rapport à l’énergie et aux ressources et dans le récit qu’il faut créer pour nous projeter dans l’avenir de manière positive et active. 
Merci à Anouck Rayé pour l'illustration !

De quoi parle-t-on?

2.00 – L’origine de la vocation de JP Goux
 
4:15 – Le futur? Nous sommes dans le Siècle Bleu…
  • « Le grand enjeu c’est que l’homme parvienne à une forme de maturité… c’est l’harmonie entre les humains »
  • « On est dans le siècle où tout est possible et dans le siècle où on n’a pas non plus le droit de se tromper. »
 
7:00 – Pourquoi JP Goux s’intéresse de près à l’énergie ?
  • « Quand on regarde la raison pour laquelle la planète est en surchauffe, derrière on trouve l’énergie » 
  • « Quand on a trouvé les énergies fossiles c’est comme si on avait trouvé un deuxième soleil enfoui. » 
  • Vers la sobriété heureuse,  livre de Pierre Rabhi
  • « La transition hors du fossile est nécessaire mais la vraie transition ce sont les économies d’énergie »
 
10:30 – Des ressources limitées
  • « On aura des successions d’effondrements, par îlots, c’est ce qui risque de se passer »
  • L’âge des low Tech, livre de Philippe Bihouix
  • Biomimétisme, livre de Gauthier Chapelle 
  • «  On a beaucoup utilisé notre sous-sol donc on est très dépendants, c’est une des impasses stratégiques de l’Union Européenne »
  • One belt, one road, la nouvelle Route de la soie
 
14:00 – Les solutions aux problèmes énergétiques de demain ?
  • Fusion nucléaire
  • Projet ITER, équivalent américain National laboratory
  • « Il n’y aura pas de transition sans épanouissement humain, la transformation sociétale est importante mais la transformation personnelle aussi. »
 
17:00 – Le Siècle Bleu
  • « Les choses qui m’ont le plus fait rêver et le plus changer, ce sont des romans »
  • « J’ai mis en scène des héros qui ont les valeurs nécessaires pour réaliser cette transition : le courage la ténacité, les rêves et une certaine ouverture au hasard. »
  • « On a une crise narrative totale, notre récit est encore celui d’après-guerre qui est un récit de reconstruction qui n’a plus de sens aujourd’hui »
  • «  Le phénomène mafieux est un impensé de la société parce que c’est enseigne nulle part… Si on ne s’attaque pas à ce problème là il n’y a pas de transition possible »
 
27:00 – L’overview effect
 
40:00 – Le rôle de notre génération
  • « Le plus important ce sont les liens… » 
 
44:30 – Comment mobiliser?
  • « Si on n’arrive pas à mettre un visage sur l’ennemi c’est très difficile de mobiliser les gens »
  • « Vouloir détruire le système n’est pas la meilleure façon de faire si l’on veut en construire un autre »
  • « Les techniques de méditation laïques sont une des clés du changement à très grande échelle »
  • « S’il faut attendre que tout le monde ait conscience qu’il y a un problème pour agir on n’y arrivera pas »
  • Margarette Mead
  • « Il faut redonner à ces entrepreneurs de la transformation, à ces visionnaires la foi et l’énergie d’aller jusqu’au bout. »
  • « Il n’y aura pas une transition il y aura un million de transitions avec des gens qui feront des choses  l’échelle de leur quartier, de leur pays ou de planète… chacune de ces transitions est un chemin de croix. »
  • Aaron Swartz
  • Demain, film de Cyril Dion et Mélanie Laurent
  • « La chose sur laquelle je réfléchis le plus en ce moment c’est comment amener les gens à accomplir leur rêve » 
  • « Se forcer à changer ses habitudes sans se changer soi-même, sans se connecter différemment à son futur ça ne marche pas, parce que ce n’est pas durable »
  • Green washing
 
1:01:00 – Ce qu’il faut dire aux enfants et livres à lire
 
Merci d’écouter cet épisode et si vous avez aimé, abonnez-vous à SISMIQUE sur votre plateforme préférée et laissez un avis et une note (sur Apple podcast), ça m’aide beaucoup :
 

#5 – Cédric Ringenbach : l’avenir du climat

Le problème du réchauffement climatique est maintenant clairement admis et défini par la communauté internationale comme une des grandes priorités de ce début de siècle. 

Les causes en sont désormais identifiées avec quasi certitudes (ie: les gaz à effet de serre émis par l’homme) et les conséquences commencent déjà à se faire sentir un peu partout avec un impact sur l’ensemble du « système monde »: dérèglement du climat, montée des eaux, perturbations des écosystèmes vivants, baisse des rendements agricoles… 

Notre capacité à modifier le cours actuel des choses et à limiter ces dérèglements sera décisive pour préserver un environnent vivable et conditionne notre futur. 

Pour mieux comprendre ce sujet central, je reçois Cédric Ringenbach, un spécialiste du climat qui a passe des années à étudier et à expliquer tout ce qui se dit et s’écrit sur ces questions. 

Cédric a durant 6 ans été le directeur du Shift Project, un groupe de réflexion qui a comme vocation d’éclairer le monde des décideurs économiques et le monde politique sur les questions d’énergie, de climat et de transition vers un monde post-carbone. 

Nous parlons des différents scénarios climatiques pour les décennies à venir, des causes du réchauffement, de la COP21, du lien entre énergie et croissance et des convictions de Cédric sur notre avenir.

De quoi parle-t-on ?

2:00 – Le parcours de Cédric

4:30 – Qu’est ce que le GIEC et quel est son diagnostique sur le climat et quelle est sa méthodologie ?

  • «  Il y a un réchauffement, c’est bien l’homme qui en responsable et si on continue les conséquences sont catastrophiques »
  • Forçage radiatif: approximativement défini comme la différence entre l’énergie radiative reçue et l’énergie radiative émise par un système climatique donné
  • 5e rapport du GIEC
  • G20 Copenhague
  • «Les scientifiques n’ont jamais dit qu’il ne fallait pas dépasser 2 degrés… ce sont les politiques qui ont décidé de ne pas dépasser 2 degrés»
  • Les 3 groupes de travail du GIEC : l’analyse du climat / les questions d’adaptation / comment agir
  • «Les premiers sceptiques sont les scientifiques eux même, on ne considère jamais une théorie à 100% valable»
  • 1er principe de thermodynamique

11:30 – Le réchauffement est dû à l’homme !

  • «On est sûr à 95% que l’homme est responsable du changement climatique, concrètement personne n’en doute »
  • « Tout le CO2 émis par l’homme depuis 1975 est égale à ce qui a été émis avant 1975 par toute l’histoire de l’humanité »

13:30 – Points de rupture ou « tipping points ». L’exemple de la fonte du permafrost

  • « Ce sont des quantités monstrueuses de méthane si le permafrost se met à fondre »
  • « Le méthane est 25 fois plus puissant sur un siècle et 100 fois plus puissant à court terme »

16:00 – Les sujets incompris sur le climat

  • «  ll ne faut pas en vouloir aux climato sceptiques, le déni est une réaction normale de survie… on croit la première personne qui nous dit quelque chose qui nous rassure »
  • «  On n’est plutôt sur un trajectoire qui nous amène à +3/4 degrés en 2100 »

19:30 – Décalage entre émissions et dérèglement

  • « Ce qui se passe entre maintenant et 2050 est déjà écrit. »
  • « Le jour ou on verra les émissions baisser sur plusieurs années de suite, ce sera une grande victoire… on n’y est pas du tout. »

22:00 – Petites histoires de la COP21 et ce qui est fait depuis

  • «  Il faut regarder le verre à moitié plein… ce n’était pas gagné d’avance du tout. »
  • « On continue d’émettre toujours plus, les émissions n’ont pas baissé. »
  • « Chaque pays doit mettre en place son plan climat… et là on voit qu’on rentre dans le dur. »

26:30 – Le découplage et l’énergie

  • Découplage énergétique
  • «  Un vrai découplage c’est réussir à baisser les émission pendant que le PIB augmente »
  • «  L’énergie est toujours à environ 80% fossile, on fait donc difficilement de l’énergie sans faire du CO2 »

29 – Que faire pour sauver le climat ? Est-ce possible ?

  • « Développer les énergies bas carbone pour sauver le climat c’est passer à côté de l’essentiel…il faut revoir de fond en comble le système économique »
  • «  Les scénarios à 2 degrés du GIEC sont extrêmement optimistes (sur le découplage)…ils sous estiment l’importance de l’énergie comme facteur de production dans le système économique…Ce sera beaucoup plus dur que ce qu’ils anticipent. »
  • «  Les scénarios du GIEC sont tous des scénarios dans lesquelles il y a de la croissance… Comment on peut y croire? »

35:00 – Pourquoi on n’y arrive pas?

  • «  J’ai vécu dans mes tripes de faire du lobbying et de voir à quel point on n’arrive pas à faire bouger les choses… »
  • Thermodynamique de l’évolution, livre de François Roddier
  • « Chaque individu, chaque organisation est optimisé pour maximiser son bien-être et pour croître… On aura beaucoup de mal à lutter contre ça, contre ce que nous sommes, contre notre nature. »
  • « Vouloir baisser notre empreinte énergétique va à l’encontre de nos aspirations naturelles. »
  • « Il faut revoir de fond en comble la manière dont fonctionne l’économie. »
  • « Ce n’est pas simple du tout de changer son propre mode de vie pour avoir un impact positif. »

40:00 – Retour à la terre

  • Comment tout peut s’effondrer – Pablo Servigne
  • « Une bonne partie des émissions de l’agriculture est liée à la viande que l‘ on consomme. Pour un kilo de viande c’est 1500L d’eau… »
  • «  On fait manger aux vaches des céréales alors qu’elles sont herbivores, cherchez l’erreur… »
  • «  On vit dans un monde qui nous éloigne de la Terre Mère, de ce qui nous fait vivre. »

45:00 – Ce qui risque de se passer

  • «  Il me semble assez inéluctable que ça ne va pas bien se passer… »
  • «  Avant la fin du siècle il y a des choses très graves qui se passent en terme de rendements agricoles et du coup en terme de migrations… on est totalement incapables de gérer ça. »
  • « Ce que l’on va voir arriver ce sont peut-être plus des crises économiques qu’énergétiques ou climatiques»
  • « Rapport du club de Rome (dit Meadows), les limites à la croissances : au cours du siècle il va y avoir une baisse de la production industrielle, une baisse de la production alimentaire et en conséquence une baisse de la population. »
  • «  Ce qui m’intéresse aujourd’hui c’est de réfléchir à ce qu’il peut se passer et à ce qu’il faut faire pour introduire de la résilience à un maximum d’endroits. »
  • « Dans un monde qui part en vrille, ce qui me fait le plus peur c’est de perdre mon humanité. »

51:30 – Bio-Ingénierie

  • Il y a deux grandes familles de bio-ingénierie :
    • Enlever le CO2 de l’atmosphère
    • Jouer sur l’albédo, c’est à dire renvoyer de la lumière du soleil dans l’espace
  • « Il ne faut surtout pas se dire que c’est ça la solution. »

55:30 – Les livres recommandés par Cédric

Merci d’écouter cet épisode et si vous avez aimé, abonnez-vous à SISMIQUE sur votre plateforme préférée et laissez un avis et une note, ça m’aide beaucoup :

#4 – Cécile Wendling : l’art de la prospective

Essayer de prévoir le futur, de jouer à deviner de quoi demain sera fait, est un exercice difficile et l’histoire nous montre à posteriori que génération après génération ceux qui s’y sont essayé se trompent bien souvent. 
Cécile Wendling fait partie de ceux qui, au quotidien, continuent de se poser la question de l’avenir, car malgré la difficulté et la complexité de la tâche, anticiper ce qui peut se passer pour mieux s’y préparer est plus que jamais devenu essentiel. 
 
Cécile est docteur en sciences politiques et sociales, aujourd’hui Directrice de la prospective du groupe Axa, leader européen de l’assurance. Elle a précédemment travaillé pour le gouvernement français et pour la Commission Européenne sur l’anticipation des risques et des crises.  

Nous parlons de l’histoire de la prospective, de la manière dont les états et les entreprises anticipent le futur, et de sa vision éclairée de ce qui nous attend dans les années à venir.

De quoi parle-t-on?

1:00 Qui est Cécile Wendling et quel est son parcours: prospective et risque
8:00 Histoire et définitions de la prospective
13.00 Est-ce difficile de prévoir le futur? Est-ce qu’on se trompe vraiment tout le temps?
16.30 Nouvelles méthodes de prospective: pari, big data et neurosciences
20.10 Est-ce qu’on sait gérer la nouvelle complexité du monde? Comment distinguer le signal du bruit? Les biais de la prospective et comment passer de la stratégie à la prospective pour mieux innover ?
22.00 Cas Kodak, les freins à l’adaptation
24.00 Pourquoi on se trompe sur nos prédictions? Est-ce que la méthodologie a évolué pour s’améliorer. La méthode contrefactuelle et les freins organisationnels et culturels.
30.00 Les enjeux de la prospective en Europe et en France
34.30 L’Europe est elle bien positionnée sur les tendances de demain?
37.00 Qu’est-ce que ça veut dire d’investir dans le monde de demain ?
38.00 Les enjeux pour les entreprises, qu’est-ce qui fait qu’une entreprise s’adapte ou pas et quels sont les leviers? Survi, croissance et rôle dans la société. Humains et environnement externe
41.00 Les sujets clés à travailler dans le monde de l’assurance et comment on s’y prend? Qu’est ce qu’on assurera demain? L’exemple du véhicule autonome.
46.30 Qu’est ce qu’on ne voit pas venir ? Les ruptures sociales, inégalités, écologie…
49.00 Pourquoi on n’arrive pas à changer
51.30 Notre époque est elle différente?
54.30 Ce qui peut fondamentalement changer sur les 15 prochaines années. L’exemple de la voix.
1.02:00 La vision du monde de Cécile à 20 ans et ce qui rend Cécile pessimiste : étroitesse d’esprit, manque d’éthique et abandon
1.04:00 Ce que Cécile a changé dans sa vie: Yoga et méditation et ouverture aux autres…
1.06:00 Ce qu’il faut faire pour éduquer ses enfants et les préparer à l’avenir: pas de stéréotypes, pas d’écran, laisser les enfants s’ennuyer.

Les ressources et personnes citées

Extraits

« Les choses n’existent pas, c’est nous qui avons une construction sociale de ce qui peut être vu comme une menace ou comme un risque. »
« La prospective vient des milieux de la défense. »
« Le futur n’existe pas, le futur se construit tous les jours, et ce sont plein de micro décisions agrégées qui vont faire que le futur va apparaître dans un sens ou un autre. »
« La technologie est plus facile à anticiper que le social »
« La prospective c’est anticiper des ruptures qui ne sont pas celles que l’on a connues.»
« Comment fait-on pour distinguer le signal du bruit ? Ça reste compliqué… »
« On a tendance à penser l’avenir avec les schémas mentaux d’aujourd’hui. »
« On a du mal à imaginer quelque chose qu’on n’a jamais vu. »
« On anticipe l’avenir en fonction du passé que l’on a déjà vécu. »
« Il faut continuellement se projeter à horizon 10 ans, il faut continuellement construire cette vision du long terme »
« C’est parce qu’on a fait des scénarios qu’on peut mieux distinguer le signal du bruit »
« Sur le réchauffement climatique il y a des positions des européens qui sont extrêmement courageuses et qui vont changer le monde de demain »
« Il y a un imaginaire collectif à réenchanter vis-à-vis de l’avenir »
« On ne peut pas savoir sans essayer »
« Je ne crois pas que sur le long terme une société des inégalités soit viable ; confiance, solidarité, sont des mots extrêmement importants, on ne travaille pas assez sur l’avenir de la solidarité, du lien social… »
« Les gens vivent comme si nos ressources étaient infinies, il y a un décalage entre les études que l’on peut lire sur ces questions et nos pratiques, et l’on n’arrive pas à changer »
« Tant que ça nous demande un effort, on va faire le choix facile. On est conditionné à aller au plus simple, on perd du sel de la vie. »
« On va vivre dans monde de code et d’interfaces… Qu’est-ce que ça veut dire que se simplifier la vie ? C’est une question qu’il va falloir que l’on se pose. »
« Notre époque est différente car ne nous ne sommes pas le même nombre d’humains sur la planète et que l’on commence à voir les effets de nos modes de vie, ce n’est pas comme il y a 30 ans ! »
« L’esprit critique est une compétence non automatisable »
« Ce qui fait qu’on trouve du sens dans nos vies c’est qu’on sait où on va »
« Transmettre cette vision du temps long, ça nous évitera des accidents, ça nous permettra un projet commun et se poser pour construire ensemble, c’est beau… »
« Je suis une pessimiste qui se soigne »
« Ce qui me rend pessimiste c’est l’étroitesse de nos schémas de pensée. Plus on avance plus on l’impression d’accéder à toute l’information mais en fait on accède à une information de plus en plus étroite. Ma peur c’est la fin de cette diversité. »
« L’absence d’éthique me rend aussi pessimiste. »
« La diversité, c’est ce qui peut nous sauver et ça commence par soi-même aller au contact de gens très différents ; et en fait aujourd’hui c’est de plus en plus compliqué…il y’a de moins en moins d’arènes pour se croiser »
« S’ennuyer devient un geste rebelle »

Merci d’écouter cet épisode et si vous avez aimé, abonnez-vous à SISMIQUE sur votre plateforme préférée et laissez un avis et une note, ça m’aide beaucoup :