Uncategorized

Judith Grumbach : changer l’école, une idée folle?

Changer l’école, une idée folle?

« Sismique parce que ça bouge et parce que demain ne ressemblera pas à aujourd’hui »… J’essaie de garder en tête ce qui pourrait être une sorte de ligne éditoriale et qui me guide dans le choix des sujets et des invités.

Au travers de ce podcast je veux explorer les sujets qui me semblent essentiels pour bien anticiper les années à venir en essayant de mettre en lumière ce dont on ne parle pas assez, ou pas assez longtemps.

Qu’est-ce qui va avoir le plus d’impact sur nos vies et nos sociétés ? Qu’est-ce qu’on ne voit pas venir ? Comment on se prépare ? 

Dans les premiers épisodes j’ai voulu me concentrer sur la problématique écologique, sur le « système terre » comme certains l’appellent, et poser les bases d’une réflexion sur les limites de nos ressources, sur le climat et sur les grands enjeux à l’échelle planétaire. 

Ces enjeux sont selon moi les plus importants de notre siècle et aucun exercice de prospective ne peut se faire sans en tenir compte tant cette grande dérive systémique aura un impact sur tout ce qui est fondamental (alimentation, biodiversité, climat, flux migratoires, géopolitique, énergie, transport…). 

Je vais bien-sûr continuer d’explorer avec d’autres invités ces questions mais je vais aussi ouvrir d’autres sujets qui ne sont pas directement liés à ces problématiques « environnementales ». Je pense à la technologie en particulier mais aussi aux problèmes de sociétés au sens large, à l’économie, la finance, le développement personnel…

Mon idée est d’essayer de faire le lien entre tous ces sujets, de voir ce qui se recoupe, quelles sont les interactions, les causes et les conséquences. 

Pour cet épisode 8 j’ai voulu revenir aux fondamentaux, à la base du monde de demain, là où finalement il prend sa source et se construit déjà jour après jour, à l’école. 

Judith Grumbach n’est ni une enseignante, ni une spécialiste de l’éducation et c’est peut-être justement ça qui est intéressant, ce regard extérieur.

Elle a pris sa caméra et pour aller à la rencontre de ceux qui tentent de réinventer l’école française et en a fait un documentaire, « Une idée folle », qui l’a ensuite amené sur les routes de France à la rencontre d’enseignants, d’experts, de parents et d’enfants qui se posent la question du rôle de l’école au 21e siècle.

Tous font un rêve fou, celui de former une future génération de citoyens épanouis et responsables qui auront à cœur de transformer positivement la société qui les entoure. 

Sujets abordés dans l'épisode

Déclic citoyen, le rôle de l’école, confiance, bienveillance, rapport adulte-enfant, classements internationaux, fondamentaux, considération des enseignants…

Pour s'y retrouver...

1:30 –  Qui est Judith et pourquoi elle s’intéresse à l’éducation ?

  • Le déclic : les attentats de janvier 2015
  • Ashoka
  • L’histoire du documentaire de Judith
  • « Tout le monde peut être un acteur de changement, tout le monde peut faire quelque chose là où il est »
  • « Essayer de faire comprendre aux enfants qu’ils ont déjà un impact quand ils sont tout petit »

6 – Diagnostic de l’école et défis pour ce début siècle

  • « Je ne suis pas une experte, je suis juste une citoyenne qui s’intéresse à cette question-là et qui pense qu’on a vraiment besoin d’un débat sur la question… je raconte juste ce que j’ai vu »
  • « Beaucoup d’enseignants se sentent extrêmement seuls »
  • L’enjeu auxquels on va devoir faire face
  • « On ne sait rien du futur… on est juste sûr que le futur est incertain et on ne fait qu’entrevoir les défis auxquels ils vont devoir faire face »
  • « Apprendre à apprendre « 

10 – Les fondamentaux ? 

  • « Il n’y a aucune opposition entre connaissance et compétence » 
  • « Si on ne sait pas écrire et compter on n’est pas vraiment libre »

12:30 – Quelle définition pour l’école ? 

  • « On passe très peu de temps à avoir un débat sociétal sur ce qu’on attend de l’école… tant qu’on ne se met d’accord là-dessus on a du mal à avancer dans une même direction
  • Ken Robinson
  • Jérôme Saltet
  • De l’importance de se fixer un cap sur le long terme. L’exemple de l’école finlandaise. 
  • « Le temps de l’éducation ne peut pas être celui du politique »

15:30 – Qu’est-ce qu’il faudrait faire pour améliorer l’école française

  • « La première chose à faire c’est de valoriser les enseignants… et les encourager à chercher par eux-mêmes »
  • Expérimenter et apprendre aux enfants à être des « chercheurs »
  • L’enjeu de la formation des enseignants
  • « Il faut permettre aux enseignants de s’ouvrir à plusieurs façons de faire » 
  • La question du passage à l’échelle
  • « Il y a un projet d’établissement derrière toute l’équipe est engagée… ça c’est la spécificité des établissements qui fonctionnent bien »
  • « Aujourd’hui les enseignants ne sont pas formés à travailler les uns avec les autres »

22 – Un problème de méthode ?

  • « La question ce n’est pas tellement combien on investit mais comment et où »
  • Méthode Montessori
  • Confiance, bienveillance, rapport adulte-enfant, respect
  • « C’est une honte la façon dont on considère les enseignants en France… c’est un métier extrêmement exigeant »
  • Le mythe de l’enseignant fainéant…
  • On ne pas demander toujours plus à des gens à qui ne dit jamais merci

27 – La compétition internationale et les critères d’évaluation ?

  • « L’enjeu de l’école n’est pas d’arriver en tête du classement PISA »
  • Classement Pisa
  • « D’abord on apprend à se connaitre, à gérer ses émotions, ça c’est la base »
  • « Au lieu de parler de compétition, on ferait mieux de parler de coopération… vu la complexité des problèmes à venir on va être obligés de coopérer « 

32 – Prochains projets et retour d’une tournée de projection en France ?

  • Valoriser les enseignants
  • « Faire des films qui sont des outils de conversation »
  • « Il y a un mélange de gens qui une volonté de faire des choses et de gens qui n’en peuvent plus »

35 – Quelques exemples concrets vus sur le terrain et une anecdote personnelle

  • Matali Crasset 
  • « On se prend à imaginer a quoi ressemblerait la société sur tous les enfants passaient par la (ces écoles qui fonctionnent idéalement)
  • Une histoire de retrouvaille entre Judith et sa maîtresse de CP… 

40 – Message du futur

  • « Arrêtez de tergiverser, allez-y ! »
  • « Ce qui m’inquiète c’est de me dire que cette urgence de changer les choses n’est pas suffisamment prise en compte. »

Le livre recommandé par Judith : Sapiens, pour changer de perspective sur le monde…

Merci d’écouter cet épisode et si vous avez aimé, abonnez-vous à SISMIQUE sur votre plateforme préférée et laissez un avis et une note (sur Apple podcast), ça m’aide beaucoup :

Philippe Bihouix : l’âge des low tech

L’âge des Low tech est aujourd’hui une des références les plus citées par ceux qui essaient de comprendre les enjeux de demain et c’est donc naturellement que j’ai voulu dialoguer avec son auteur Philippe Bihouix.

J’ai fini le livre quelques minutes seulement avant notre interview et je lui pose des questions toutes fraiches pour m’éclairer sur certains points et le faire parler sur ce qu’il me semble interessant de faire connaitre aux auditeurs de Sismique. J’ai parfois été surpris par ses réponses plus nuancées qu’attendu et suis ressorti de là avec le sentiment que tout était possible.

Le sujet est passionnant et mérite d’être approfondi davantage tant nous connaissons mal la manière dont sont fabriqués tous les produits que l’on consomme et la quantité de ressources nécessaires à notre mode de vie.

 

De quoi parle-t-on?

2.00 – Pourquoi Philippe s’est mis a écrire des livres

 

5.45 – On fait le point sur les métaux, les réserves, les terres rares… 

  • « Il n’y pas forcement de gros problème de réserve à court terme. »
  • « Il y aura pénurie à un moment, la question c’est quand. »
  • « On n’a pas une énergie infinie, on n’a pas de métaux infinies, et donc on est pris dans un cercle vicieux : les métaux réclament plus d’énergie et l’énergie réclame plus de métaux. »
 

14 – Les énergies renouvelables sont gourmandes en métaux

  • «  On ne peut pas monter à 100% de taux de recyclage. »
  • «  Plus on va vers des hautes technologies plus il est difficile de recycler. »
 

18 – Un futur high tech ? 

  • Lewis Mumford : la religion de la technologie
  • La nouvelle Atlantide, livre de Francis Bacon
  • Loi de Moore
  • «  On ne vit pas dans une société post-industrielle on vit dans une société hyper industrielle. Les économistes qui écrivent le contraire ne sont pas dans les campagnes chinoises… »
  • «  On a déporté la pollution à l’extérieure de la ville »
  • «  On a une impression de dématérialisation qui est complètement fausse »
  • «  Les objets connectés vont provoquer des besoins effrayants en terme d’énergie… et ça ne sera pas pour sauver la planète »
  • Estimation de la consommation énergétique du « cloud »
 

25 – Les enjeux géopolitiques autour des ressources minières ? 

  • La guerre des métaux rares, livre de Guillaume Pitron
  • «  J’ai du mal a accrocher avec l’idée de relance minière en France »
  • «  Notre indépendance envers la Chine n’est pas juste sur les terres rares… »
  • «  Si la Chine décide d’arrêter de nous envoyer des smartphones on va tous pleurer très fort, mais le problème est bien plus large »
  • «  Une mine n’est jamais propre, je n’aime pas ces arguments de relance minière »
  • «  Moins de 10 % de l’or mondial est utilisé dans l’industrie, le reste sert à faire des lingots… »
  • «  Pour faire monter le recyclage il faut faire monter le prix des ressources »
  • «  Dans un smartphone il y a moins de 2 euros de matière première »
 

32 – Décroissance et low tech comme solution ? 

  • Low tech
  • Shumacher
  • Paradoxe de Jevons (effet rebond)
  • «  Si on ne va pas vers ça, on ne sera pas vraiment soutenable parce qu’on continuera d’être dépendant des ressources. »
 

38 – Arrêter de gâcher. Des exemples simples.

  • «  On mise tout sur l’innovation techno alors qu’il y a une foultitude d’autres types d’innovation… »
  • «  Les low tech c’est un appel à ça, attention il n’y a pas que des innovation techno »
 

41 –  Les raisons souvent avancées pour ne pas changer sont elles bonnes?

  • Théorie du déversement d’Alfred Sauvy
  • Schumpeter
  • «  La croissance ne doit pas revenir parce qu’on n’arrive pas à découpler la croissance et la consommation de ressources et d’énergie. »
  • “Il faut refaire des exploitations agricoles à taille humaine”
 

45 – Le dilemme du prisonnier : le premier qui bouge est perdant.

  • Parallèle avec l’abolition de l’esclavage par l’Angleterre. Il faut que que quelqu’un bouge en premier.
  • “Un pays peut-il entrer tellement en transition sans que tous les autres le fasse? Oui mais il faut se protéger.”
  • L’importance du combat normatif.
 

51 – Qu’est-ce qu’il faut faire concrètement?

  • 4 niveaux d’action : personnel, territorial et local, étatique (fiscalité, financement de l’innovation, école), diplomatique
  • Tony Seba
  • Oppenheimer
 

59 – Quel futur?

Et la recommandation de lecture de Philippe :

Merci d’écouter cet épisode et si vous avez aimé, abonnez-vous à SISMIQUE sur votre plateforme préférée et laissez un avis et une note (sur Apple podcast), ça m’aide beaucoup :

Jean-Pierre Goux : éveiller les consciences

J’ai lu Siècle Bleu, le roman en deux tomes de Jean-Pierre Goux il y a maintenant deux ans, j’ai vu ses interventions à la télé et son TED talk, et je me suis dit dès le début de mes réflexions sur le concept de Sismique qu’il devrait faire partie des premiers invités. 
 
Jean-Pierre pense le monde de demain depuis des années et s’est dit très tôt que notre avenir collectif dépend en grande partie de notre capacité à préserver le « vaisseau Terre ». 
 
 Qu’est-ce qui peut déclencher la prise de conscience que l’on vit dans un monde fini et fragile et qu’il faut changer nos comportements individuels si l’on veut le préserver ?
 Voici la question qui le passionne, celle du déclic, de l’éveil individuel et collectif qui seul peut permettre un changement profond et durable. 
Jean-Pierre cherche des pistes de réponses dans notre rapport à l’énergie et aux ressources et dans le récit qu’il faut créer pour nous projeter dans l’avenir de manière positive et active. 
Merci à Anouck Rayé pour l'illustration !

De quoi parle-t-on?

2.00 – L’origine de la vocation de JP Goux
 
4:15 – Le futur? Nous sommes dans le Siècle Bleu…
  • « Le grand enjeu c’est que l’homme parvienne à une forme de maturité… c’est l’harmonie entre les humains »
  • « On est dans le siècle où tout est possible et dans le siècle où on n’a pas non plus le droit de se tromper. »
 
7:00 – Pourquoi JP Goux s’intéresse de près à l’énergie ?
  • « Quand on regarde la raison pour laquelle la planète est en surchauffe, derrière on trouve l’énergie » 
  • « Quand on a trouvé les énergies fossiles c’est comme si on avait trouvé un deuxième soleil enfoui. » 
  • Vers la sobriété heureuse,  livre de Pierre Rabhi
  • « La transition hors du fossile est nécessaire mais la vraie transition ce sont les économies d’énergie »
 
10:30 – Des ressources limitées
  • « On aura des successions d’effondrements, par îlots, c’est ce qui risque de se passer »
  • L’âge des low Tech, livre de Philippe Bihouix
  • Biomimétisme, livre de Gauthier Chapelle 
  • «  On a beaucoup utilisé notre sous-sol donc on est très dépendants, c’est une des impasses stratégiques de l’Union Européenne »
  • One belt, one road, la nouvelle Route de la soie
 
14:00 – Les solutions aux problèmes énergétiques de demain ?
  • Fusion nucléaire
  • Projet ITER, équivalent américain National laboratory
  • « Il n’y aura pas de transition sans épanouissement humain, la transformation sociétale est importante mais la transformation personnelle aussi. »
 
17:00 – Le Siècle Bleu
  • « Les choses qui m’ont le plus fait rêver et le plus changer, ce sont des romans »
  • « J’ai mis en scène des héros qui ont les valeurs nécessaires pour réaliser cette transition : le courage la ténacité, les rêves et une certaine ouverture au hasard. »
  • « On a une crise narrative totale, notre récit est encore celui d’après-guerre qui est un récit de reconstruction qui n’a plus de sens aujourd’hui »
  • «  Le phénomène mafieux est un impensé de la société parce que c’est enseigne nulle part… Si on ne s’attaque pas à ce problème là il n’y a pas de transition possible »
 
27:00 – L’overview effect
 
40:00 – Le rôle de notre génération
  • « Le plus important ce sont les liens… » 
 
44:30 – Comment mobiliser?
  • « Si on n’arrive pas à mettre un visage sur l’ennemi c’est très difficile de mobiliser les gens »
  • « Vouloir détruire le système n’est pas la meilleure façon de faire si l’on veut en construire un autre »
  • « Les techniques de méditation laïques sont une des clés du changement à très grande échelle »
  • « S’il faut attendre que tout le monde ait conscience qu’il y a un problème pour agir on n’y arrivera pas »
  • Margarette Mead
  • « Il faut redonner à ces entrepreneurs de la transformation, à ces visionnaires la foi et l’énergie d’aller jusqu’au bout. »
  • « Il n’y aura pas une transition il y aura un million de transitions avec des gens qui feront des choses  l’échelle de leur quartier, de leur pays ou de planète… chacune de ces transitions est un chemin de croix. »
  • Aaron Swartz
  • Demain, film de Cyril Dion et Mélanie Laurent
  • « La chose sur laquelle je réfléchis le plus en ce moment c’est comment amener les gens à accomplir leur rêve » 
  • « Se forcer à changer ses habitudes sans se changer soi-même, sans se connecter différemment à son futur ça ne marche pas, parce que ce n’est pas durable »
  • Green washing
 
1:01:00 – Ce qu’il faut dire aux enfants et livres à lire
 
Merci d’écouter cet épisode et si vous avez aimé, abonnez-vous à SISMIQUE sur votre plateforme préférée et laissez un avis et une note (sur Apple podcast), ça m’aide beaucoup :
 

Cédric Ringenbach : l’avenir du climat

Le problème du réchauffement climatique est maintenant clairement admis et défini par la communauté internationale comme une des grandes priorités de ce début de siècle. 

Les causes en sont désormais identifiées avec quasi certitudes (ie: les gaz à effet de serre émis par l’homme) et les conséquences commencent déjà à se faire sentir un peu partout avec un impact sur l’ensemble du « système monde »: dérèglement du climat, montée des eaux, perturbations des écosystèmes vivants, baisse des rendements agricoles… 

Notre capacité à modifier le cours actuel des choses et à limiter ces dérèglements sera décisive pour préserver un environnent vivable et conditionne notre futur. 

Pour mieux comprendre ce sujet central, je reçois Cédric Ringenbach, un spécialiste du climat qui a passe des années à étudier et à expliquer tout ce qui se dit et s’écrit sur ces questions. 

Cédric a durant 6 ans été le directeur du Shift Project, un groupe de réflexion qui a comme vocation d’éclairer le monde des décideurs économiques et le monde politique sur les questions d’énergie, de climat et de transition vers un monde post-carbone. 

Nous parlons des différents scénarios climatiques pour les décennies à venir, des causes du réchauffement, de la COP21, du lien entre énergie et croissance et des convictions de Cédric sur notre avenir.

De quoi parle-t-on ?

2:00 – Le parcours de Cédric

4:30 – Qu’est ce que le GIEC et quel est son diagnostique sur le climat et quelle est sa méthodologie ?

  • «  Il y a un réchauffement, c’est bien l’homme qui en responsable et si on continue les conséquences sont catastrophiques »
  • Forçage radiatif: approximativement défini comme la différence entre l’énergie radiative reçue et l’énergie radiative émise par un système climatique donné
  • 5e rapport du GIEC
  • G20 Copenhague
  • «Les scientifiques n’ont jamais dit qu’il ne fallait pas dépasser 2 degrés… ce sont les politiques qui ont décidé de ne pas dépasser 2 degrés»
  • Les 3 groupes de travail du GIEC : l’analyse du climat / les questions d’adaptation / comment agir
  • «Les premiers sceptiques sont les scientifiques eux même, on ne considère jamais une théorie à 100% valable»
  • 1er principe de thermodynamique

11:30 – Le réchauffement est dû à l’homme !

  • «On est sûr à 95% que l’homme est responsable du changement climatique, concrètement personne n’en doute »
  • « Tout le CO2 émis par l’homme depuis 1975 est égale à ce qui a été émis avant 1975 par toute l’histoire de l’humanité »

13:30 – Points de rupture ou « tipping points ». L’exemple de la fonte du permafrost

  • « Ce sont des quantités monstrueuses de méthane si le permafrost se met à fondre »
  • « Le méthane est 25 fois plus puissant sur un siècle et 100 fois plus puissant à court terme »

16:00 – Les sujets incompris sur le climat

  • «  ll ne faut pas en vouloir aux climato sceptiques, le déni est une réaction normale de survie… on croit la première personne qui nous dit quelque chose qui nous rassure »
  • «  On n’est plutôt sur un trajectoire qui nous amène à +3/4 degrés en 2100 »

19:30 – Décalage entre émissions et dérèglement

  • « Ce qui se passe entre maintenant et 2050 est déjà écrit. »
  • « Le jour ou on verra les émissions baisser sur plusieurs années de suite, ce sera une grande victoire… on n’y est pas du tout. »

22:00 – Petites histoires de la COP21 et ce qui est fait depuis

  • «  Il faut regarder le verre à moitié plein… ce n’était pas gagné d’avance du tout. »
  • « On continue d’émettre toujours plus, les émissions n’ont pas baissé. »
  • « Chaque pays doit mettre en place son plan climat… et là on voit qu’on rentre dans le dur. »

26:30 – Le découplage et l’énergie

  • Découplage énergétique
  • «  Un vrai découplage c’est réussir à baisser les émission pendant que le PIB augmente »
  • «  L’énergie est toujours à environ 80% fossile, on fait donc difficilement de l’énergie sans faire du CO2 »

29 – Que faire pour sauver le climat ? Est-ce possible ?

  • « Développer les énergies bas carbone pour sauver le climat c’est passer à côté de l’essentiel…il faut revoir de fond en comble le système économique »
  • «  Les scénarios à 2 degrés du GIEC sont extrêmement optimistes (sur le découplage)…ils sous estiment l’importance de l’énergie comme facteur de production dans le système économique…Ce sera beaucoup plus dur que ce qu’ils anticipent. »
  • «  Les scénarios du GIEC sont tous des scénarios dans lesquelles il y a de la croissance… Comment on peut y croire? »

35:00 – Pourquoi on n’y arrive pas?

  • «  J’ai vécu dans mes tripes de faire du lobbying et de voir à quel point on n’arrive pas à faire bouger les choses… »
  • Thermodynamique de l’évolution, livre de François Roddier
  • « Chaque individu, chaque organisation est optimisé pour maximiser son bien-être et pour croître… On aura beaucoup de mal à lutter contre ça, contre ce que nous sommes, contre notre nature. »
  • « Vouloir baisser notre empreinte énergétique va à l’encontre de nos aspirations naturelles. »
  • « Il faut revoir de fond en comble la manière dont fonctionne l’économie. »
  • « Ce n’est pas simple du tout de changer son propre mode de vie pour avoir un impact positif. »

40:00 – Retour à la terre

  • Comment tout peut s’effondrer – Pablo Servigne
  • « Une bonne partie des émissions de l’agriculture est liée à la viande que l‘ on consomme. Pour un kilo de viande c’est 1500L d’eau… »
  • «  On fait manger aux vaches des céréales alors qu’elles sont herbivores, cherchez l’erreur… »
  • «  On vit dans un monde qui nous éloigne de la Terre Mère, de ce qui nous fait vivre. »

45:00 – Ce qui risque de se passer

  • «  Il me semble assez inéluctable que ça ne va pas bien se passer… »
  • «  Avant la fin du siècle il y a des choses très graves qui se passent en terme de rendements agricoles et du coup en terme de migrations… on est totalement incapables de gérer ça. »
  • « Ce que l’on va voir arriver ce sont peut-être plus des crises économiques qu’énergétiques ou climatiques»
  • « Rapport du club de Rome (dit Meadows), les limites à la croissances : au cours du siècle il va y avoir une baisse de la production industrielle, une baisse de la production alimentaire et en conséquence une baisse de la population. »
  • «  Ce qui m’intéresse aujourd’hui c’est de réfléchir à ce qu’il peut se passer et à ce qu’il faut faire pour introduire de la résilience à un maximum d’endroits. »
  • « Dans un monde qui part en vrille, ce qui me fait le plus peur c’est de perdre mon humanité. »

51:30 – Bio-Ingénierie

  • Il y a deux grandes familles de bio-ingénierie :
    • Enlever le CO2 de l’atmosphère
    • Jouer sur l’albédo, c’est à dire renvoyer de la lumière du soleil dans l’espace
  • « Il ne faut surtout pas se dire que c’est ça la solution. »

55:30 – Les livres recommandés par Cédric

Merci d’écouter cet épisode et si vous avez aimé, abonnez-vous à SISMIQUE sur votre plateforme préférée et laissez un avis et une note, ça m’aide beaucoup :

Cécile Wendling : l’art de la prospective

Essayer de prévoir le futur, de jouer à deviner de quoi demain sera fait, est un exercice difficile et l’histoire nous montre à posteriori que génération après génération ceux qui s’y sont essayé se trompent bien souvent. 
Cécile Wendling fait partie de ceux qui, au quotidien, continuent de se poser la question de l’avenir, car malgré la difficulté et la complexité de la tâche, anticiper ce qui peut se passer pour mieux s’y préparer est plus que jamais devenu essentiel. 
 
Cécile est docteur en sciences politiques et sociales, aujourd’hui Directrice de la prospective du groupe Axa, leader européen de l’assurance. Elle a précédemment travaillé pour le gouvernement français et pour la Commission Européenne sur l’anticipation des risques et des crises.  

Nous parlons de l’histoire de la prospective, de la manière dont les états et les entreprises anticipent le futur, et de sa vision éclairée de ce qui nous attend dans les années à venir.

De quoi parle-t-on?

1:00 Qui est Cécile Wendling et quel est son parcours: prospective et risque
8:00 Histoire et définitions de la prospective
13.00 Est-ce difficile de prévoir le futur? Est-ce qu’on se trompe vraiment tout le temps?
16.30 Nouvelles méthodes de prospective: pari, big data et neurosciences
20.10 Est-ce qu’on sait gérer la nouvelle complexité du monde? Comment distinguer le signal du bruit? Les biais de la prospective et comment passer de la stratégie à la prospective pour mieux innover ?
22.00 Cas Kodak, les freins à l’adaptation
24.00 Pourquoi on se trompe sur nos prédictions? Est-ce que la méthodologie a évolué pour s’améliorer. La méthode contrefactuelle et les freins organisationnels et culturels.
30.00 Les enjeux de la prospective en Europe et en France
34.30 L’Europe est elle bien positionnée sur les tendances de demain?
37.00 Qu’est-ce que ça veut dire d’investir dans le monde de demain ?
38.00 Les enjeux pour les entreprises, qu’est-ce qui fait qu’une entreprise s’adapte ou pas et quels sont les leviers? Survi, croissance et rôle dans la société. Humains et environnement externe
41.00 Les sujets clés à travailler dans le monde de l’assurance et comment on s’y prend? Qu’est ce qu’on assurera demain? L’exemple du véhicule autonome.
46.30 Qu’est ce qu’on ne voit pas venir ? Les ruptures sociales, inégalités, écologie…
49.00 Pourquoi on n’arrive pas à changer
51.30 Notre époque est elle différente?
54.30 Ce qui peut fondamentalement changer sur les 15 prochaines années. L’exemple de la voix.
1.02:00 La vision du monde de Cécile à 20 ans et ce qui rend Cécile pessimiste : étroitesse d’esprit, manque d’éthique et abandon
1.04:00 Ce que Cécile a changé dans sa vie: Yoga et méditation et ouverture aux autres…
1.06:00 Ce qu’il faut faire pour éduquer ses enfants et les préparer à l’avenir: pas de stéréotypes, pas d’écran, laisser les enfants s’ennuyer.

Les ressources et personnes citées

Extraits

« Les choses n’existent pas, c’est nous qui avons une construction sociale de ce qui peut être vu comme une menace ou comme un risque. »
« La prospective vient des milieux de la défense. »
« Le futur n’existe pas, le futur se construit tous les jours, et ce sont plein de micro décisions agrégées qui vont faire que le futur va apparaître dans un sens ou un autre. »
« La technologie est plus facile à anticiper que le social »
« La prospective c’est anticiper des ruptures qui ne sont pas celles que l’on a connues.»
« Comment fait-on pour distinguer le signal du bruit ? Ça reste compliqué… »
« On a tendance à penser l’avenir avec les schémas mentaux d’aujourd’hui. »
« On a du mal à imaginer quelque chose qu’on n’a jamais vu. »
« On anticipe l’avenir en fonction du passé que l’on a déjà vécu. »
« Il faut continuellement se projeter à horizon 10 ans, il faut continuellement construire cette vision du long terme »
« C’est parce qu’on a fait des scénarios qu’on peut mieux distinguer le signal du bruit »
« Sur le réchauffement climatique il y a des positions des européens qui sont extrêmement courageuses et qui vont changer le monde de demain »
« Il y a un imaginaire collectif à réenchanter vis-à-vis de l’avenir »
« On ne peut pas savoir sans essayer »
« Je ne crois pas que sur le long terme une société des inégalités soit viable ; confiance, solidarité, sont des mots extrêmement importants, on ne travaille pas assez sur l’avenir de la solidarité, du lien social… »
« Les gens vivent comme si nos ressources étaient infinies, il y a un décalage entre les études que l’on peut lire sur ces questions et nos pratiques, et l’on n’arrive pas à changer »
« Tant que ça nous demande un effort, on va faire le choix facile. On est conditionné à aller au plus simple, on perd du sel de la vie. »
« On va vivre dans monde de code et d’interfaces… Qu’est-ce que ça veut dire que se simplifier la vie ? C’est une question qu’il va falloir que l’on se pose. »
« Notre époque est différente car ne nous ne sommes pas le même nombre d’humains sur la planète et que l’on commence à voir les effets de nos modes de vie, ce n’est pas comme il y a 30 ans ! »
« L’esprit critique est une compétence non automatisable »
« Ce qui fait qu’on trouve du sens dans nos vies c’est qu’on sait où on va »
« Transmettre cette vision du temps long, ça nous évitera des accidents, ça nous permettra un projet commun et se poser pour construire ensemble, c’est beau… »
« Je suis une pessimiste qui se soigne »
« Ce qui me rend pessimiste c’est l’étroitesse de nos schémas de pensée. Plus on avance plus on l’impression d’accéder à toute l’information mais en fait on accède à une information de plus en plus étroite. Ma peur c’est la fin de cette diversité. »
« L’absence d’éthique me rend aussi pessimiste. »
« La diversité, c’est ce qui peut nous sauver et ça commence par soi-même aller au contact de gens très différents ; et en fait aujourd’hui c’est de plus en plus compliqué…il y’a de moins en moins d’arènes pour se croiser »
« S’ennuyer devient un geste rebelle »

Merci d’écouter cet épisode et si vous avez aimé, abonnez-vous à SISMIQUE sur votre plateforme préférée et laissez un avis et une note, ça m’aide beaucoup :

Pascale D’Erm : écologie et transition

Pour cet épisode 3, j’ai voulu mieux comprendre d’où vient ce mouvement écologiste que j’ai vu grossir doucement depuis mon enfance et qui occupe une place de plus en plus importante dans les média et dans le discours politique.

Il me parait que le regard porté sur cette question de la « préservation » de la nature a considérablement évolué ces dernières années (en particulier en France depuis la COP21) alors que l’on prend conscience de la finitude de notre espace et de nos ressources, et de notre impact sur l’ensemble des écosystèmes planétaires.
On est passé d’une discipline « anecdotique », un peu gênante, qui pose des questions que l’on n’a pas vraiment envie de traiter à un sujet qui englobe tout. 

L’écologie, la préoccupation du vivant, de l’environnement est aujourd’hui en toile de fond de tout ce que nous faisons collectivement car le fil s’est tendu et que tout est devenu plus fragile : le climat, les écosystèmes, le vivant, les ressources…

Toutes nos projections sur ce que sera l’avenir de nos sociétés doivent tenir compte de ces limites et cette tension et c’est pour ça que je veux y consacrer du temps avant d’explorer des questions plus « verticales » qui ont aussi un intérêt pour penser l’avenir (les révolutions technologiques, les inégalités sociales…).

Pascale D’Erm est une journaliste, auteure et réalisatrice, spécialisée dans les questions de nature et d’environnement depuis une vingtaine d’année. Elle a notamment travaillé aux côtés de Nicolas Hulot et de Yann Arthus Bertrand et a publié de nombreux livres.
J’ai voulu connaitre le point de vue de Pascale sur les enjeux écologiques d’aujourd’hui, d’où ils viennent, comment ils sont traités et ce qu’ils nous disent sur l’avenir.

On parle de l’histoire de l’écologie, du rôle particulier des femmes, des limites des média traditionnels, de transition et de solutions locales à l’essai, de la nécessité de prendre conscience des enjeux.

De quoi parle-t-on?

1:00 Brève histoire de l’évolution de l’écologie et définition de l’écologie aujourd’hui
9:00 L’innovation écologique dans les territoires
17:00 Prise de conscience écologique
20:30 Les difficultés de la mise en place d’initiatives locales
23:00 Temps et écologie
27:00 Passage à l’échelle ?
30:00 Une histoire de corruption, le pouvoir des lobbies
31:30 Le traitement médiatique n’est pas à la hauteur
34:00 Rendre publique les données pour informer la population
36:00 Prise de conscience et transition entre générations
38:00 Le nucléaire ou la difficulté de la transition
42:00 Femmes et écologie
47:30 Hypothèse Gaya
52:30 Livres à lire
54:30 Comment préparer les enfants à demain?

Les ressources et personnes citées

GIEC
Ecocide
Institut des futurs souhaitables, Super outil de l’institut, Mathieu Baudin
Professeur Meyer Lindenberg, psychiatre
Edgar Morin , sociologue et philosophe
Ils l’ont fait ca marche! Comment l’écologie change déjà la France , livre de Pascale D’Erm
Erwan Lecoeur, sociologue, politologue
Initiative Strasbourg habitat participatif
Loos-en-Gohelle, transition verte dans le nord
Etats généraux de l’alimentation
Le syndrome du Titanic, Nicolas Hulot : livre et film
Corinne Lepage, ex-ministre de l’environnement
Valerie Cabanes- Un nouveau droit pour la Terre
Vandana Shiva, activiste environnement
Lyon. la ville aimée des ainés
Margarette Mead :  Ne doutez jamais qu’un petit groupe d’individus conscients et engagés puisse changer le monde. C’est d’ailleurs toujours comme cela que ça s’est passé. »
Eloge de la lenteur , livre de Carl Honoré
Citta slow
Décroissance 
Paul Aries, politologue
Demain, le film
Yann Arthus Bertrand, Photographe, journaliste
Elise Lucet, Journaliste
Application Plume Lab 
Terrain « Seveso »
Yvon Chouinard, alpiniste et fondateur de la marque Patagonia
Maxime de Rostolan, ingénieur et « payculteur », fondateur de « Fermes d’avenir »
Marc de la Menardière, coréalisateur du film « En quête de sens »
Nathalie Bastianelli – fondatrice de « we belong »
Soeurs en écologie , livre de Pascale D’Erm
Printemps silencieux, livre de Rachel Carson
HiIdegarde de Bingen
Rosa luxemburg, Lettres de prison
James Lovelock Lynn Margulis – Hypothèse Gaya
End ecocide on earth
Anthropocène
L’économie symbiotique,  livre d’Isabelle Delannoy
Elinor Ostrom
Biomimétisme
Esther Duflo – économiste
Devenir une écomaman, livre de Pascale D’Erm
Captain Fantastic, le film

Extraits

« L’écologie n’est pas uniquement un mouvement politique, l’écologie nous renvoie à notre interdépendance avec le monde vivant »
« La politique peut jouer un rôle de liant »
« L’écologie est devenue un enjeu culturel »
« Les gens n’ont pas envie qu’on leur fasse peur, on a besoin de récits de monde désirable »
« Passer de la bienveillance à la bien-vaillance »
« L’écologie est un vecteur de lien et permet à un tas de gens de retrouver un sens à leur existence »
« Je n’aime pas parler de  « décroissance » car je ne trouve pas ça positif, ça n’est pas la vie, la vie ne décroit pas »
« Vivre hors de l’économie mondiale est un luxe que très peu de personnes peuvent se permettre »
« Il est évident qu’on ne peut pas sortir du nucléaire du jour au lendemain »
« La finalité de l’écologie c’est de continuer à vivre ensemble sur une planète viable »
« Les femmes ont une autre vision de l’écologie »
« Care, conscience du temps long, interdépendance, sont des valeurs portées par de femmes »
« L’écologie est émancipatrice pour les femmes »

 

Merci d’écouter cet épisode et si vous avez aimé, abonnez-vous à SISMIQUE sur votre plateforme préférée et laissez un avis et une note, ça m’aide beaucoup :

Timothée Boitouzet : inventer le futur

Timothée a été déjà pas mal médiatisé en tant qu’inventeur d’un nouveau type de matériau, un bois modifié aux propriétés nouvelles : translucide, imputrescible et plus résistant au feu.

Il est aujourd’hui à la tête d’une start-up basée à Paris, WOODOO, qui vise à commercialiser cette innovation avec pour ambition d’en faire le matériau le plus performant du 21e siècle.

Au-delà de son parcours incroyable (d’abord architecte au sein de cabinets prestigieux un peu partout dans le monde, puis chercheur en chimie au MIT et à Harvard et finalement start-upper) et de l’Intérêt de son projet actuel c’est sa réflexion sur son métier, sur l’avenir en général et sur le rôle de la science en particulier qui m’ont intéressés.  
On parle de ses motivations pour résoudre les défis écologiques et économiques de notre époque, d’urbanisme, de start-ups, de sa compréhension du vivant, de sa foi en la science et finalement d’optimisme. 
 
Voici la petite liste de récompenses déjà reçues par Timothée pour son innovation:
  • Grand Prix de l’Innovation 2016 (Mécénat Besnard de Quelen – CNAM)
  • GreenTech Verte 2016 (ministère de l’Environnement)
  • Grand Prix de l’innovation de la ville de Paris, 2016
  • CleanTech Open Global 2017 (San Francisco)
  • i-LAB 2017 (ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation)

De quoi parle-t-on?

1:50 Sur quoi Timothee travaille
5:00 La genese de Woodoo  
7:00 Le déclic
8:30 Ce nouveau matériau c’est quoi exactement?
11:20 Passage a l’échelle ?
12:30 Le problème du béton 
18:00 Négationnistes, réductionnistes, interventionnistes, 3 points de vue sur le futur 
23:00 Le rôle des entrepreneurs, « haters » et « doers »
28:00 L’humanité saura trouver des solutions aux problèmes actuels
31:00 Les logiques d’investissement dans les start-ups
33:00 Tech et deep tech
35:00 Une certaine vision de la nature
37:00 Ethique et science?
43:00 La 4ème révolution industrielle
45:00 Sa vision du futur: il faudra encadrer les innovations
49:00 Le marche décide des innovations qui doivent émerger selon nos besoins
53:00 L’importance de l’education

Les ressources et personnes citées

Extraits

« 75% de l’humanité va vivre dans des villes d’ici 2050 »
« Mon histoire c’est celle d’un architecte qui invente son propre matériau pour que les bâtiments de demain soient en phase avec le 21e siècle »
« La raison d’être de Woodoo est d’apporter sur la marché une technologie qui soit bien pour l’environnement »
« Le problème du béton c’est qu’il n’y a plus énormément de sable disponible »
« Il n’y a jamais eu autant de bois en France depuis le Moyen-Age »
« L’humanite va difficilement passer le cap des 2100 si on continue sur cette lancée » 
« Je respecte les gens qui font des choses »
« Quand il n’y a pas de solution on en trouve »
« L’innovation c’est connecter des disciplines qui ne l’ont jamais été »
« L’echec est le quotidien de la science » 
« La pure nature n’existe plus »
« Demain plus personne n’aura de cancer »
« En soi, modifier la nature n’est pas quelque chose de dramatique, elle le fait elle-même »
« On est dans un des siècles les plus interessants de l’histoire de l’humanité »
« Nous arriverons à un état d’équilibre sur notre problème de ressources »
« Le pétrole pousse dans les arbres, ça s’appelle la lignine »
« On manque d’une vision vertueuse à long terme »
« Les codeurs sont les ouvriers du 21e siècle »
« Ça va être fascinant, on entre dans une nouvelle ère »
 
 
Merci d’écouter cet épisode et si vous avez aimé, abonnez-vous à SISMIQUE sur votre plateforme préférée et laissez un avis et une note, ça m’aide beaucoup :

Vincent Mignerot : effondrement ?

J’ai découvert les thèses de Vincent par le biais de son interview sur Thinkerview et j’ai voulu creuser pour comprendre d’où vient sa conviction que quoi que l’on fasse notre modèle de civilisation ne pourra pas survivre à la rarefaction des énergies fossiles.
J’ai lu son dernier livre, Transition 2017, j’ai consulté les contenus disponibles du comité Adrastia, un « think-tank » qu’il a créé et présidé pendant 4 ans, et je l’ai rencontré. 
Au final ce scénario me parait tout à fait crédible car il se fonde sur des études assez poussées des données scientifiques disponibles et il appelle évidemment à une réflexion profonde. 
C’est en fait en partie depuis cette prise de conscience des risques tangibles que posent notre mode de vie que j’ai voulu pousser mes recherches sur le futur et que je lance ce podcast; je veux mieux comprendre les phénomènes dont parlent les théoriciens de l’effondrement, les collapsologues, pour me faire ma propre idée, mais je veux aussi explorer d’autres scenari, parler à ceux qui ont un avis différent, à ceux qui regardent les choses sous un autre angle.  
Un sujet passionnant, angoissant aussi, qu’il faut avoir en tête quand on essaie d’anticiper demain.

De quoi parle-t-on?

  • 06:30 Pourquoi Vincent a créé Adrastia
  • 08:30 La thèse de l’effondrement
  • 11:30 Le fonctionnement de nos sociétés repose sur l’énergie
  • 13:00 Projections sur les ressources énergétiques
  • 19:00 L’illusion des énergies renouvelables
  • 24:00 La complexité rend fragiles nos sociétés
  • 25:00 Moins d’énergie = Moins de guerre
  • 27:00 Pas de solutions mais une adaptation 
  • 29:00 Ne pas imaginer un effondrement salutaire
  • 32:00 Croire en une solution, c’est procrastiner 
  • 34:00 La confusion entre compétition et rivalité et pourquoi on ne peut pas changer les règles du jeu
  • 39:00 Nous n’avons plus de prédateur, mais nous avons toujours besoin d’énergie et de ressources pour fonctionner…
  • 41:00 L’adaptation est une vertu en soit 
  • 43:00 Les règles de la compétition rendent tout changement unilatéral compliqué
  • 44:20 Il nous faut accepter la perspective du déclin 
  • 47:30 Une perspective morale de travail commun 
  • 49:00 C’est déjà trop tard! L’inertie climatique ou pourquoi nous devons préparer l’après dès maintenant 
  • 51:00 Réduire la complexité de nos systèmes
  • 51:00 Impact sur la démographie 
  • 53:00 Refus du terme de « solutions »
  • 54:30 Le retour à la terre est utile au niveau individuel mais il faut des décisions à grande échelle 
  • 58:30 La perspective et le danger du repli sur soi et du communautarisme
  • 1.02.30 Eco-évolution et temps long pour nous rattacher à ceux qui ont déjà vécu un déclin 
  • 1.05.50 Nos sociétés se meurent d’une promesse de croissance infinie non tenable

Les ressources et personnes citées

Extraits

« Le recyclage est une illusion thermodynamique »
«  On ne peut pas générer des cycles pérennes à partir d’un flux énergétique qui est en déclin » 
«  Nous nous fourvoyons conceptuellement sur les énergies renouvelables et de substitution en générale » 
«  On ne solutionne pas un déclin énergétique, l’adaptation est le vrai défi » 
«  Il ne faut absolument pas fantasmer sur un effondrement salutaire qui viendrait ouvrir de nouveaux possibles » 
«  Le défi était hier et on ne l’a pas relevé » 
«  Il n’est pas bienveillant de promettre une croissance de 2% par an » 
«  En soit la civilisation n’est pas un objet vertueux » 
 
Merci d’écouter cet épisode et si vous avez aimé, abonnez-vous à SISMIQUE sur votre plateforme préférée et laissez un avis et une note, ça m’aide beaucoup :

# 0 – Sismique, quels futurs ?

Je lance ce podcast, Sismique, avec pour idée d’essayer à ma manière de répondre à une question qui m’obsède de plus en plus, une petite question toute simple : où va le monde?

Pourquoi?

Parce que je suis comme tout le monde en fait, je constate que ça va à mille à l’heure autour de moi, que tout bouge à une vitesse folle et qu’il faudrait que je comprenne un peu mieux ce qui se passe.

D’un coté les innovations technologiques continuent de s’enchainer à un rythme sans précédent alors qu’elles ont déjà radicalement changé la manière dont on s’informe, dont on communique, dont on travaille… dont on fait a peu près tout en fait.

De l’autre on voit que les limites de notre modèle de développement se font de plus en plus sentir et que les conséquences sont déjà alarmantes, que ce soit le changement climatique, l’extinction massive des espèces, l’épuisement des ressources, la pollution généralisée, etc.

Bref, on sent bien tous qu’il est train de se passer quelque chose d’important, qu’on change d’époque en quelques sorte et que c’est loin très d’être anodin.

Le problème c’est que justement ça va trop vite, et qu’en plus ca continue de s’accélérer.

On est dans une situation où les enjeux sont énormes, où il va falloir faire des choix individuels et collectifs importants, mais où le bruit médiatique permanent, notre attention dispersée et la complexité des sujets nous empêchent d’y voir clair et de trouver des réponses.

J’ai donc envie de prendre le temps de comprendre ce qui se passe autour de nous, ici et maintenant, et d’essayer de tirer le fil pour tenter de voir où ça nous mène.

J’ai des dizaines de questions en tête:

  • A quoi ressemblera le monde si on ne fait rien de radical pour lutter contre le changement climatique ?
  • Pendant combien de temps encore pourrons-nous exploiter les énergies fossiles et par quoi pourra-t-on les remplacer?
  • Quels sont les promesses et les dangers des développements de l’intelligence artificielle?
  • Quels seront les impacts des technologies en développement sur nos sociétés, sur nos organisations, sur la culture, sur nos vies.
  • Qu’est ce que nous réserve la blockchain, les biotechnologies, les nanotecs, la réalité virtuelle, la robotique…
  • Comment va évoluer la société sous la menace de l’accroissement des inégalités, la propagation des fake news, la surveillance généralisée ? Qu’en disent ceux qui pensent l’économie collaborative, le revenu universel, les modèles de sociétés alternatifs…
  • Quelles sont aussi toutes les tendances positives et les solutions à l’essaie qu’il faut avoir en tête ?
  • Nos schémas de pensées, nos institutions, nos outils de compréhension du monde sont-ils adaptés pour gérer cette vague de changements?
  • Qu’est ce que le futur nous réserve ? Qu’est ce qui est entre nos mains pour que ce soit un endroit sympa où vivre?
  • Qu’est ce que je fais moi ?

Tous ces thèmes sont à mon sens essentiels à explorer et à comprendre car c’est une véritable vague de changement qui est en train d’arriver.

Je baptise ce podcast Sismique car ce que nous captons et que nous devons décrypter ce sont des signes avant-coureur d’un monde qui bouge.

On parle de disruption, de changement d’ère, de révolution… qu’est ce que nous prépare demain et comment on s’y prépare?

Plutôt que de continuer d’essayer de trouver des réponses tout seul dans mon coin, je veux parler à des experts, à ceux qui réfléchissent à tout ça depuis longtemps, à ceux qui trouvent des débuts de réponses et à ceux qui sont déjà passés à l’action pour construire le monde d’après tels qu’ils l’imaginent ou le souhaitent.

Et quitte à creuser ces sujets qui m’interrogent et qui m’intéressent, autant partager tout ça avec d’autres. C’est l’idée de ce podcast.

Je suis Julien, j’ai 36 ans, j’habite à Paris, j’ai une fille de 1 an et je m’interroge sur son avenir et sur le mien…

J’espère que vous aimez le concept et surtout que vous aimerez ce que vous allez entendre et apprendre en même temps que moi.