Julien

Alexandre Boisson : rendre la société résiliente

Qu’est-ce qu’on ne voit pas venir ? 
Qu’est-ce qu’on ne comprend pas bien quand on se contente de regarder les informations qui viennent à nous, les images et discours médiatiques convenus, quand on n’essaie pas de diversifier ses sources ? 
A quoi n’a-t-on pas accès si on ne va pas sur le terrain, si on ne se frotte pas à la réalité physique, sensorielle des choses ? 
 
Nous vivons tous dans nos bulles, qu’on le veuille ou non. Bulles d’information, bulles de classe sociale, bulles géographiques, bulles culturelles et linguistiques… Il faut juste en avoir conscience pour pouvoir relativiser ce qui vient à nous et nuancer les opinions que l’on se forge. 
En faisant ce podcast, je cherche à aller chercher ce à quoi je n’ai pas accès seul, je modifie ma vision du monde et de l’avenir au contact d’autres qui ont une expérience différente de la mienne. Plus cette expérience est différentes plus elle m’enrichie, car elle me bouge dans mes schémas et mes convictions. Alexandre Boisson fait partie de ces gens au parcours atypique (et donc passionnant), aux idées ancrées dans le vécu et à la recherche d’une forme de cohérence, qui me fascinent.
 
Alexandre a été policier, puis garde du corps de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy avant de claquer la porte de l’Elysée suite, comme il le dit lui-même, à un « accident de conscience » durant la crise libyenne. 
Il a complété ses expériences du terrain et du monde politique par une enquête personnelle sur l’état du monde et s’est spécialisé dans l’étude des risques systémiques et la manière de les prévenir. 
Il a ensuite cocréé l’association SOS Maires et travaille aujourd’hui au plus près des citoyens et des élus pour les aider à penser et à préparer la résilience sur un territoire qui, selon lui, est amené à connaitre des chocs économiques, énergétiques, alimentaires et sécuritaires importants. 
 
Nous parlons ensemble de sa grille de lecture du présent et de l’avenir, d’enjeux énergétiques et géo-politiques, de citoyenneté, des gilets jaunes, et de comment devenir plus résilient dans un monde incertain.

Sujets abordés dans l'épisode

 Résilience, risques d’effondrement, politique, gilets jaunes, énergie, le rôle des maires, zone de confort.

Pour s'y retrouver...

La parcours professionnel d’Alexandre
  • Police de proximité
  • Garde rapproché du président de la République durant 9 ans (Chirac, Sarkozy)
  • Groupe mondial protection
  • « Je n’ai aucun problème avec l’autorité intelligente. »
  • Un « accident de conscience » provoqué par la guerre en Libye
Une grille de lecture du monde
  • « Ce que nous vivons au niveau civilisationnel est fascinant : on est face à nous-même. »
  • « J’ai cherché le grande méchant monde, je n’ai trouvé que mon propre impact dans le système. »
  • « Mon départ de l’Elysée m’a valu quelques petits soucis, dans le pays des droits de l’homme… »
  • Recherche de ce qui ne fonctionne pas bien dans les comportements humains : psychologie, géopolitique, énergie…
  • Cerveau reptilien et zone de confort : « toujours plus de progrès, toujours plus de confort ». Ça pose problème dans un monde fini… 
  • Soit on tombe dans l’explosion des névroses, soit on arrive à faire société autrement.
  • « Le futur c’est les low-tech, c’est se reconnecter à la nature, c’est inventer un autre récit. »
  • « Notre société est une chaîne, si on tire sur un maillot on entraîne tout. »
L’énergie est à la base de tout
  • La géopolitique de l’énergie et les missiles S400 russes qui changent le rapport de force et défie notre capacité à sécuriser notre approvisionnement énergétique.
  • La route de la soie, projet chinois d’infrastructure et le besoin énorme de matières premières et d’énergie pour le réaliser.
  • « Nous n’avons pas d’autre choix que de devenir sobre, c’est un choc traumatique pour nos sociétés. »
  • L’énergie est clé pour notre défense nationale. Nous sommes vulnérables car nous dépendons du pétrole. 
  • « Nous ne sommes pas prêts à nous sevrer du pétrole de gré à ou de force ». Le Document Intercommunal des Risques Majeurs (DICRIM) à demander aux maires.
Une analyse de la crise des gilets jaunes
  • « Tout Etat a besoin de secret pour fonctionner ». Internet a changé la donne: les gens se confrontent à ce qui se passe, et les croyances s’effondrent. 
  • « Plus on se rapproche de la vérité, plus on voit l’horreur de notre système »
  • « Les gens ont maintenant une conscience politique, c’est ce que redoutait l’hyper-classe »
  • « Vous combattez une oligarchie qui n’a pas besoin de la France pour être riche ». Renverser l’Etat, c’est à moyen-terme le risque de donner encore plus de pouvoir à cette oligarchie.
  • « Ne pas faire une révolution: tourner sur soi-même; mais une ré-évolution: à nouveau évoluer. » 
  • « Il n’y a pas de grand méchant monde, il y a juste des fatalités qui s’additionnent. »
  • « Les lobbies naissent de notre consommation. »
  • « Ce que je veux, c’est que moi j ‘aille bien, on est content d’être confortable à ne pas se poser de questions… c’est ça le grand méchant monde. »
  • « La démocratie, ce n’est pas une urne et des pantoufles, c’est tous mettre la main à la pâte. »
Comment les choses peuvent évoluer ?
  • « Quand on est candidat à la présidentielle, on  est dans un zodiac, quand est élu, on conduit une péniche; la manière de manœuvrer n’est pas la même… »
  • « Les risques sécuritaires sont majeurs. »
  • La révolution ? « En 1789, on a coupé la tête d’un roi, 15 ans après, on a remis un empereur soutenu par des banquiers suisses… Une vraie révolution, un retour à la case départ. » Il faut faire société différemment. 
Comment changer les consciences? 
  • « Il faut nous reconnecter de manière inter-générationnel ». Nos enfants vont avoir une technologie moins évoluée que celle que nos parents avaient. Les anciens peuvent nous conseiller: comment faisiez-vous avant, avec moins de technologie, et comment vous n’étiez pas malheureux? »
  • Ce sont nos enfants qui nous conscientisent. 
  • « Il faut apprendre à devenir sobre. »
  • « Je ne supporte plus l’idée que nos enfants nous détestent parce qu’on aura bousillé la planète. »
  • « Je suis fasciné par les 20-30 ans, ils ont déjà tout compris. »
  • « Qu’est ce qu’on va aller foutre sur Mars ? » 
  • « Il faut faire vivre aux gens des situations, ce qui est en train de se passer est formidable, les gens commencent à se réveiller. »
  • Les élections en Libye et les risques à venir sur les approvisionnements énergétiques: on ne sait pas faire avec un prix cher. 
  • Monnaies locales et revenue universel : s’orienter vers une dépense qui serve la planète
  • « Il n’y a rien de plus dangereux que des gens qui n’ont plus rien à perdre. »
  • Donner des importunités pour sortir des économies parallèles. Exemple : la culture du chanvre.
  • « Quand on reconnecte les gens à la nature, ce ne sont plus les mêmes. »
  • « Le problème c’est que les gens ne rêvent plus » – Latifa Ibn Ziaten
  • L’art au service de la société. L’exemple de l’invention du jazz par Harlem renaissance. « En France, on a besoin d’un récit réconciliatoire. »
SOS Maires et le travail sur la résilience
  • Des exemples de Maires qui réactivent la démocratie
  • Résilience : capacité à traverser des crises
Le cas spécial de la France ? 
  • « La France est observée. »
  • « Ça ne peut marcher que si on remet la femme à sa juste place. La femme est très précieuse. »
  • « La mère de famille a bien plus de puissance que l’élite ». Les gardes du corps des élites choisiront de protéger d’abord leur maman…
Réformer le système ?
  • « On doit arriver à un modèle plus anarchique. On confond anomie et anarchie […] le mot a été dévoyé. »
  • « La seule autorité qui vaille dans l’anarchie c’est l’exemplarité et la compétence. »
  • « L’anarchie, ce n’est pas l’absence de police. »
Que dire aux enfants ?
  • « Leur parler de leurs rêves et les aider à les réaliser. »
  • « Quand l’homme se mettra à hauteur des enfants, on va refaire société »

Les personnes et références citées

Les livres recommandés par Alexandre :

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Julien Vidal : Incarner le changement

On a déjà beaucoup parlé des enjeux environnementaux sur Sismique, du climat, des ressources, des paradoxes de la croissance… et ces sujets sont en train de prendre le devant la scène médiatique, et c’est bien !
 
Julien Vidal fait partie de ceux qui pensent et qui font, puisque pendant un an il a décidé de voir concrètement ce qui se passait quand quelqu’un voulait réduire au maximum son empreinte écologique; et ce quelqu’un c’est lui. 
 
Il a documenté cette experience de changement de mode de vie, vers plus de sobriété, et en a fait un site internet et un livre titré « Ca commence par moi ». C’est de ce passage à l’action que l’on parle dans cet épisode. 

Sujets abordés dans l'épisode

Sobriété, environnement, transformation personnelle, bonheur, consommation, solutions.

De quoi parle-t-on ?

Le parcours de Julien dans l’humanitaire (7 ans), en Colombie et aux Philippines, et le retour en France
  • Constat des inégalités sociales et des conséquences dudérèglement climatique
  • « Nous, occidentaux, sommes les principaux responsables »
  • Volonté de revenir en France pour travailler sur aux sources des problèmes
  • Le besoin d’agir, de sentir, pour comprendre
 
Le pourquoi du projet  » Ça commence par moi »
  • Expérimenter 365 gestes à mettre en place
  • Raconter uneexpérience personnelle pour peut-être en inspirer d’autres
  • « Le pessimisme et le fatalisme français m’ont désespéré, où est l’idée de bonheur ? » 
  • « En France, il y a moins cette urgence au bonheur, ça m’a saisi [en rentrant] »
  • Le soucis de cohérence : cesser de parler desproblèmes à ses proches, d’être un empêcheur de tourner en rond, et essayer plutôt de montrer l’exemple.
 
Le projet concrètement, des exemples d’action pour limiter son empreinte écologique, et quoi en retenir
  • « J’étais un peu dans le piège du « il faut sauver la planète » »
  • Un objectifécologique au départ, un véritable développement personnel à l’arrivée.
  • Il ne s’agit pas simplement de faire ça part, le problème est bien plus compliqué que ça.
  • Une approche qui consiste à prendre chaque problème du quotidien au fur et à mesure qu’ils arrivent et de réfléchir à comment réduire son impact carbone.
  • Des exemples concrets d’initiatives citoyennes : ressourceries, eco-quartiers, …
  • L’impact d’internet. L’exemple du streaming vidéo
  • Travailler à être solide et résilient pour bien vivre les chocs à venir
 
L’état des lieux de la prise de conscience des enjeux écologiques en France
  • Progrès rapide de la médiatisation des sujets et surtout approche plus positive des sujets
  • « On se bat contre une montagne ». 
  • « Depuis quelques mois il est en train de se passer quelque chose… mais j’ai peur que tout se referme »
 
Changer individuellement ?
  • « Notre mode de consommation nous rend malheureux. »
  • « Notre manière de vivre est conditionnée par des intérêts qui nous dépassent ». Il est urgent d’agir à tous les niveaux.
  • Le PFH : Putain de Facteur Humain
  • L’important c’est avant tout d’apprendre à redevenir citoyen.
  • « Cette démarche individuelle vient développer une capacité à servir desintérêts collectifs. »
  • « Je me sens moins instable. »
 
La collapsologie ?
  • « La frugalité, cela faisait 5 ans que jeexpérimentais déjà… »
  • « Une préparation à l’effondrement ? Je ne sais pas, je sais juste que c’est ce [mode de vie] qui me rend le plus heureux »
  • « Est-ce qu’on a vraiment besoin de ça pour que les gens agissent ? »
 
L’avenir ?
  • « Je suis un jour dans ledésespoir le plus total et un jour dans un optimisme absolu. »
  • La permaculture des théories et des avenirs: toutes le pensées sont nécessaires.
  • La questions des enfants.  « Je regrette que beaucoup de nos dirigeants politiques n’aient pas d’enfant. » 

Les personnes et références citées

Les livres recommandés par Julien :

  • Fraternité Radicale, de Samuel Grzybowski
  • La horde du contrevent, d’Alain Damasio

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Guy-Philippe Goldstein : le risque cyber

Ce que l’on appelle le cyber-risque est aujourd’hui considéré comme une des principales menaces de notre monde ultra-connecté. 

Alors que notre dépendance aux technologies numériques augmente chaque jour, alors que nous passons notre temps, sans forcément nous en rendre compte, à produire et consommer des données et de l’information en quantité gigantesque, alors que nos objets, nos infrastructures, nos organisations sont toujours plus mis en réseau, le risque de manipulation ou plus généralement de déstabilisation de nos systèmes augmente proportionnellement. 

C’est un sujet difficile à comprendre et donc dont on parle peu mais qui est devenu central car il impacte silencieusement la manière dont le monde dans son ensemble fonctionne et évolue. 

Pour y voir plus clair, j’interroge dans cet épisode Guy-Philippe Goldstein, spécialiste notamment des questions de cyber-sécurité  de cyber-défense.

Sujets abordés dans l'épisode

Cyber-défense, cyber-sécurité, cyber-crime, protection des données, manipulation de l’information, darknet, géopolitique, Brexit, robots, transformation digitale, simulation

Pour s'y retrouver...

La nouveau monde centré sur le numérique et le contrôle de l’information

  • Toutes les plus grandes entreprises mondiales ont un modèle basé sur le numérique et en particulier sur l’aide à la prise de décision.
  • “ Le coeur de la bataille est dans les systèmes de décision”
  • “ En cas de choc, le premier coup de feu serait tiré dans le cyber-espace”
  • Electron et pierre (numérique et immobilier)
  • La nouvelle lutte des classes entre les « gagnants du numérique » et les autres.

Les nouveaux risques

  • L’explosion de la complexité rend difficile la gestion du risque
  • 20 milliards d’objets connectés dans les années à venir
  • Attaque inter-pays sur des systèmes industriels
  • « Ransomware » ou rançongiciel
  • Vol de données personnelles

Les enjeux géopolitiques

  • Les nouvelles règles de dissuasion militaire: savoir ce qui se passe vraiment est la clé.
  • « On peut aller casser les systèmes stratégiques de l’adversaire »
  • « Avec le cyber, il faut réinventer le jeu stratégique »
  • « Etablir la vérité c’est établir la justice »
  • L’importance d’être crédible auprès de ses alliés

La question de la souveraineté nationale

  • Cyber-défense et cyber-puissance
  • Le cas des élections américaines en 2016 et de l’attaque russe du système médiatique
  • Facebook est devenu une des principales sources d’information, sans aucune régulation
  • « Facebook fait de l’éditorialisation via ses choix algorithmiques. »
  • « On est passé d’un jeu de puissance nucléaire dans lequel un pays peut s’isoler, à une logique de réseau : on est puissant quand on est utile aux autres. »
  • «  Le cœur de la souveraineté pour un pays c’est sa capacité à défendre ses intérêts premiers »

Les forces en présence

  • Les états gardent un rôle prédominant sur les questions de cyber-défense
  • Trois blocs : une alliance occidentale autour de l’OTAN et des « five eyes », la Chine, la Russie.
  • L’Europe est en retard sur ses capacités d’investissement.

Les enjeux de demain

  • « L’enjeu majeur est de maintenir l’état de droit »
  • Cyber criminalité estimée demain à 2000 milliards de dollars
  • L’exemple du « crédit social » mis en place en Chine pour contrôler les citoyens.
  • « Le risque que représente la délégation d’une prise de décision à une intelligence artificielle est tel qu’il sera stoppé. »
  • Le risqué systémique existe-t-il ?
  • Faut-il devenir moins dépendant à la technologie ? Le cas de la voiture autonome.
  • « On ne peut plus échapper au risque cyber, il faut passer à une stratégie de résilience. »
  • Comment se protéger individuellement des risques cyber ?

Les personnes et références citées

Les livres recommandés par Guy-Philippe :

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Vincent Liegey : décroissance

La croissance économique est un concept avec lequel nous sommes à peu près tous familiers tant il est présent dans notre imaginaire collectif. Pas une semaine sans que l’on entende parler d’objectif de croissance du PIB, de révision des previsions de croissance, de promesse de croissance, comme si cet indicateur était l’Alpha et l’Omega de toute politique publique, en conditionnait le jugement de valeur. 
C’est que, semble-t-il, la croissance est devenue synonyme de richesse, de progrès, et qu’elle conditionnerait la bonne santé des nations. Il faut de la croissance, car il faut toujours plus de création de valeur, pour améliorer le système ou simplement le maintenir, pour rester compétitif, pour payer les retraites de demain… 
Certains, comme Vincent Liegey, pensent qu’il y a un problème fondamentale avec cette idée, ou plutôt avec la relation que nous entretenons avec elle. Nous serions « accrocs » à la croissance, l’aurions érigé en dogme, voire en religion, et serions ainsi incapables d’accorder de la crédibilité à d’autres indicateurs de « progrès ». 
Apparemment nous n’en verrions pas non plus les dysfonctionnements (par exemple la répartition inégale des richesses crées) et les externalités (la destruction de l’environnement, l’épuisement des ressources…). 
 
Puisque la croissance ne serait pas forcément bonne, j’ai voulu rencontrer Vincent pour mieux comprendre ce qui se cache derrière le terme provocateur de « décroissance » que je ne comprenais pas bien. 
A-t-on vraiment un problème avec la croissance ? Qu’est-ce que la décroissance ? Comment ça marche concrètement, et est-ce vraiment une solution aux différentes ondes de chocs que l’on voit pointer à l’horizon ? 
 
Vincent Liegey est ingénieur, chercheur interdisciplinaire, essayiste, et conférencier. 
Il est « objecteur de croissance » et prône une transition démocratique et sereine vers de nouveaux modèles de société basés sur la décroissance, la convivialité et l’autonomie

Sujets abordés dans l'épisode

Décroissance, effondrement, environnement, croissance verte, Revenu Maximum Acceptable, Revenu de Base, communs

Pour s'y retrouver...

Une dépendance à la croissance qui pose problème ?
  • La croissance est-elle une mauvaise idée ? «  Nous sommes toxico-dépendants à la croissance. »
  • La notion de seuil de contre-productivité
.
  • « Ce qui est une mauvaise idée c’est la religion de la croissance: la croissance pour la croissance. »

  • Notre époque est-elle particulière? La convergence des crises. 

  • « On est face à l’effondrement d’un modèle civilisationnel qui est ce que j’appelle la société thermo-industrielle »

  • La décroissance comme pensée parapluie, une matrice de reflexion, faisant le lien entre différentes disciplines et approches pour tenter de résoudre des problèmes complexes.

  • « La croissance verte? Une imposture intellectuelle. »
  • Le mot décroissance : un mot provocateur à dessin. 

  • Le mythe de la croissance : « Une croissance infinie dans un monde finie n’est pas possible, c’est une absurdité. »

  • « On atteint des niveaux d’inégalités qui sont insoutenables. »

  • « Sortir des visions quantitatives de la société pour aller vers des visions plus qualitatives. » 

 
La décroissance c’est quoi ?
  • 3 grandes définitions:
    • un outil sémantique, un slogan provocateur pour rendre compte de notre dépendance à la croissance
    • une pensée multi dimensionnelle permettant de faire le lien entre les différentes crises
    • un réseau ouvert pour discuter et penser le politique, la citoyenneté,  la culture…
  • “Décroire plutôt que décroître”. Décoloniser les imaginaires et penser un autre modèle de société.
 
Comment « vendre » la décroissance ?
  • « Le terme décroissance nous protège de ce risque de récupération […] et il est une invitation à faire un effort intellectuel. »
  • De la difficulté de faire comprendre et accepter les idées liées à la décroissance…
  • « On continue d’être engagés dans ce consumérisme mais on se rend compte que ça ne nous rend pas nécessairement heureux. »
  • Des nouvelles dynamiques sociétales font qu’il est de plus en plus facile d’en parler et de se faire comprendre.
 
Les critiques de la décroissance
  • L’argument du besoin de développement des pays pauvres… Le problème de la religion de la croissance est partout bien compris, y compris chez les plus pauvres.
  • Le développemment oui, mais il y a un niveau optimal à ne pas dépasser. Métaphore de la coquille d’escargot.
 
L’aspect politique des choses
  • La décroissance est-elle forcément de gauche ?
  • Maintenir une société sans croissance ?
  • « La première des décroissances doit être celle des inégalités »
  • Revenu Maximum Acceptable
  • Revenu inconditionnel d’existence (revenu de base)
  • Réflexion sur les communs
 
Comment mettre ces idées en place ?
  • Ce qui se passe concrètement avec les expériences sur le Revenu de Base et de Revenu Maximum acceptable.
  • Fiscalité américaine sous Roosevelt. Article de T.Piketty
  • « Il n’y a pas de baisse de l’empreinte écologique sans baisse du PIB. »
  • Le mythe du découplage
  • « Remettre l’économie à sa place »
  • A chaque échelle il y a des opportunités d’action.
  • « Tout le monde est d’accord pour dire que les dettes publiques ne seront jamais remboursées.»
  • « Le système bancaire est aujourd’hui totalement hors de contrôle ».
  • La décroissance ne va-t-elle pas venir d’elle même ?
  • « On est déjà dans une logique d’effondrement. »
 
Ce qui peut se passer dans les années à venir
  • Opposition entre un vieux système qui va dans le mur et un monde qui bouge.
  • « J’essaie de rendre visible l’invisible. »
  • L’enjeu c’est comment s’appuyer sur les transformations silencieuses pour créer un mouvement politique.
  • « Les jeunes sont la force vive de la transformation de la société, le blocage vient des vieux cons. » 

Les personnes et références citées

Les livres recommandés par Vincent :

  • Les confessions d’un bourgeois, Sandor Marai
  • Memoires de Hongrie, Sandor Marai
  • Ce que j’ai voulu taire , Sandor Marai
  • La grande transformation, Karl Polanyi

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Jean-Joseph Boillot : Chine, Inde, Afrique, le grand basculement

Jean-Joseph Boillot est agrégé de sciences économiques et sociales et docteur en économie, et il a notamment enseigné à l’Ecole Normale Supérieure. 
Grand voyageur, il s’est intéressé de près aux grands pays émergents, en particulier l’Inde et la Chine dès les années 80, et à ce titre a travaillé pour le gouvernent français dans différents pays. 
Je parle avec Jean-Joseph du grand basculement économique, géopolitique et culturel en cours pour mieux comprendre l’impact que ces grandes puissances nouvelles peuvent avoir sur la marche du monde qui vient.  

Sujets abordés dans l'épisode

Chine, Inde, Afrique, Europe, économie, géopolitique, pays émergents, écologie, climat et sagesse.

Pour s'y retrouver...

2″ – Le parcours de Jean-Joseph
  • Globe trotteur, enseignant chercheur, économiste, sociologue, géographe mathématicien, ambassades et finalement expert indépendant.
 
5″ – Vivons-nous un basculement géopolitique du monde ? 
  • Les transformations silencieuses : la renaissance des monde chinois, indien et africains, avec comme point de départ la transition démographique.
  • La 3e/4e révolution industrielle 
  • La crise de 2008 est celle des pays développés.
  • Crise du modèle de développement occidental.
 
13″ – Le miracle chinois
  • Tout a commencé avec Mao : « le miracle chinois s’explique par la politique Maoiste » (transition démographique, travail des femmes, éducation).
  • Malgré ses extrêmes, « les 30 années de maoisme réunissent les conditions de l’entrée de la Chine sur la scène internationale avec tous les atouts d’une réussite économique »
  • Confucianisme, taoisme, boudhisme : les piliers de l’écosystème idéologique chinois.
  • « Nous allons vers un très rapide vieillissement de la Chine », 
  • « Le modèle indien est beaucoup plus autocentré »
  • Afrotopia , livre de Felwine Sarr
 
19″ – Qu’est-ce qu’un pays émergent ? Les BRIC et nouvelles organisations alternatives.
  • La métaphore de l’iceberg qui apparaît à l’horizon et qui devient un continent à mesure que l’on s’approche.
  • « Un pays a émergé lorsque dans les affaires mondiales il est à parité avec les autres pays développés »
  • BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du sud)
  • « Les sommets des BRIC sont devenus les grands sommets internationaux »
  • La Russie après avoir été « trahie » par les occidentaux a rejoint le camp des alternatifs.
  • « Chaque sommet exprime une vision totalement alternative de la conduite des affaires mondiale dans les 20 prochaines années »
 
25″ – Pourquoi notre point de vue d’occidentaux est-il si biaisé ? 
  • Crise asiatique de 1997 : c’est celle des petits pays asiatiques qui ne supportent plus le choc de productivité du modèle chinois, cela marque donc le début de l’émergence de la Chine.
  • Arrivée à Hong Kong en 1997, Jean-Joseph « découvre » le 21e siècle.
  • La politique de l’autruche des occidentaux, plus facile que de remettre à plat un vieux modèle.
  • « China bashing » : rejet de la Chine.
  • « Nos élites ne parlent pas anglais ». La méconnaissance du monde commence là. 
  • « Les grands groupes français qui sont des champions mondiaux ne sont pas entendus dans les media. »
  • « L’Inde ne reproduira jamais le modèle occidental ». Les pays emergents utilisent la modernité sans avoir à passer par les étapes de développement que nous avons connu en occident.
  • « Le rattrapage est déjà dépassement. »
  • « Un homme ne court par après un PIB, il court après la vie. »
  • « Il n’y a pas d’occidentalisation du monde, contrairement à ce que l’on pensait. »
 
38″ – Quelles seront les puissances de demain ? 
  • « La chine n’est pas destinée à devenir la nouvelle puissance du monde ». La Chine n’a pas l’ambition de voir son modèle devenir un modèle pour les autres. 
  • « Je ne vois pas les Etats-unis décliner ». Ils disposent de ressorts importants et attirent les élites du monde en entier. 
  • « Peu de chinois faisant leurs études eux Etats-unis reviennent ». NB : cette affirmation est inexacte, aujourd’hui plus de 80% des chinois faisant leurs études aux USA reviennent travailler en Chine ensuite.
  • Le nombre de jeunes indiens a dépassé celui de la Chine depuis 10 ans. »
  • 3 milliards d’habitants en Afrique dans 30 ans ?
  • « Pensez-vous que les africains vont se laisser marcher sur les pieds par les chinois? »
  • Nous allons vers une multipolarité du monde. « La France n’est déjà plus une grande puissance ».
  • « Je prévois un éclatement de la construction européenne. »
  • « L’Afrique va peser très lourd dans l’évolution du monde »
 
45″ – Chine, Inde, Afrique
  • Le rôle stratégique du moyen-orient au coeur du triangle Chine-Inde-Afrique
  • Peut-on parler d’une Afrique monolithique ? Non, mais la Chine et l’Inde ne sont pas non plus monolithiques. 
  • Xi Jinping et la tradition d’un pouvoir central fort en Chine pour gérer une Chine « multiple. »
  • « Les africains ont le sentiment d’avoir une communauté de destin. »
  • En Europe nous n’arrivons pas à casser l’idée d’état-nation. »
  • Il y a des synergies positives entre les 3 blocs.
  • Nouvelle route de la soie : une excuse pour vendre du matériel chinois ? 
 
57″ – La place de l’Europe dans ces évolutions du monde
  • Opportunité pour l’Europe d’être partie prenante de ces nouvelles synergies
  • « Il y a une inculture complète vis à vis de ces mondes. »
  • « On ne voit qu’en antagonisme, et c’est ce qui est train de fissurer l’Europe. »
  • « Où entend-on parler de la jeunesse de l’Europe? C’est un projet de vieux et il consiste à se protéger. »
 
1’01 » – La question écologique et ses conséquences géopolitiques
  • « Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regardes d’où tu viens. » – proverbe africain
  • « Lorsque les lions auront leurs historiens, les récits de chasse ne tourneront plus à l’avantage des chasseurs. » – proverbe africain
  • « Je crois à la théorie de la catastrophe. »
  • « Derrière ce scénario de stabilité, arrive la catastrophe climatique. »
  • « On va justifier des régimes dictatoriaux un peu partout. »
  • « Arrêtons de dire que les pays riches seront moins touchés par le réchauffement climatique. »
  • « Il y a une plus grande résilience dans les pays pauvres. »
  • « Où va être l’humain dans un monde menacé par la crise climatique ? »
 
1’10 » – Se préparer à demain ?
  • Apprendre 10 langues…
  • « Vis comme si tu devais mourir demain, apprends comme si tu devais vivre toujours. » – Gandhi
  • « Il est important d’accorder ses actes à ce que l’on pense. »
  • « La démarche individuelle est importante, il faut se préparer. »
  • Travailler sur la notion de sagesse.
  • « Les démocraties européennes vont vaciller dans les prochaines années »

Les livres recommandés par Jean-Joseph :

 
Et pour compléter le tout, découvrez le récent débat entre Pierre Rabhi et Jean-Joseph Boillot sur le changement climatique : ici 

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Arthur Keller : déconstruire les faux espoirs pour en construire de nouveaux

Comment déconstruire ce qui, selon Arthur Keller, sont de « faux espoirs », pour mieux travailler à en construire de nouveaux, plus proches de la réalité de ce qui peut effectivement se passer dans les prochaines années ?
C’est la question qu’Arthur se pose, alors que justement le dernier rapport du GIEC vient de paraître et nous fait comprendre gentiment que nous sommes très mal partis pour parvenir à limiter l’augmentation de la  température de la planète, et que les conséquences pourraient en être désastreuses.
 
J’ai voulu enfoncer le clou sur cette question écologique  qui conditionne tous les scénarios d’avenir, pour mieux comprendre cette possibilité d’effondrement systémique dont on entend de plus en plus parler et qui me questionne au point de me faire passer des nuits blanches.

Arthur Keller est un spécialiste du sujet, et je discute avec lui de son diagnostic sans concessions, de pourquoi il faudrait vite abandonner des croyances qui lui semblent contre-productives pour mieux appréhender les défis de l’époque, et de ce qu’il faudrait faire concrètement pour préparer l’avenir de manière sereine, lucide et si possible positive.

Sujets abordés dans l'épisode

Climat, écologie, effondrement, croissance, politique, nouveaux récits.

Pour s'y retrouver...

2″  – L’état du monde

  • Les 6 sphères naturelles, toutes se dégradent gravement
  • « Depuis 40 ans plus de 50% des animaux sauvages ont disparu. »
  • Notre dépendance au pétrole et le risque de pénurie à venir
  • Un système humain fragile
  • « Le monde est en état de pré-effondrement »

10″ – Les élites savent-elles?

13″ – On va pouvoir trouver des solutions?

  • Notre croyance aveugle en l’avenir est un élément commun à toutes les civilisations passées…
  • « Les ingénieurs n’ont pas les solutions »

17″ – La sociologie des catastrophes 

  • La croissance est finie.
  • Gael Giraud, économiste
  • Indice de Gini sur les inégalités
  • « L’ennemi est en chacun de nous »
  • « La notion de nature humaine n’a pas grand sens, l’homme est opportuniste »
  • Social mood, état d’esprit social : il est important de lutter contre toute forme de repli

24″ – Pourquoi ne serait-on pas capable de réagir

  • On ne voit pour le moment aucune inflexion de courbe.
  • « On n’est pas câblé pour traiter une problématique systémique »
  • Dennis Meadows, «  Les limites à la croissance »
  • « On sous-estime toujours le problème et on surestime nos capacités. »
  • Retard pris par l’Allemagne sur son plan de déploiement d’énergie renouvelable (article Bloomberg)
  • « Dans l’ADN même des institutions on a le problème. »
  • CCNUCC, article 3, alinéa 5 : on ne doit pas gêner la croissance et le commerce international, quoi qu’il arrive.

29″ – L’allégorie du Titanic

  • Le syndrome du Titanic, livre et film de Nicolas Hulot
  • « Globalement nous ne pouvons pas éviter une simplification. »
  • « La plausibilité [d’un effondrement] suffit pour s’y préparer, c’est la voie humble. »

37″ – Ne faut-il pas d’abord se battre pour sauver le système ?

  • Le timing pour réagir est passé : «  C’est trop tard depuis au moins 30 ans »
  • Le véritable optimisme c’est de se dire que l’on peut fabriquer quelque chose de neuf »
  • « Aujourd’hui, ne pas savoir est un choix. »
  • L’importance de montrer le contraste entre un monde de transition et en monde où on n’aurait rien fait.

43″ – Qu’est qu’il faudrait faire ?

  • Engagez vous : « Nous changeons le monde à chaque fois que nous montrons l’exemple. »
  • Transition towns
  • Adrastia
  • Les colibris
  • S’engager, faire, apprendre de nouvelles compétences, partager l’information de manière argumentée.
  • « Les enfants ne sont pas préparés au monde, ils sont préparés à un marché du travail qui n’existera plus demain. »
  • Préparer un plan B progressivement pour aller contribuer à la régénération de la nature et du tissu social.
  • L’importance des entrepreneurs pour inventer le monde de demain.
  • « Sortir du déni, arrêter de dire qu’on est sûr que ça ne s’effondrera pas. »
  • « Je vois beaucoup de gens qui sont un peu égoïstes dans leur idée de la transition. »
  • Il faut faire sa transition personnelle et communiquer dessus pour montrer concrètement comment ça marche.
  • Phases du deuil de Kübler- Ross : déni, colère, marchandage, dépression, acceptation

55″ – L’innovation

  • « L’innovation aujourd’hui est complètement à côté de la plaque ». Il faut trouver un compromis entre la performance et la prise en compte des limites et contraintes de ce siècle.
  • « La technologie n’est qu’un outil, ce n’est pas une finalité »
  • Philippe Bihouix

58″ – Les nouveaux récits 

1’05″ – Un programme politique de transition

  • Le programme de « transition sociétale » élaboré pour Charlotte Marchandise, c’est ici : https://charlotte-marchandise.fr/4-piliers-programme/ et le focus sur la transition écologique est consultable ici : https://www.calameo.com/books/005026737476e6a4c2757
  • Arthur a aussi travaillé sur un train de propositions dont il a piloté la conception en matière de prise en compte politique de la question de la condition animale (ici) et son rapport de 2013 qui répond à la question « Peut-on concilier politique de croissance économique et impératif de soutenabilité ? » ().

1’10″ – Un conseil ?

  • Se mobiliser chacun à son niveau pour travailler à la transition. « On a besoin du meilleur de l’homme. »
  • « La solution ne viendra pas d’en haut. »

Les livres recommandés par Arthur :

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Jérôme Cazes : réformons la finance !

Il y a 10 ans ce mois-ci (15 septembre 2008), la banque Lehman Brothers faisait faillite, provoquant une panique sur les marchés financiers du monde entier. Ce que l’on a baptisé la crise des « subprimes », ces crédits immobiliers hautement risqués, a failli entraîner l’économie mondiale vers le chaos, et le pire n’a pu être évité qu’au prix d’une politique d’endettement des états, au profit au final des intérêts privés. 

Qu’est-ce qui a vraiment changé depuis ? Quel est le rôle de la finance de marché aujourd’hui et quelle place occupe-t-elle dans le fonctionnement de l’économie ? Qu’est-ce qui pourrait déclencher une nouvelle crise et quelles en seraient les conséquences ? Que faudrait-il faire pour limiter les risques systémiques ?

Je discute de ces questions avec Jérôme Cazes spécialiste de la finance, président de la start-up MyCercle, anciennement consultant en grands risques financiers, directeur général de la Coface, puis membre du comité de direction générale de Natixis. 
 

Sujets abordés dans l'épisode

Finance, risques systémiques, séparation des banques, crise financière, écologie et économie

Pour s'y retrouver...

2″ – La difficulté de comprendre l’économie et la finance

  • Effets directs et indirects : aujourd’hui la complexité est telle que plus personne ne comprend les effets indirects, l’économie n’est pas une science.
  • Il faut faire confiance aux effets directs et se méfier des effets indirects, autrement dit il faut se méfier des grands discours
  • Métaphore du trampolino : quand les grenouilles et les éléphants sautent…
  • Théorie du ruissellement : on ne connait que l’effet direct: « si je donne aux riches, les riches sont plus riches ». On ne sait rien des effets indirects, on ne peut que spéculer…

18″ – Comment fonctionne la finance aujourd’hui ?

  • On mélange trop souvent les 3 fonctions de la finance : la monnaie, le crédit, les marchés financiers
  • « Le crédit c’est comme un médicament, ça peut être un remède ou ça peut être un poison. »
  • Il ne faudrait surtout pas mélanger les 3 fonctions, hors aujourd’hui elles sont mélangées.
  • Depuis 30 ans on a dérégulé, le crédit et les marchés sont devenus sans contrôle et sur-dimensionnés.
  •  » Il n’y a plus de lien entre économie réelle et économie financière »
  • « Vous ne gagnez de l’argent que si le prix bouge, à la hausse ou à la baisse. »
  • Depuis 30 ans deux secteurs ont explosé : le numérique et la banque. Le service bancaire s’est-il amélioré ?…
  • « L’essentiel de l’argent ne va pas dans l’économie réelle. »

35″ – Ce qui a changé ou non depuis la crise de 2008

  • « Le coût a été énorme, mais le système a été sauvé. »
  • « Nous ne sommes pas du tout mieux armés aujourd’hui qu’à l’époque […] On est toujours dans la même situation qu’il y a 10 ans »
  • La régulation a simplement rendu le système plus gros et plus complexe.
  • Il n’y a pas de véritable contrepouvoir, « le pouvoir politique est un nain face à la finance »
  • Les puissants sont plus puissants que jamais
  • « Les patrons de grandes banques ne comprennent plus ce qu’ils font »
  • « Big is dangerous, on ne sait pas gérer l’énormité. »

44″ – Une crise à venir ?

  • Il y a encore plus de crédit qu’en 2008 et ça continue à augmenter… tôt ou tard ça pétera.
  • « L’humanité en prendra plein la figure mais elle s’en tirera »
  • « Comment peut-on maintenir un système aussi pervers pour le bénéfice de si peu de gens? »

52″ – Réformer la finance ?

  • Il faut revenir à la règle de séparation des banques
  • « Contrôlons les produits financiers comme on contrôle les nouveaux médicaments »
  • Le politique ne se réforme pas car son élection ne se joue pas là-dessus…
  • La finance est agnostique, elle peut tout à fait se « verdir ». 
  • « Les instruments dont l’écologie a besoin ne sont pas du crédit et du marché, ce sont des règlementations. »
  • « Le problème c’est la liberté de circulation des capitaux. »

1″02′ – La conclusion personnelle 

  • L’histoire du déclic de l’expérience de la salle des marchés
  •  » Ils ne comprennent rien à ce qu’ils font… le système n’est pas maîtrisable »
  •  » Il y a d’autres fenêtres de tir pour réformer la finance, c’est à ce que je veux travailler « 
  • « Cette finance est en train de détruire un certain nombre de valeurs collectives, là est le danger »

Les livres recommandés par Jérôme :

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Laurent Levy : nanomédecine

Laurent Levy fait partie de ces entrepreneurs et chefs d’entreprises que je souhaite rencontrer car en plus de réfléchir à la marche du monde, ils contribuent à créer le futur en se confrontant à la réalité du terrain et aux difficultés inhérentes à la concrétisation de ce qui au départ n’est toujours qu’une simple idée. 
Laurent s’est mis en tête il y a des années d’essayer de révolutionner le traitement contre le cancer grâce à la nanotechnologie. Il est aujourd’hui à la tête de Nanobiotix, un des pionniers mondiaux d’une nouvelle discipline que l’on nomme nanomédecine. 
On parle de nanotech donc, du futur de la santé, d’homme augmenté et des promesses de la science en général.

Laurent Levy est Président du directoire de Nanobiotix, Président du conseil de surveillance de Valbiotis et Vice-Président de l’ETPN, plateforme technologique européenne de Nanomédecine.

Sujets abordés dans l'épisode

Nanotechnologie, nanomédecine, transhumanisme, trandisciplinarité, génétique.

Pour s'y retrouver...

 2″ – Qu’est-ce que la nanomédecine ?

  • Exemples d’utilisation des nanotech
  • Nanorobots ?

8″ – Ce que fait Nanobiotix

  • « La particule elle même devient le principe actif »
  • « On amène un mode d’action qui est universel dans le traitement du cancer »
  • « On a montré une supériorité de l’utilisation de notre produit par rapport au standard de soin »

12″ – Une nouvelle ère de la médecine ?

  • « Aujourd’hui la connaissance de la médecine est tellement large que çà ne peut plus être contenu dans une seule tête »
  • Deux grands courants sont en train de se créer : la génétique et la technologie informatique. Culture biologique et culture ingénieur.
  • « Pour moi le transhumanisme existe depuis l’âge des cavernes »

16″ – Transhumanisme

  • « A partir du moment où on commencé à soigner les gens on est dans le transhumanisme » 
  • « Où est la limite entre augmenter l’homme et réparer l’homme ? »
  • « De base l’innovation fait peur »
  • Comment sont gérées les questions éthiques ?
  • « Quand on pense, quand on crée, il faut éliminer la questions de l’éthique, il faut être libre »

23″ – Priorités de la recherches, risque et défis de l’innovation

  •  » S’il n’y a pas de marché c’est compliqué de développer un produit »
  • « Toute innovation a une part de risque »
  • Scenario « grey goo »

30″ – Une vision positive de l’avenir

  •  Informatique quantique
  • « C’est la nature humaine de pouvoir survivre, on trouvera des solutions »
  • « J’ai une vision super positive du futur »
  • La réponse aux problèmes de la limite des ressources?
  • La conquête de l’univers?
  • « On voit de plus en plus d’approches trandisciplinaires » 
  • « Collectivement, il faut apprendre a être flexible et à absorber le changement plutôt que d’essayer de prévoir l’avenir »
 
Le livre recommandé par Laurent :

 

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Yacine Ait Kaci : l’avenir se dessine

Yacine Ait Kaci, aussi connu sous son pseudonyme d’artiste YAK, est un artiste, notamment connu pour être le créateur d’Elyx, un personnage dessiné dont le compte Instagram est suivi par plus de 110 000 personnes. 

Au travers de son personnage, Yacine travaille sur le rapport entre la fiction et la réalité et s’inscrit parfaitement dans notre époque où l’image est devenu un vecteur d’information omniprésent et ou chacun possède une identité virtuelle qui en complément d’une identité physique. 

J’ai voulu rencontrer Yacine pour parler de la manière dont il voit évoluer ce jeu de l’identité et de l’influence mais aussi pour l’interroger sur son engagement aux côtés de l’ONU dont ELYX est devenu le premier ambassadeur virtuel notamment pour soutenir la communication sur les Objectifs de Développement Durables. 

Sujets abordés dans l'épisode

Artiste engagé, fiction vs. réalité, Objectifs de Développement Durable de l’ONU, Elyx le personnage dessiné créé par Yacine (YAK), la guerre de l’attention et de l’influence, comment expliquer l’avenir aux enfants, intelligence artificielle.

Pour s'y retrouver...

 2″ – Le parcours de Yacine, un travail sur le rapport entre fiction et réalité. 

  • Electronic Shadow, réflection sur le rapport entre la fiction et la réalité au travers d’installations et de jeux sur les perceptions
  • Invention du mapping video 3d sur des installations physique
  • L’invention de morel, roman de Bioy Casares
  • Ombres électroniques, identité numérique et présence virtuelle

6″30 – L’histoire d’Elyx, le personnage dessiné inventé par Yacine

  • Elyx est né du besoin d’un retour à l’essentiel
  • « Elyx : comment avec le minimum de traits produire le maximum d’expressions ou d’émotions ? » 
  • « Il y a deux façons de voir le monde soit rien n’est magique, soit tout est magique » – Einstein
  • Elyx est basé sur 3 caractéristiques que tous les hommes ont en commun : le dessin, l’enfance, le sourire.
  • « L’artiste c’est celui qui montre quelque chose qui est là mais que l’on ne voit pas. »
  • Low tech
  • Elyx est le premier ambassadeur digital des nations unies 
  • « Tout le monde comprend Elyx, je n’ai pas besoin de le traduire » 
  • Livre  « Elyx, Ambassadeur du sourire »
  • Travail sur le sommet de New-York en 2014 pour communiquer de manière originale sur les messages de l’ONU
  • « Elyx est une porte d’entrée simple sur des sujets complexes »
19″ – Les Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’ONU
  • Les 17 objectifs de développement durable (objectifs de l’ONU pour 2030) : «  Les Objectifs de développement durable , également nommés Objectifs mondiaux, sont un appel mondial à agir pour mettre fin à la pauvreté, protéger la Planète et faire en sorte que tous les êtres humains vivent égaux dans la paix et la prospérité, en veillant à ne laisser personne de côté. »
  • De la difficulté de faire la promotion des ODD. 
  • Plateforme du gouvernement français sur les ODD : www.agenda-2030.fr

23″30 – Le livre de prospective publié par Yacine destiné aux enfants, « Bienvenue dans ton monde »

  • Jean-Pierre Goux : épisode 6
  • « Il n’y avait pas de livre destiné aux enfants sur le futur »
  • Un livre de synthèse sur ce qui fera le monde de demain pour pousser à la conversation entre les parents et les enfants. 

31″ – Quelle vision du futur et comment arbitrer entre le positif et le négatif ?

  • Les deux existent : le positif comme le négatif , on est l’ère du « et », du « en même temps ».
  • Les problèmes existent aujourd’hui, le sens de l’histoire c’est de les résoudre..
  • Comment trouver l’équilibre entre la prise de conscience déprimante et l’optimisme nécessaire au passage à l’action ?
  • Paul Watson – fondateur Sea Sheperd
  • « Etre optimiste c’est une attitude face à une situation donnée… c’est une question de récit, une façon de se mettre en mouvement »
  • « Je ne peux pas me résoudre à dire à ma fille que c’est fichu. »

36″ – Comment toucher les gens?

  • Il n’y a pas de réponse unique, chacun est différent
  • « Sur l’attention, on est compétition avec des hauts-parleurs qui nous disent tout va bien »
  • Al Gore – Une vérité qui dérange
  • Qu’est ce qui a mis Yacine en marche ? Comment est-il devenu un artiste engagé ?
  • « Je suis un optimiste offensif »
  • IFS – Institut des Futurs Souhaitables
  • Club de Rome
  • « Ce qui veulent changer les choses sont de plus en plus nombreux et de plus en plus puissants. »
  • Loi de Moore
  • Thomas Piketty sur les inégalités
  • « J’ai une fascination pour le génie humain »
  • « Je ne sais pas du tout où on va, je sais la façon dont je veux générer de l’enthousiasme » 
  •  » On a besoin d’énergie, d’avoir envie. »
  • Qui a inspiré Yacine ?

47″30 – Conclusions sur l’avenir, l’éducation et comment convaincre

  • « Je ne parle pas d’avenir avec ma fille, je m’ancre dans le présent »
  • « Il y a deux  journées inutiles dans la vie d’un homme, c’est hier et demain » – Dalai Lama
  • « Comment touchers les gens? C’est la question que tout le monde se pose… »
  • La société du spectacle, livre de Guy Debord
  • « Cette question de l’influence dans la guerre de l’information qui est menée, c’est aujourd’hui la seule qui compte »
  • « Ce qui m’intéresse c’est ce qui se passe à la fin du film, ça se termine bien, et après…»
Le livre recommandé par Yacine :
 
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Nathalie Bastianelli : la Chine côté clair

Les chinois sont-ils les gens les plus optimistes du monde ?

Apparemment oui, ou pas loin de l’être, selon l’étude que l’on regarde. Les chinois (avec les indiens) sont ceux qui voient le plus l’avenir en rose.

Vu de France cela peut surprendre : la Chine n’est-elle pas ce pays surpeuplé, pollué au point que certains endroits deviennent tout simplement invivables, dirigé par une classe corrompue qui prive le peuple de ses droits et les brime ?

Pourtant d’après une étude récente (baromètre de confiance Edelman) 84% des chinois interrogés affirment avoir confiance en leur gouvernement, plus que dans tout autre pays étudié.

On peut arguer que les dés sont pipés et que l’information, peut-être davantage filtrée qu’ailleurs, ne permet pas au chinois moyen d’y voir clair. C’est certainement vrai. Mais le fait est aussi que le miracle de la croissance chinoise des 30 dernières années est une réalité : au total ce sont 850 million de personnes qui ont été sorties de la misère ; on est passé de 88% de la population vivant sous le seuil de pauvreté en 1981 à moins de 2% aujourd’hui, avec en prime la mise en place de services sociaux de bases (sécurité sociale, éducation publique) plus rapidement que dans n’importe quel autre pays de l’OCDE et la structuration d’un état moderne et performant.

Et les plans de développement pour les années à venir (One Belt One Road, ou Made in China 2025 pour n’en citer que deux) sont d’une ambition à peine croyable, pour faire de la Chine LE pays phare de ce siècle.

Tout n’est pas parfait bien-sûr, loin de là, mais là où nous avons souvent tendance à ne voir que du gris, les chinois y voient du rose, ou du bleu, ou du rouge (de plus en plus tout de même), bref, des nuances.

C’est de ce paysage nuancé dont j’ai voulu parler et Nathalie Bastianelli m’a semblé être la personne parfaite pour cela.

Nathalie est la fondatrice du forum WeBelong qui se déroule chaque année à Shanghai et Pékin, rassemblant des acteurs chinois et internationaux pour échanger des solutions et promouvoir un style de vie et des modes de consommation durables. 

Car oui c’est aussi en Chine que les nouveaux modes de consommation passent à l’échelle plus vite qu’ailleurs, que la transition énergétique se met en place à marche forcée – et aussi que l’on ouvre le plus de centrales à charbon et de réacteurs nucléaires, croissance folle oblige -, que la grande majorité des panneaux solaires, éoliennes et autres joujoux « propres » modernes sont produits, que l’on extrait les terres rares indispensables aux nouvelles technologies (voire l’épisode avec Philippe Bihouix sur le sujet) et que l’on invente la ville du futur…

Un tableau que nous dépeint Nathalie dans cet épisode de Sismique, avec un optimisme de volonté.

Sujets abordés dans l'épisode

Pollution en Chine, transition énergétique, économie verte, nouveaux indicateurs, bonheur national brut, crédit social, modèle de développement, économie du partage, ouverture de conscience, changement de vie

 

Pour s'y retrouver...

4″ – Ce que fait le gouvernement en Chine contre la pollution
  • « Les défis écologiques en Chine ont pris une telle ampleur que c’est devenu un enjeu de survie »
  • « La lutte contre la pollution est devenue un enjeu majeur, c’est un enjeu de stabilité sociale »
  • Programme « vers une civilisation écologique »
  • Bonheur national brut
  • « De mi-octobre à mi-mars, la gouvernement a fermé 18000 usines autour de Pékin »
  • « SI tous les pays étaient sur la même dynamique que la Chine nous n’aurions aucun soucis à nous faire »
  • Made in China 2025: passer de la quantité a la qualité
  • « Les critères écologiques pour implanter une nouvelle usine sont plus sévères qu’en Europe¨ » 
 
10″30 – We Belong, des exemples d’initiatives positives
 
12″30 – Les clichés sur la Chine; le chinois se mobilisent contre la pollution
  • « On ne dit pas assez a quel point les gens se mobilisent pour développer des solutions et les mettre en œuvre »
  • « Je suis très interpellée par la jeunesse chinoise »
  • Veg Planet – promotion de la nourriture Vegan
  • « L’objectif du gouvernement est de diminuer de 50% la consommation de viande en Chine »
  • ZeroWaste pékin
 
16″ – Le modèle de développement écologique pour les chinois ?
 
24″ – Redonner du sens
  • « Je ne crois pas au changement dès lors où il n’y a pas changement à l’intérieur de soi »
  • « La créative et la beauté font aussi partie du changement » 
  • « Les gens ont besoin de redonner du sens »
 
26″ – Le parcours de Nathalie
  • De l’événementiel sportif au développement durable
  • Le déclic : « ouvrez-vous au renouveau »
  • Rio+20
 
30″ – La vision de l’avenir de Nathalie et des chinois qu’elle connait
  • « J’ai appris à ne plus vivre avec la peur »
  • « J’ai envie d’être optimiste car je vois les nouvelles générations se mobiliser »
  • « C’est la seule génération depuis le début de l’histoire de l’humanité qui vit avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, et ça, ça change tout. » 
  • « Reconnecter les gens au cœur est une forme d’innovation » 
  • Pierre Rabhi : chacun doit faire sa part
  • « Les chinois voient du progrès dans leur quotidien » 
  • Crédit Social mise en place en Chine en ce moment
  • « On pouvait s’attendre à un relâchement politique et en fait c’est l’inverse qui se passe »
 
38″ – Signaux faibles ? 
  • « Un signal faible très important est que les gens commencent à développer une conscience différente »
  • « Les marques non durables ne seront plus présentes sur le marché d’ici avant 25 ans »
  • Le véganisme devient cool en Chine
  • Une onde de choc : la surprise du succès de l’événement WeBelong
 
46″ – On raconte quoi aux enfants ?  Prochain projet pro?
  • « Ma priorité  est de leur apprendre à vivre en conscience »
  • Un livre à venir sur les éco-gestes universels pour apprendre à prendre soin…
  • Prochain We Belong : 12/13 oct 2018 
  • Jean-Pierre Goux
  • « Il n’y a pas de limite à la créativité, tout est possible »
  • « Je veux croire au réveil »
  • « C’est impossible, dit la fierté. C’est risqué, dit l’expérience. C’est sans issue, dit la raison. Essayons, murmure le cœur… et je suis convaincu que nous allons tous essayer », poème de William Arthur Ward
 
Les livres recommandés par Nathalie :
 
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